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Mateta claque

Par Julien Duez
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Mateta claque

Dans la liste des attaquants français qui éclairent la Bundesliga, il n’y a pas que Sébastien Haller, Alassane Pléa ou Jean-Kévin Augustin. Après un début de saison poussif, Jean-Philippe Mateta commence enfin à faire son trou avec Mayence. À 21 ans, l'ancien Havrais semble promis à un bel avenir de l’autre côté du Rhin.

Cinq buts en dix-sept apparitions lors de la phase aller de Bundesliga, cela représente un pion inscrit toutes les 264 minutes. Pour un attaquant, on a déjà vu mieux. Mais pour un attaquant qui jouait au Havre la saison dernière et qui découvre l’Allemagne dans la peau d’un titulaire indiscutable, il y a de quoi être optimiste. Cela tombe bien pour Jean-Philippe Mateta : le natif de Sevran a toute la confiance de son entraîneur Sandro Schwarz et il a déjà tapé dans l’œil de quelques observateurs outre-Rhin.

Un délicieux inconnu vendu 8 millions d’euros par l’OL

C’est notamment le cas de Julia Sloboda. Journaliste pour le quotidien régional Allgemeine Zeitung, elle couvre le club de Mayence où, soyons honnête, ils étaient peu nombreux à connaître « JP » lors de son arrivée. Un peu comme en France, si l’on fait exception des suiveurs de la Ligue 2 en général et du Havre – où Mateta était prêté par Lyon la saison dernière – en particulier. Pas de quoi effrayer son nouveau public. « À Mayence, les supporters savent que le directeur sportif Rouven Schröder connaît bien votre pays. On avait donc l’espoir que ce soit déjà un bon joueur qui se développerait encore davantage ici. » Son confrère de l’hebdomadaire Kicker Michael Ebert confirme : « Depuis le passage d’Abdou Diallo (la saison dernière, N.D.L.R.), les joueurs français ont généralement bonne presse à Mayence. » À l’échelle nationale en revanche, l’international français U21 reste encore dans l’ombre de ses compatriotes attaquants. « Cela vient du fait que Mayence n’est pas un club qui bénéficie d’une très forte exposition, explique Max Dinkelaker, journaliste au magazine 11 Freunde. Mais à leur niveau, c’est tout de même un gros transfert. Il a coûté huit millions d’euros, c’est la recrue la plus chère de leur dernier mercato ! »

Selon ces observateurs, ce n’est qu’une question de temps avant que tout le pays entende parler de l’ancien Havrais. Après un logique temps d’adaptation, Mateta est en effet pleinement mis en valeur au sein de l’effectif rouge et blanc. « La principale différence entre le HAC et Mayence, c’est qu’ici, il doit davantage jouer défensivement, car le pressing pratiqué par l’équipe est assez élevé. Ses partenaires ont également dû s’adapter à ses courses parfois peu orthodoxes » , glisse Michael Ebert. Julia Sloboda se montre également optimiste : « Depuis le milieu de la phase aller, Mayence joue en 4-4-2 losange et Mateta évolue principalement en compagnie de Robin Quaison. Les deux se comprennent de mieux en mieux, et leur complicité s’améliore en permanence. Il était titulaire dès le début de la saison et à mon avis, il le restera jusqu’à la fin. Il est encore jeune et à Mayence, il a l’opportunité de progresser à son rythme. Ici, on lui donne le temps dont il a besoin. » Max Dinkelaker va même plus loin : « J’ai pu l’observer lors d’un amical de préparation cet hiver face au Standard de Liège (défaite 2-3, N.D.L.R.) et il m’a laissé l’image d’un joueur rapide et très technique. En continuant sur sa lancée, il pourrait même terminer la saison à vingt buts ! »

Aya Nakamura dans le vestiaire de Mayence

Bien qu’il continue de nécessiter l’aide d’un traducteur pour communiquer avec le staff, Mateta s’est déjà fait une belle place au sein du groupe. Et pas n’importe laquelle : « Il a l’image de quelqu’un qui rit souvent. Mais en fait, c’est vrai : il rigole vraiment tout le temps ! » sourit Julia Sloboda. En plus d’être le comique de service, Jean-Philippe s’est imposé comme le DJ du vestiaire. « De par mes origines congolaises, j’ai la musique dans le sang » , confie-t-il à Kicker. Sa playlist du moment ? « Petit à petit, de 4Keus et Aya Nakamura. » Qui aurait pu croire que l’interprète de Djadja puisse percer jusque sur la rive gauche du Rhin ? Avec lui, rien ne semble impossible.

Comme beaucoup d’autres avant lui, Jean-Philippe Mateta semble avoir trouvé ce que Michel Tournier appelait « le bonheur en Allemagne » . Le tout grâce à un projet sportif adéquat et à un soutien familial indéfectible. « Lors de mon premier match pour Mayence, il y avait 40 personnes qui étaient là pour moi en tribune. Cela signifie beaucoup et je dois énormément à ma famille » , raconte-t-il dans les colonnes de l’Allgemeine Zeitung. De quoi oublier un passage raté à Lyon et poursuivre sur la lancée de sa saison de feu au Havre (37 matchs, 19 buts). Et qui sait, les rappeurs de Sevran finiront-ils peut-être par troquer leurs survêtements du Barça ou du PSG pour ceux de Mayence ? À cette question posée par 11Freunde, l’ancien Castelroussin répond : « Si on continue à aller de l’avant en tant qu’équipe, pourquoi pas ? Quand la réussite est avec toi, les gars finissent par porter tes fringues. » On prend le pari.

Le Havre verrouille l’arrivée de son directeur sportif

Par Julien Duez

Tous propos recueillis par JD, sauf ceux de JPM, par l’Allgemeine Zeitung, Kicker et 11Freunde.

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