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S’il vous plaît, messieurs, célébrez vos buts!

Par Alexandre Pauwels
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S’il vous plaît, messieurs, célébrez vos buts!

C’est une tendance. Pire, le fait de ne pas célébrer les buts contre son ancien club serait même devenu une norme dans le football moderne. C’est rarement compréhensible, souvent ridicule. Et surtout dommage.

La mitraillette de Batistuta. La danse de Roger Milla. La berceuse de Bebéto. Le robot de Peter Crouch. Il y en a tellement, qu’on ne saurait toutes les citer. En vrai, les célébrations de buts représentent le football. Elles en constituent même les plus belles images. Un moment unique pour le buteur, où il peut communiquer sa joie, faire rire, émouvoir, énerver le public. Moment à part pour joueurs et supporters, moment de rare communion entre ces deux acteurs du football. Et pourtant. Depuis quelque temps émerge une tendance qui voudrait que dans un cas, le joueur ne puisse célébrer son but. Le cas, quel cas ? Le cas où ce joueur affronte son ancien club. On ne sait pas d’où ça sort, qui a inventé ça. Mais plus que la banalisation du phénomène, il serait devenu une espèce de norme, quelque chose de logique. Il n’y a qu’à observer les médias pour s’en apercevoir. Entre les lignes, on comprend bien souvent qu’un joueur qui n’est pas démonstratif face à son ex sera qualifié de « mec sympa » , de « type fair-play qui n’oublie pas son passé » . Au contraire, celui qui fête sa réalisation serait presque qualifié d’ « irrespectueux » , à la limite du « salaud » . Quelle signification est-on aller chercher pour expliquer un geste aussi simple et naturel que la célébration d’un but ? Faudrait arrêter de déconner.

Dans un football moderne post-arrêt Bosman où le concept de fidélité a quasiment disparu, il faut bien admettre qu’il est curieux d’entrevoir une telle tendance, qui souhaiterait se traduire par « amour » et « respect » . À une époque où, disons-le, le football évoque tout sauf ça, mis à mal qu’il est par l’affluence de pognon. Serait-ce donc un moyen pour les joueurs de prouver des sentiments ? De montrer que malgré l’argent, le fossé qui s’est creusé au fil des années entre eux et le public, il peut subsister cette forme d’attachement au maillot, d’amour pour un emblème ou des supporters ? Poudre aux yeux ! La plupart d’entre eux ne réalisent pas leurs choix de carrière en fonction de tout ça. Les titres, la renommée, l’argent. Voilà ce qui fait vibrer la majeure partie des footballeurs d’aujourd’hui. Alors il est au fond un peu malhonnête de leur part de vouloir nous prouver le contraire.

Il est un peu malhonnête, venant d’un Marco Borriello, de nous faire croire qu’il aime la Juventus – club où il a passé six mois dans sa carrière sans attache – au point de ne pas fêter un but marqué en faveur du Genoa. Il est un peu malhonnête, venant d’un Robin van Persie, de nous faire croire qu’il éprouve un respect sans borne pour Arsenal – et ce malgré huit années passées au club – lui qui a refusé de prolonger son contrat pour finalement rejoindre les rangs du rival Manchester United – ces fans ayant brûlé son maillot à l’annonce du transfert ne se seront peut-être pas laissés berner. Dans tous les cas, il est malhonnête d’afficher une retenue qui pourrait aller jusqu’à nous faire croire que ces joueurs-là auraient quitté leur club contre leur volonté. Non messieurs, le plus grand respect dont vous pourriez faire preuve, à l’égard de vos anciens supporters et du public en général, serait d’assumer vos choix de carrière, qu’ils soient guidés par l’avidité de titres ou d’argent. S’en cacher derrière le symbole du football qu’est la célébration est, en plus d’être malhonnête auprès des amateurs de football, justement irrespectueux pour ce jeu dans son absolu. Parce que s’il n’y a plus de joie au moment d’un but, où va le football ?

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Par Alexandre Pauwels

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