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Au nord, c'était l'explosion

Par Timothé Crépin, à Lens

S'il fallait encore le prouver : le stade Bollaert-Delelis est clairement dans le top 3 des plus grandes ambiances du pays. La soirée vécue face à Arsenal en a été un nouveau symbole. Ou quand tout un peuple emmène ses joueurs vers un exploit historique.

Au nord, c'était l'explosion

Un vacarme assourdissant. « Le public nous a transcendés, mais je pense qu’on a transcendé le public. C’est toujours une symbiose, une synergie. Ce n’est pas l’un sans l’autre. C’est l’un avec l’autre. Quand l’un est avec l’autre comme ça, ça fait des belles soirées. » Difficile de mieux résumer ce Lens-Arsenal que par ces mots de Franck Haise, quelques minutes après l’exploit monumental des siens face aux Gunners (2-1). Exploit lors duquel Haise a été un architecte hors pair.

Ce mercredi matin, les acouphènes sont certainement encore là chez joueurs et supporters, au lendemain d’une soirée qui restera quoi qu’il arrive dans l’histoire du Racing Club de Lens. Et dans l’histoire du stade Bollaert-Delelis. A-t-on déjà vu une telle ambiance, un tel niveau de décibel sur 90 minutes ? Les débats sont ouverts. « Ensemble, faisons briller notre blason en Ligue des champions », demandait la tribune Marek avec cette banderole affichée à quelques minutes du coup d’envoi. Et ce tifo majestueux pour saluer le retour du club dans la compétition reine.

Même quelques minutes plus tôt, lors de l’avant-match, quelque chose d’irréel se sentait. Paroles de joueurs. « Dès l’échauffement, on a senti qu’il y avait une ferveur vraiment différente », concède Jonathan Gradit. « On a compris à ce moment que c’était un match spécial par rapport à d’habitude, enchaîne Adrien Thomasson. À l’échauffement, le stade était quasi plein. » Avec le trio composition d’équipe à pleins poumons + hymne de la Ligue des champions + le chant « La Lensoise » qui permettait à tout le monde de comprendre qu’il fallait prendre rendez-vous chez l’ORL dès le lendemain. Thomasson continue : « Ensuite, sur les buts, les actions chaudes, je sentais que les supporters nous poussaient, c’était extraordinaire. »

Wahi : « Voir ce public chanter mon nom, c’est beau »

Pourtant, quand Gabriel Jesus douche tout un stade (14e), ça sent la soirée bien longue. Lens ne parvient pas à s’approcher de la surface londonienne, Arsenal gère le tempo sans trop forcer. Comme la sensation que ces retrouvailles européennes allaient accoucher d’un non-événement. En tendant l’oreille, on remarquait même que le bruit se faisait moins puissant dans Bollaert. Comme si on se sentait déjà battu par plus fort. Jusqu’à l’éclair légendaire du trio Deiver Machado-Elye Wahi-Adrien Thomasson. Comme pour ôter tous les doutes, comme pour prouver que cette équipe lensoise peut rivaliser avec Arsenal et comme pour montrer que ce public aura son rôle à jouer jusqu’à la dernière seconde. Derrière, le bruit sera fou jusqu’au bout. « Ce premier but en Ligue des champions restera gravé à tout jamais », promet Elye Wahi. Auteur d’une passe décisive de génie et du but de la victoire, l’attaquant français n’en est pas revenu lorsque Bollaert a explosé sur le 2-1 : « Ça m’a fait bizarre. Je n’ai pas l’habitude. Voir ce public chanter mon nom, c’est beau. » « Quand il marque, la sensation est indescriptible, s’étonne encore Jonathan Gradit. C’est un bruit… »

Le stress de la fin de match avec ce miracle de sauvetage de Jonathan Gradit, les derniers coups de pied arrêtés angoissants, puis la libération, à l’image de cette dame, écharpe sang et or autour du cou, en larmes devant ce qu’elle est en train de vivre…

Je savais que c’était l’une des meilleures ambiances de France.

Mikel Arteta

Pour Florian Sotoca, « il y avait tout : la grande ambiance, une grande équipe face à nous et on a réalisé un grand match ». Même Mikel Arteta, l’entraîneur des Gunners, a été subjugué par les décibels lensois, un « ennemi » que ses joueurs n’ont pas su éteindre : « Je n’ai pas été surpris par l’ambiance. J’étais venu ici comme joueur, je savais que c’était l’une des meilleures ambiances de France. C’était génial pour nous de jouer dans ces conditions. À un moment, on avait réussi à calmer un peu les supporters. Mais, malheureusement, avec les deux buts encaissés, on a relancé cette ferveur. »

Pour la première fois depuis le 29 octobre 2002 et l’AC Milan, futur champion d’Europe quelques mois plus tard, Lens remporte un match de Ligue des champions. La fierté de tout un peuple. Digne de celle de Wembley en 1998, quand Michaël Debève, Tony Vairelles, Guillaume Warmuz et consorts se payaient le luxe de devenir la première équipe française de l’histoire à gagner dans le mythique Wembley. À se demander quel exploit est plus fort que l’autre. Le dénominateur commun à chaque fois : un soutien populaire dingue. « Ils nous ont poussés. Quand on voit les efforts fournis… C’est incroyable, lâche le capitaine Brice Samba au sujet de ses supporters. On sait qu’on est chanceux de jouer devant eux. C’était le trentième guichets fermés d’affilée ! Honnêtement, je n’ai pas les mots. »

Par Timothé Crépin, à Lens

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