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L'OM et l'espoir d'un acte fondateur

Alors que tout semblait perdu après plusieurs semaines très difficiles, l'OM a repris vie en renversant l'OL à l'issue d'un choc en haute altitude. Suffisant pour faire renaître l'espoir d'une fin de saison excitante. Un sentiment durable, cette fois ?
Et si dans quelques mois, au moment de raconter comment tout a commencé pour Habib Beye, ces images restaient comme un soir fondateur dans son histoire sur le banc de l’Olympique de Marseille ? Celles d’une joie intense sur la pelouse, absolument pas contenue après avoir vu son équipe renverser l’OL pour sa grande première au Vélodrome dans la peau de l’entraîneur. « C’est plus d’émotions [qu’en tant que joueur] parce que c’est beaucoup de pression. Quand je suis arrivé ici en tant que joueur, tu te concentres sur toi et ta prestation, confiera-t-il quelques instants plus tard à Ligue 1+. Là, l’état des lieux est sur tout un club, un groupe, des gens qui vous donnent beaucoup d’énergie pour être le plus performant possible. » Dans les cordes ces dernières semaines, jusqu’au départ de Pablo Longoria moins de 24 heures avant ce rendez-vous de la plus haute importance, voilà que la Canebière retrouve le sourire. Mais cela peut-il durer ?
On lâche rien !
Côté pile, une entame manquée avec au passage une nouvelle erreur défensive et un déchet offensif trop grand pour concrétiser de bonnes intentions. Côté face en revanche, une équipe qui n’a jamais dévié de son plan de jeu ni baissé la tête malgré les éléments contraires. Au point d’être récompensée de son abnégation par deux hommes qui n’avaient pas la tronche de héros à la lecture de leurs prestations récentes : Igor Paixão et Pierre-Emerick Aubameyang. Deux symboles d’un sort qui a finalement décidé de sourire à l’OM jusque dans ce satané temps additionnel, si souvent fatidique cette saison. « On a mis les ingrédients pour aller la chercher, notamment au mental, savourait le double buteur auprès de Ligue 1+ au coup de sifflet final. Le fait de partir en stage nous a donné cette force de travailler en groupe, faire les efforts. On a vu qu’on pouvait les avoir à l’usure. »
1 - Marseille s'est imposé pour la première fois toutes compétitions confondues lors d’un match où il était mené à la 80e minute depuis le 13 novembre 2022 (3-2 v Monaco en Ligue 1). Routourne. #OMOL pic.twitter.com/YJwSDYdxer
— OptaJean (@OptaJean) March 1, 2026
Un combo détermination-réussite – celle-là même qui avait tant fui les Phocéens ces dernières semaines – qui permet un retournement de situation comme peu de clubs savent nous en offrir. Incapable de gagner depuis le 24 janvier contre Lens et à deux doigts de voir sa saison être jetée aux oubliettes, voilà que l’OM se remet à croire en des lendemains qui chantent. Après tout, le podium n’est plus qu’à deux points et la Coupe de France (qui constituerait un premier trophée depuis quatorze ans) à trois prestations abouties. Avec le talent à disposition et ce nouvel élan, tout semble possible. « Mes joueurs sont restés concentrés et le scénario est renversant, à l’image de ce que peut être l’Olympique de Marseille », analysait encore Beye. Alors, le château de cartes peut-il tenir sur ses nouvelles fondations ?
Parti pour durer ?
Les émotions d’un succès aussi fou que prestigieux tout juste retombées, c’est la question que tout le Vieux-Port doit se poser : cet OM est-il enfin lancé ? Cette victoire marque-t-elle un tournant durable et une rampe de lancement vers une fin de saison haute en couleurs, ou le soufflé va-t-il retomber à la première occasion ? Il y a quelques heures, nombreux étaient ceux qui commençaient déjà à se projeter sur la saison prochaine, abandonnant l’idée que l’actuelle puisse encore être sauvée des eaux. Ces mêmes amoureux du club qui se reprennent à y croire. Chassez les émotions, elles reviennent au galop.
« Cela fait du bien à la tête de suivre le rythme, de rester au contact. Mais il faut réussir à enchaîner », lâchait pour sa part Paixão, comme un résumé de la problématique qui se pose désormais à son équipe. Un collectif trop souvent capable de passer complètement au travers, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi. Un mal profond que Beye pourrait soigner ? « On n’est pas là pour déconstruire, on est là pour apporter certains éléments de méthodologie, un projet de jeu qui demande un peu plus de verticalité, détaillait encore l’ancien coach de Rennes. Mon job est de faire en sorte que l’équipe reste performante. (…) Dans trois jours on a un match très important, on sait que les objectifs sont extrêmement élevés ici. » Seuls le temps et les prochaines prestations – à commencer par celle contre Toulouse en coupe – diront si l’OM est vraiment guéri. En attendant, la Canebière a retrouvé l’espoir.
Les notes d’OM-OLPar Tom Binet

















































