1. // Copa América 2015
  2. // Livre sur Marcelo Bielsa

On était à la présentation du livre « Los once caminos al gol »

Marcelo Bielsa a quitté le Chili depuis plus de cinq ans. Pourtant, le pays se dit toujours « veuf » de l'entraîneur de l'Olympique de Marseille. Eduardo Rojas Rojas, écrivain chilien, a tenu à rendre hommage à l'entraîneur qui a changé le visage de la Roja. On était à la présentation du bouquin.

Modififié
18 5
L'auditoire est prêt. D'ailleurs, il s'est présenté bien en avance. Sur la scène, futons noirs et blancs et tapis persan décorent l'antre des quatre intervenants de la conférence. Harold Mayne-Nicholls, président de la Fédération chilienne de 2007 à 2011, est l'homme à l'origine du recrutement de Bielsa. Sur les réseaux sociaux, il a exhorté le peuple chilien à venir remplir le petit auditorium, pour écouter, se rappeler et faire vivre l'héritage de Marcelo Bielsa au pays d'Alexis Sánchez. L'ambiance est presque sectaire. Finalement, il ne manque que le chaman. L'entraîneur de Marseille n'assistera pas à cet hommage, bien trop occupé à construire son OM version 2015-2016. Construire, c'est ce que le natif de Rosario a fait, ici à Santiago de Chile. La jeune hôte de la conférence aux vingt printemps annonce la couleur : « Je suis une veuve de Bielsa. »

Souvenirs et anecdotes


Chacun a bien préparé son discours, ses anecdotes. Harold Mayne-Nicholls lance les festivités : « Le premier rendez-vous avec Marcelo Bielsa a eu lieu à minuit dans son appartement de Rosario. Ça a duré jusqu'à trois heures et demi du matin. Il nous a invités la veille, et nous a envoyé quelqu'un pour nous amener en voiture depuis l'aéroport de Buenos Aires. » Puis d'ajouter : « Il nous a donné un autre rendez-vous à 8h du matin. On n'a pas dormi, mais quand Bielsa te donne un horaire, tu te dois de le respecter. » L'ancien président de l'ANFP, désormais à la tête d'une association nommée « Ganamos todos » , raconte d'emblée la fin de l'aventure chilienne d'El loco : « On m'a informé que Bielsa avait convoqué une conférence de presse. Je lui ai donc demandé pourquoi. Il m'a répondu qu'il allait parler de l'élection à la tête de la Fédération. Je lui ai interdit de le faire à plusieurs reprises, lui expliquant que ce n'était pas de son ressort. »

La réponse de Bielsa est claire : « Je ne laisserais pas ma conscience me torturer, car je n'ai pas défendu les dirigeants que je devais défendre. Cela m'est arrivé à deux reprises, et je ne veux pas revivre cette situation. » La suite est connue. Mayne-Nicholls perd l'élection, et Marcelo Bielsa quitte son poste, à la suite d'une conférence qu'il quittera les larmes aux yeux. L'ancien dirigeant rend le micro, se souvenant que cette présentation a pour but de promouvoir un livre plus tactique que biographique, expliquant les « onze chemins pour marquer un but » selon Bielsa.

Entre hommage et nostalgie


Après un interminable discours de Felipe Bianchi, journaliste chilien qui cite à foison le livre d'Eduardo Rojas Rojas, Luis Bonini, préparateur physique qui a collaboré avec Bielsa pendant 21 ans, prend la parole. L'homme qui donnera des rendez-vous à tout-va à la fin de la conférence raconte la première folie de Bielsa, alors entraîneur de l'Atlas de Mexico. « Je venais d'arriver. Marcelo me parle d'un match amical organisé aux États-Unis. Il ne veut pas y aller et m'a obligé à m'y rendre. Je ne connaissais aucun de nos joueurs. Non seulement il m'envoie seul diriger un match, mais en plus, je suis resté bloqué aux États-Unis. Mon visa n'était pas permanent, et il ne m'avait pas prévenu » , se souvient l'Argentin, désormais consultant pour la télévision chilienne.

Puis vient le tour de l'auteur du livre, Eduardo Rojas Rojas. Le discours sera concis. Le cas Vidal sera évoqué : « Quand on voit l'affaire Vidal, les Chiliens pensent directement : "Qu'aurait fait Marcelo Bielsa dans cette situation ?" C'est ça l'héritage de Bielsa. Quand on pense à Bielsa, on ne voit pas un schéma tactique, une équipe qui aime attaquer. On pense simplement aux valeurs » déclare l'écrivain et journaliste. « L'héritage de Bielsa, c'est aussi de savoir qu'on ne peut pas gagner à n'importe quel prix, en trichant  » ajoute Rojas. Les applaudissements pleuvent. L'auteur raconte aussi l'un des moments clés de l'écriture de son livre : les documents de Marcelo Bielsa retrouvés, jetés aux bords du Rio Maipo. Pointée du doigt, la Fédération chilienne a toujours nié son rôle dans cette affaire. L'auteur, qui a récupéré ces documents, s'en servira pour compléter son œuvre. Puis comment parler de Marcelo Bielsa sans évoquer ce but d'Orellana contre l'Argentine en 2008, qui résume à lui seul la philosophie footballistique de l'ancien entraîneur de l'Athletic Bilbao. Les écrans de l'auditorium diffusent donc ce chef-d'œuvre, ravivant la nostalgie de la centaine de personnes présentes dans la salle. Dans cette Copa América 2015, la Roja joue aussi pour rendre hommage à Marcelo Bielsa.

Par Ruben Curiel, à Santiago de Chile
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

DocteurHappy Niveau : CFA
C'est chaud de voir le nombre de gens qui se font du fric sur sa pomme , pour lui rendre hommage bien entendu !
Fabrizio Salina Niveau : CFA2
Le titre du bouquin fait très viatique de dictateur totalitaire.

Propose-t-il quelques pistes pour élaborer un footballeur nouveau?
Agent Graves Niveau : District
Tiens, un article sur Bielsa...
'L'héritage de Bielsa, c'est aussi de savoir qu'on ne peut pas gagner à n'importe quel prix, en trichant'



Bon bah c'est mort pour Jara à l'OM
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
18 5