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L'homme qui regardait le Mondial

Les journées de repos sont ennuyeuses si l'on n'a rien à célébrer. Heureusement il y eut cette photo de Barack Obama dans Air Force One. Cette photo célébrait bien quelque chose, mais pas ce qu'on croyait.

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Les journées de repos durant un Mondial ressemblent à ces jours fériés dont on ne sait plus trop ce qu'ils célèbrent. Le temps qui passe semble nous donner un peu de répit, alors on en profite. Pour une fois, ils nous autorise à nous réjouir du lendemain. Le flux temporel semble s'interrompre et nous servir une journée de repos au milieu de l'insupportable succession de jours semblables et inutiles. Le jour chômé est le jour qui célèbre l'instant sacré du repos dominical. Le jour chômé est celui où on célèbre quelque chose de plus grand que nous : l'Armistice de 1918, la Victoire de 1945, Noël, l'Ascencion. « Dans la fête, écrit Mircea Eliade, on retrouve pleinement la dimension sacrée de la vie, on expérimente la sainteté de l'existence humaine en tant que création divine » (Le sacré et le profane). Mais une journée de repos durant un Mondial a quelque chose de légèrement mélancolique, comme un dimanche où il n'y aurait pas de foot. C'est un jour férié sans aucune saveur, en plein milieu de la semaine, qui ne donne même pas le temps de partir en week-end. Une journée de repos au Mondial, c'est expérimenter l'ennui que serait une vie sans foot, sans fête. Et hier, on s'est ennuyé comme jamais.

Trois corbeilles vides


Comme cette journée fut la première journée sans match depuis 15 jours, on tâcha donc de se divertir en tournant les yeux derrière nous. On s'amusait à dresser des bilans, à regarder le chemin parcouru jusqu'ici. Même Barack Obama, le premier homme de la première des nations, semblait s'être incliné devant la liturgie du football. Le cliché que la presse illustrée fit circuler représentant Obama regardant États-Unis - Allemagne depuis Air Force One est fascinant ; non seulement parce qu'il existe, mais surtout parce qu'on ne sait pas pourquoi cette photo a été prise. Qu'était-elle censée nous dire ? On y voyait un Barack Obama, le visage incrédule, la main posée sous son menton comme les anges dans les peintures de Raphaël, trois quarts de profil, cravate dénouée, jambes croisées et la tête tournée vers le ciel, regardant un écran diffusant le match de l'équipe américaine. La composition de cette photo est étrange. En réalité, elle en dit beaucoup plus que ce qu'elle prétend montrer. Les indices les plus intéressants sont ces trois corbeilles de chips posées devant lui et cette canette de Coca Light ouverte placée devant la conseillère installée à sa droite.

Le modèle d'exposition


Pourquoi ces corbeilles sont-elles vides ? Quelqu'un les a-t-il vidées à dessein ou ont-elles été jamais remplies ? Mais alors quel serait l'intérêt de poser des corbeilles vides sur la table si ce n'est pour figurer quelque chose d'autre ? Elles seraient comme ces décors de théâtre qui font semblant d'être le réel ou ces faux légumes, ces fausses télés d'exposition dans les magasins Ikea qui font semblant d'être une vraie chambre dans une vraie vie. Comme dans les catalogues d'ameublement, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans cette photo. Deuxième question : pourquoi les chips et les boissons ne sont-elles consommées que par les autres personnages de la scène et non par Obama lui-même ? Deux hypothèses possibles. La première tient à l'agenda présidentiel. Barack était si occupé à sauver le monde qu'il ne s'était donc assis à cette table que le temps d'un cliché. L'absence de boisson devant lui confirmerait une intuition commune : cet homme a d'autres chats à fouetter que de s'ouvrir une bière et regarder l'intégralité d'un match au demeurant assez ennuyeux. Mais sur cette photo, il y a un autre indice permettant d'avancer une seconde hypothèse, peut-être encore plus intéressante que la première et qui nous en dit beaucoup plus sur la nature du culte qui est célébré sous nos yeux. Si Barack n'avait aucun aliment devant lui et regardait ce match d'un air studieux, c'est peut-être parce que sa nature à lui était différente.

In Obama we trust


En fait, si Barack ne s'alimente pas, c'est parce qu'il n'en a pas besoin. Comme pour confirmer la nature différente de sa substance - être le président du monde -, Obama ne se nourrit pas des mêmes choses que le reste des mortels. Par conséquent, cette photo dit exactement le contraire de ce que, a priori, elle semblait vouloir montrer : un président passionné par une compétition merveilleuse dans un monde pacifié et parfait. Si l'on regarde bien cette image, on constate que le siège qu'il occupe au moment du cliché n'est pas son siège attitré. Le sien est celui qui est situé à l'arrière-plan et au centre de la photo. Là est peut-être le vrai sujet de ce cliché. Son fauteuil, devant lequel était placé quelques notes, un café et une corbeille vide, était vacant le temps d'un match. Et, détail intéressant, ce siège tourne le dos à l'écran. Voilà pourquoi la femme à sa droite avait l'air si étonnée de ce président qui tout à coup quittait son trône et prenait la place d'un simple mortel à côté d'elle. Ce cliché ne nous dit rien sur la faculté de Barack Obama à s'enthousiasmer pour des choses futiles comme un Mondial de football. Non, ce qu'il nous montre, c'est un président qui change de place quelques minutes pour regarder un écran et, le temps d'une photo, jouer à être un homme. Depuis le ciel (depuis Air Force One), il se penchait sur la destinée des humains et prenait plaisir, pendant quelques instants, à les regarder jouer. L'homme qui s'était installé sur cette photo, en réalité, ne regardait pas le Mondial, il regardait les hommes regarder le Mondial. C'était un instant de repos où « Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon » (Genèse). Ce cliché ne célébrait pas l'humanité du président américain. Au contraire, il en révélait sa nature divine. Il y eut un soir, il y eut un matin, la cérémonie était maintenant terminée et le Mondial de football pouvait reprendre son cours.

Par Thibaud Leplat
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