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Mais qui a tué le Boxing Day ?

Shocking ! Il n’y a qu’un seul match de Premier League au programme de ce Boxing Day 2025. Si l’argument d’un allègement du calendrier est avancé par les instances, les trois diffuseurs du championnat anglais ne se privent pas de faire valoir leurs intérêts, au mépris d’une tradition que d’aucuns considèrent comme sacrifiée.
Dans la chronique qu’il tient sur la BBC, Tony Pulis rappelait à la veille de Noël à quel point il aime la semaine qui précède le Nouvel An : « C’est une période pendant laquelle on peut être aussi bien embauché que viré. Personnellement, les deux me sont arrivés, se marre l’ancien entraîneur de Stoke City et grand fan de Napoléon Bonaparte. C’est pour ça que je regarde attentivement le calendrier de Noël de la Premier League, et cette année, je suis extrêmement déçu. » Il y a de quoi : pour la première fois depuis 1982, le Boxing Day ne comptera qu’un seul match de l’élite au programme pour son édition 2025 : Manchester United-Newcastle (coup d’envoi à 21h).
Une rencontre entre le 7e et le 11e pas dégueulasse en soi, puisque seulement trois points séparent les deux clubs qui restent sur deux matchs sans victoire et luttent pour recoller avec le wagon des places européennes. Le reste de la 18e journée de Premier League se jouera quant à lui ce samedi, avec sept matchs au programme, et les deux restants dimanche 28. Comme d’habitude en somme.
Mise en boîte
Et c’est là que le bât blesse. Traditionnellement, le 26 décembre est une journée de foot pas comme les autres en Angleterre, marquée par un gros multiplex organisé en milieu d’après-midi. Le terme de « tradition » n’est d’ailleurs pas galvaudé, puisque c’est en 1888 qu’il faut remonter pour voir les premières rencontres disputées lors d’un Boxing Day, un terme qui trouve son origine à l’époque victorienne, quand les bourgeois fortunés accordaient un jour de congé le lendemain de Noël à leurs employés de maison. Ces derniers recevaient par ailleurs des colis qui contenaient les restes du repas dont s’étaient gavés leurs généreux maîtres, d’où l’expression de « jour des boîtes » en bon français.

Depuis, le Boxing Day est devenu un rituel immuable du folklore footballistique britannique, sur lequel les clubs n’hésitent pas à capitaliser pour faire rentrer quelques pépettes supplémentaires dans la caisse. Ainsi, en 2023, le prix des billets augmentait de 4 euros en moyenne, et les recettes des clubs de 10%. Seulement voilà : avec la multiplication des matchs due à la réforme des calendriers européens, les instances de la Premier League ont décidé de tirer la sonnette d’alarme en étalant davantage la 18e journée « pour permettre un intervalle plus long entre les matchs disputés pendant la période des fêtes » et ce, « conformément à [son] engagement envers les clubs », comme elle le justifiait dans un communiqué publié fin octobre.
Un signe des temps ?
Difficile de gober la logique de cette réforme. En effet, les joueurs de l’élite anglaise ne vont pas avoir franchement le temps de se reposer, puisque la 19e journée débutera dès mardi prochain, et la suivante deux jours après le Nouvel An. Au total, ce sont quatre journées qui se disputeront entre le 26 décembre et le 8 janvier, avant d’enchaîner directement avec les 32es de finale de la FA Cup ! Niveau récupération, on a vu mieux. En réalité, la raison de ce chamboulement du Boxing Day est à chercher au niveau des trois diffuseurs de la Premier League que sont SkySports, BT sports et Amazon Prime. Le deal qui les unit avec les dirigeants de clubs prévoit en effet 33 journées organisées sur un week-end et 5 en semaine. Dit autrement, le fait que le 26 décembre tombe un vendredi en 2025 empêche de maintenir la tradition au nom du respect des contrats. Cela dit, pas d’inquiétude : le Boxing Day 2026 aura lieu un samedi, le multiplex classique pourra donc reprendre ses droits. Idem en 2027, mais si la situation n’évolue pas d’ici là, le problème se reposera en 2028, où le jour des boîtes tombera un mardi.
En sommes-nous vraiment arrivés au point où les personnes qui décident du calendrier ne se soucient plus de ce que veulent les vrais supporters, ceux qui viennent semaine après semaine ?
« Nos clubs de première division n’ont plus vraiment besoin des revenus supplémentaires générés par [le Boxing Day] », reconnaît Tony Pulis, avant de s’interroger : « En sommes-nous vraiment arrivés au point où les personnes qui décident du calendrier ne se soucient plus de ce que veulent les vrais supporters, ceux qui viennent semaine après semaine ? » Visiblement, oui. Toujours est-il que les trois autres divisions professionnelles anglaises disputeront leur Boxing Day comme d’habitude. Certains clubs, y compris amateurs, espèrent d’ailleurs en profiter pour attirer des fans de clubs de l’élite frustrés de ne pas avoir leur dose de foot du lendemain de Noël.
« La tradition du Boxing Day veut que l’on assiste aux matchs en famille, et historiquement, ceux-ci ont toujours attiré des foules importantes à tous les niveaux », conclut Pulis, qui se dit « très heureux » de voir le rituel « respecté » par le reste des championnats de l’English Football League. « Bravo à eux et honte à la Premier League ! » Comment dit-on déjà de l’autre côté du Channel ? Ah oui : « Against modern football ! »
Manchester United freiné à Burnley, scénario de dingue à NewcastlePar Julien Duez























































