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À Lyon, stupeur et tremblements

Par Gabriel Cnudde
À Lyon, stupeur et tremblements

Alors que la trêve hivernale approche à grands pas et que l'OL ne peut plus que sauver l'honneur en Ligue des champions, il est grand temps de dresser un premier bilan de cette première partie de saison plus que décevante. Et pour redresser la barre, des efforts devront être consentis par tous.

Quelques jours après s’être pris une grosse gifle pour sa grande dernière à Gerland, l’Olympique lyonnais se déplace à Valence pour sauver le peu d’honneur qu’il lui reste en Ligue des champions. Alors que joueurs et supporters se félicitaient d’un retour en C1 en fin de saison dernière, l’équipe n’a pas pu faire mieux qu’une triste quatrième place dans un groupe qui semblait pour le moins abordable. Mais c’était sans compter sur une flopée de problèmes collectifs et individuels qui sont venus s’abattre sur une équipe plus si jeune qui n’a pas du tout su gérer « la confirmation » , cette période charnière cruciale à tout collectif voulant s’inscrire un tant soit peu dans la durée. Entre prestations individuelles décevantes, communication houleuse et choix de recrutement étranges, tout peut servir à expliquer la méforme de l’Olympique lyonnais cette saison, et il serait trop simple, voire même malhonnête, d’imputer la responsabilité des derniers échecs successifs à un seul homme. D’autant plus qu’au milieu de cette purée de pois, quelques signes d’espoir demeurent visibles et palpables.


Bon joueur ne veut pas forcément dire bonne recrue

Et c’est bien là le problème avec le mercato estival de l’Olympique lyonnais. Outre le cas Mapou Yanga Mbiwa, qui reste un mystère pour tout le monde dans la mesure où toute l’Italie avait averti les Lyonnais de la bourde monumentale qu’ils étaient en train de commettre, les recrues sont sur le papier de bons joueurs de football. En attaque, Claudio Beauvue sortait d’une saison incroyable avec Guingamp, et Mathieu Valbuena était encore titulaire indiscutable en équipe de France le mois dernier. Seulement voilà, avec la blessure de Nabil Fekir, force est de constater que ces deux joueurs ne peuvent pas s’insérer dans le plan de jeu lyonnais. L’exemple le plus probant est l’association Valbuena/Lacazette qui, dans ce 4-4-2 losange, ne peut pas fonctionner. Alexandre Lacazette est un attaquant qui aime avoir le ballon dans les pieds, en attestent le peu de courses en première intention qu’il déclenche. Il faut alors que le deuxième attaquant, et le milieu offensif, gardent le ballon avec eux pour lui laisser le temps de se déplacer et de faire le bon appel. Or, ni Valbuena ni Beauvue ne sont capables de jouer de telle manière. Résultat ? Valbuena tourne comme une toupie et retourne en arrière 75% du temps. Oui, les choses allaient mieux avec Fekir qui savaient, lui, conserver le ballon et percuter pour mettre son attaquant dans les meilleures dispositions. Mais Nabil est blessé, et jusqu’à son retour, il va falloir que tout ce beau monde apprenne à faire des efforts pour jouer ensemble.


Joueur moyen = recrue moyenne

Ici, l’analyse est plus simple. En recrutant Jérémy Morel et Rafael, l’Olympique lyonnais misait sur deux potentielles surprises. Et est une nouvelle fois déçu. Non pas que ces deux joueurs soient catastrophiques, mais ils sont tout simplement fidèles à leur niveau de jeu respectif. Le premier n’est pas un mauvais défenseur, mais ses erreurs de marquage peuvent coûter cher. Quant au second, s’il apporte un plus offensivement, il est étonnant de le voir évoluer en tant que latéral et pas ailier tant ses aptitudes défensives sont limitées. La dernière recrue phare, Sergi Darder, est quant à elle la belle surprise de cette première partie de saison. En constante progression, Sergi pourrait bien devenir un cadre de l’équipe. Difficile enfin de juger Lucas Tousart, trop rarement sur le terrain, mais auteur d’une bonne prestation face à Angers.


Des cadres hors cadre

Si les recrues ne sont globalement pas au niveau, que dire de certains cadres qui avaient emmené cette équipe jusqu’à la deuxième place la saison passée ? Si Christophe Jallet et Samuel Umtiti continuent d’impressionner en défense, beaucoup commencent à s’inquiéter pour le niveau de jeu de Maxime Gonalons, qui n’a plus rien du taulier qu’il était il y a encore quelques mois. Constat semblable pour Corentin Tolisso qui a fait basculer la balance Ferri/Tolisso du côté de Jordan. Sa baisse de régime peut en partie expliquer les gros problèmes du milieu de terrain lyonnais depuis quelque temps. Devant, le cas Alexandre Lacazette est un peu plus compliqué. Titulaire malgré quelques pépins physiques en début de saison, l’attaquant lyonnais n’a pas encore retrouvé ce qui faisait de lui la terreur de la Ligue 1 l’an passé, mais a inscrit un triplé lors du derby. Pardonné. Espérons pour eux que la trêve permettent aux cadres de l’OL de se ressaisir.


Communication défaillante

On entend ici et là que le vestiaire lyonnais aurait lâché son coach, Hubert Fournier. Que ce soit vrai ou pas, le vestiaire va mal. La preuve, les médias sont au courant de ce qu’il s’y passe. Mais est-ce vraiment étonnant pour autant ? Au début de la saison, Hubert Fournier a tout simplement adopté une communication qui se retourne aujourd’hui contre lui. En imputant à Alexandre Lacazette – qu’il titularisait malgré ses pépins physiques – tous les malheurs du monde, le coach a fait tout sauf ce que ses joueurs attendaient de lui, à savoir les protéger. S’en prendre aussi ouvertement au joueur phare de la saison passée n’a pu qu’aider à la formation de « clans » et à cette mésentente entre les joueurs et le coach. Il a d’ailleurs fallu une intervention du président Aulas pour recadrer Hubert Fournier, qui a depuis commencé à défendre ses joueurs au lieu de les fustiger. Trop tard, sans doute.


Costume trop grand ?

Le besoin de désigner un bouc émissaire pousse certains supporters à pointer du doigt le même Hubert Fournier. Si la saison dernière a été concluante, le coach a semble-t-il toutes les peines du monde à gérer des situations qui lui sont inconnues. Il est plus facile de gérer une équipe de jeunes joueurs prometteurs qui créent la surprise que de faire de même avec une équipe de jeunes joueurs prometteurs qui doivent tenir leur rang avec des salaires de stars. D’autant plus quand vient se rajouter à ceci la problématique des arrivées, de la rotation forcée de l’effectif, des temps de jeu réclamés, etc. Mais le gros point faible d’Hubert Fournier, c’est de ne jamais avoir été capable de se sortir de son 4-4-2 losange. Si ce dernier avait un effet « de surprise » l’an dernier, il est clair que les adversaires de l’OL connaissent maintenant ses points faibles. Et en Europe, la problématique est la même. Lyon s’est trop souvent fait prendre au piège tactiquement sans que jamais Hubert Fournier ne semble y comprendre grand-chose.


Noir, c’est noir ?

Heureusement pour l’OL, non. Il y a encore des raisons d’espérer une meilleure deuxième partie de saison. Il est d’abord probable que la situation entre les joueurs et le coach débouchent sur quelque chose de concret : un départ de Fournier ou une harmonie collective retrouvée. Dans les deux cas, le mois de janvier devrait voir naître un nouvel Olympique lyonnais. L’autre raison d’espérer, c’est la progression de jeunes joueurs comme Tousart, Kalulu, Darder ou même Kemen, qui devraient gagner du temps de jeu après la trêve. Et puis, dans quelques mois, Nabil Fekir devrait retrouver les pelouses de Ligue 1. Qui sait, son petit frère Yassin fera peut-être son entrée dans le groupe pro avant mai lui aussi…

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