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Rennes paye pour apprendre

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Rennes paye pour apprendre

Sixième du dernier championnat, le Stade Rennais termine la saison en mode frustré. Une (sale) habitude qui perdure depuis plus d'un septennat. Pour mieux franchir un cap en 2012 ?

« Je trouve que l’on ne parle pas beaucoup de nous. Enfin, pas souvent en bien en tout cas » . La confession est signée Romain Danzé. Entre deux matches de Roland-Garros, le latéral rennais confesse que la saison des Bretons peut se lire de deux manières différentes. Une bonne et une autre, nettement moins.Globalement on est d’accord avec lui. Un constat qui semble être taillé pour le Stade Rennais. A chaque fin de championnat, Rennes s’accorde avec frustration. Des vingt protagonistes de la Ligue 1, le Stade Rennais est celui qui doit sans doute se mordre le plus les doigts au coup de sifflet final. Pourtant les Bretons sont qualifiés pour la prochaine Ligue Europa (ils devront passer par un tour préliminaire) et ont bouclé l’exercice 2011 avec la meilleure défense du pays (35 buts encaissés). Mazel tov. Mais la gueule de bois est palpable.

Malgré leur sixième place finale, Rennes laisse les romantiques sur leur faim. Au moment d’accueillir Marseille (mi-mars), les ouailles de Frédéric Antonetti son dauphins des Lillois. De l’avis de certains penseurs des milieux autorisés, Rennes a bluffé pas mal de monde depuis août. La suite ? Une chute. Terrible. Lente. Programmée. Sur les douze derniers matches, Rennes n’en gagne qu’un et s’incline à sept reprises. Pour les matheux, ça fait sept points sur trente-six possibles. Trop peu pour terminer la saison honorablement. Une habitude maison. En effet, les Bretons connaissent un sérieux trou d’air au moment du sprint final. Autrement dit, quand on ne peut plus se planquer, Rennes se fait dessus. Systématiquement.

Inexpérimentés ? Frileux ? Malchanceux ? Un peu des trois. Pendant 38 journées, Antonetti n’a pas cessé de clamer que son groupe était jeune. Trop sans doute. M’Vila, Brahimi, Kana-Biyik, Danzé, Lemoine et autre Doumbia ont tous moins de 24 ans. Il ont encore besoin de temps avant de maîtriser parfaitement une course de fond. Bizarrement, c’est surtout physiquement que les Rennais ont peiné. « A partir du mois de mars, on commençait à puiser dans nos réserves, balance Danzé. Le groupe est peut-être jeune, mais il était surtout réduit du fait des blessures. De ce côté, nous n’avons pas été épargnés. Apam n’a pas joué de la saison. Marveaux et Lemoine ont été très longtemps blessés. Sans parler des pépins physiques des uns et des autres. Alors oui, à un moment donné on était cramés. Et quand tu connais 2/3 contre-performances, le cerveau ne suit plus quand le corps souffre » .

Le flop Dalmat

Pourtant, Rennes se sentait fort en début de saison. Un groupe jeune et motivé, agrémenté de quelques briscards comme Stéphane Dalmat et Victor Montano. Mais l’ancien Sochalien a raté sa saison. Trop irrégulier, le numéro 10 a rendu une copie sans saveur. Même son contrôle positif à l’alcool ne parvient pas à sauver l’ensemble. Un ensemble terriblement famélique offensivement également (38 buts en 38 journées). En même temps, les dirigeants rennais avaient choisi de se séparer de Briand, Gyan et Bangoura au mercato d’été. Les neuf buts de Montano n’y changeront rien. Rennes manquait de percussion offensive. Et surtout de solution. « C’était un choix des dirigeants de s’appuyer sur les jeunes et de ne pas recruter d’attaquants supplémentaires. On a vécu une saison ensemble. On a été critiqués pour la qualité de notre jeu, mais on a fait le dos rond. Sur trente-huit journées, on a dû être une vingtaine de fois sur le podium. On a tendance à l’oublier » poursuit Danzé. En gros, les Rennais ont appris dans la douleur. Reste le plus dur. Confirmer. Un exercice dans lequel ils n’ont jamais brillé. Souvent placés (huitième saison de suite dans le top 10), les pensionnaires de la Route de Lorient ont du mal à franchir le cap et, forcément, à terminer placés.

« L’objectif du début de saison était le Top 5, avoue Danzé. On termine sixièmes, mais le principal objectif, à savoir une qualification européenne, est respecté. Il s’agira de faire mieux » . Pour faire mieux, il faudra étoffer l’effectif. D’autant que la C3 sera au menu. Un groupe qui fera sans son gardien Douchez qui devrait signer au PSG, sans son meilleur passeur Jérôme Leroy dont le contrat n’a pas été reconduit et sans Sylvain Marveaux. Déjà pas très épais sur le papier, l’effectif devient sacrément maigrichon. Sans parler des convoitises qui s’abattent sur le capitaine Kader Mangane. Surtout que la politique salariale maison a souvent été présentée comme un manque d’ambition et un frein au recrutement (salaire maximum plafonné à 100 000 euros).

Ruffier pour commencer à rêver ?

Le board rennais planche déjà sur une chiée de dossiers. Dans les bois, Stéphane Ruffier apparaît comme la solution idoine pour remplacer Douchez (le Niçois Opsina est également dans les tuyaux). Dans l’entrejeu, Julien Féret pourrait être amené à prendre la succession de « J-Leroy » et, enfin, le monégasque Park viendrait étoffer un secteur offensif plutôt faiblard. Les premières rumeurs sont solides et laissent penser que l’état-major rennais veut passer la vitesse au-dessus.

Un avenir dans lequel s’inscrira Frédéric Antonetti.Longtemps incertain, le Corse a décidé de demeurer en Bretagne au moins uneannée de plus. Une volonté d’inscrire le club dans une certaine continuité. Surtout, Rennes aimerait franchir l’étape. Celle qui la sépare des “gros”. Après tout, on parle d’un club dont l’actionnaire copule avec Salma Hayek. Rien que pour ça, Rennes mérite de grandir.

Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

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