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  1. // Bilan 2018

L’année foot d’Emmanuel Macron

Le foot aurait dû être le réconfort d’un président confronté au dur exercice du pouvoir. Seulement, rattrapé par ses démons et ses défauts, il a transformé cette année de rêve en un calvaire. Et la Coupe du monde, au lieu de consacrer le bonheur élyséen, aura paradoxalement inauguré la lente éclipse de Jupiter.

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François Mitterand tutoyait trop l’histoire pour perdre son temps avec les futilités du football, quand les Bleus décrochèrent en 1984 leur premier trophée international. Jacques Chirac n’y comprenait goutte et avait une cohabitation sur le dos pour pouvoir profiter pleinement du sacre de 1998. Emmanuel Macron, au contraire, sait à quel point désormais le ballon rond compte et pèse dans la société, combien ce sport façonne aussi son époque. Et lui a complètement le champ libre pour s’en servir à sa guise. Il est le seul maître à bord d’un exécutif tout-puissant, incarnation extrême de la dimension monarchique de la Cinquième République, au point de reléguer ses ministres des Sports au rang de faire-valoir médiatique.

La confidence de l’entraîneur des Herbiers


Il a même su, un temps, composer à merveille son rôle de passionné respectueux, à l’instar de son début de mandat tout en assurance maîtrisée. Ce grand fan autoproclamé de l’OM qui endosse le maillot blanc pour s’entraîner avec les Phocéens à la Commanderie avait retenu les leçons des faux pas de ses prédécesseurs. Refusant d’égratigner son image d’astre politique, il a su refuser de « faire une Valls » en n'allant pas assister, pourtant « à domicile » à Lyon, à la finale entre les Marseillais et l’Atlético, pour rester en Bulgarie s’occuper de la grandeur de la France. Une sagesse qui lui évita de remettre la coupe aux Madrilènes.


Il se positionna ensuite en modèle d’un foot français en quête, comme lui, du rêve d’un monde nouveau de « gagnants » qui réussissent malgré les pronostics défavorables. Le 18 avril, dans cette belle cathédrale du Stade de France (que l’État s’apprête bientôt à brader), il goûta donc sûrement la confidence de l’entraîneur des Herbiers, finaliste inattendu, et « petit poucet » admirable, de la Coupe de France face au PSG, lui confiant à quel point son parcours était à ses yeux une source d’inspiration. La métaphore était magnifique et salvatrice pour celui qui commençait alors déjà à porter l’étiquette urticante de président des riches.

Prise d’otages des héros du peuple


Il agira de même quand il viendra visiter les Bleus à Clairefontaine, juste avant leur départ vers la Russie et leur destin. Devant une équipe que tout le monde annonce perdante, ou en tout cas loin d’être favorite, il distille avec tranquillité ses conseils de grand frère qui a su s’en sortir : « Une compétition est réussie quand elle est gagnée. » Au-delà du truisme, il transmettait aux Bleus la lourde responsabilité de démontrer sur le rectangle vert la (re)naissance d’un pays qui sait de nouveau tenir son rang, au même titre qu’il sut donner l’illusion d’imposer sa stature diplomatique grâce à une ferme poignée de main à l’Oncle Sam.



Mais souvent, gagner est le pire des pièges. Grisé d’un sentiment de toute-puissance, Emmanuel Macron traverse l’été 2018 englué dans une longue ivresse des sommets. Lorsque Kylian Mbappé et Hugo Lloris ramènent la coupe à la maison, lui comprend l’Élysée. La France attend de célébrer ses héros, lui a déjà réservé sa soirée. Dans le bus sur les Champs, qui deviendront à l’hiver un de ses autres cauchemars, un certain Benalla pose presque son flingue en plastique sur la tempe du chauffeur pour qu’il accélère. La com' qui suit la prise d’otages des héros du peuple s’avère catastrophique. Les photos des réseaux sociaux retournent le couteau dans la plaie d’un peuple qui se sent volé et méprisé pour le bon plaisir d’un souverain lointain et égoïste. Il n’avait déjà pas su incarner la joie populaire lors de la grande soirée de Moscou, trop à l’étroit dans son costard d’ancien énarque face à la fraîcheur à damier de son homologue croate qui, elle, ne craignait pas la pluie, contrairement à sa seigneurie. Quand l’EDF vint enfin rendre hommage à la nation en septembre après une rencontre contre les Pays-Bas, il dut s’abstenir. Presque une première défaite ou reculade politique.

Gilets jaunes et Matchs de Ligue 1


La suite fut finalement une lente descente, rattrapée par le réel. De la fin des emplois aidés dans les clubs amateurs, le foot de la France des oubliés, au rétablissement de la niche fiscale du droit à l’image pour les pros, les décisions du gouvernement dessinent d’un coup un autre rapport avec le foot, dans le dur et le concret, sans le masque des belles déclarations et des bénévoles invités à la garden party. Tout comme la multiplication des interdictions de déplacement des supporters, cette plèbe turbulente de « Gaulois réfractaires » des tribunes, que n’apaisent pas les quelques ébauches de dialogue. Le mouvement des gilets jaunes cristallisera cette story telling avortée. Le président de la République voit des Champs-Élysées, où défilait un peuple français rassemblé devant le triomphe de ses Bleus, transformés en ersatz de guérilla urbaine, pendant que des matchs de Ligue 1 sont reportés, une performance que ni mai 1968 ni le Front populaire n’avaient réussie. Et en plus, l’OM se délite moralement comme une grosse déprime de Noël. Quand cela ne veut plus...

Par Nicolas Kssis-Martov
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