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  • Real Madrid/Liverpool (1-0)

Le Real vainqueur, mais pas tueur

Par Pablo Garcia-Fons
4' 4 minutes
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Le Real vainqueur, mais pas tueur

Face à une équipe de Liverpool venue pour subir la marée, le Real Madrid, trop facile, a joué un peu à la baballe en oubliant de tuer le match. Suffisant pour l'emporter 1-0 et assurer une qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des champions tout de même.

R. MadridLiverpool (10)

K. Benzema (26′) pour Real Madrid

Karim Benzema et Cristiano Ronaldo sont à l’aise. Une petite blague pendant que la musique de la Ligue des champions retentit pour détendre l’atmosphère. Le couple peut-être le plus sexy du football contemporain affiche sa complicité. Sur le terrain cependant, le duo fait le grand écart. Inspiré, altruiste, presque visionnaire parfois, le Français confirme qu’il tient pour l’instant la forme de sa carrière avec un nouveau but, celui de la victoire, à la clé. À l’inverse, sans doute trop obnubilé par le record de Raúl, C-Ron déjoue, oublie la simplicité et finit le match « broucouille » comme on dit dans le Bouchonnois.

Varane – Benzema, la French Connection

Brendan Rogers a-t-il pété une durite ? Ou pense-t-il simplement à José Mourinho qui l’attend ce week-end ? Stupeur en tout cas, à quelques minutes du coup d’envoi, quand le manager des Reds décide sur un coup de folie de laisser ses principaux titulaires —Gerrard, Sterling, Coutinho, Balloteli et les autres — sur le banc et d’aligner une équipe expérimentale avec, entre autres, Kolo Touré en central et Fabio Borini en pointe. Sur le papier, le gouffre entre les deux formations est immense. La fosse des Mariannes. Sur le terrain, la partie débute sur un faux rythme. Le Real allume quelques premières mèches par Benzema et Ronaldo, mais laisse Liverpool faire tourner très lentement la balle derrière. Pas besoin de se crever avec un pressing inutile. De toute façon, Varane se régale derrière à bloquer le moindre petit début d’offensive des Anglais. Pas de danger. Soudain, à la 27e minute, les Merengues accélèrent ! Après un relais superbe sur CR7, Isco s’arrache pour décaler Marcelo monté comme une fusée sur son côté. Le centre à ras de terre du Brésilien file à toute vitesse vers le second poteau et Rim-K qui marque presque en taclant. 1-0, tout est en ordre. Le reste de la seconde période est hégémonique. Les hommes de Carlo Ancelotti étouffent leurs adversaires. Ils combinent, tricotent, s’amusent devant la défense de plus en plus reculée et fatiguée des Reds. Benzema part à la conquête de son doublé de la soirée, mais trouve un Kolo Touré très affûté sur sa route. De son côté, le bientôt triple Ballon d’or cherche à enfiler une 71e perle à son collier Ligue des champions, mais s’emmêle les pinceaux sur une ouverture forcément lumineuse de Modrić. M. Viktor Kassai (presque comme Noriaki, l’immense sauteur à ski) en a suffisamment vu et siffle le repos. Il faut laisser des munitions pour le second acte.

Ronaldo pas dans le tempo

Le second acte débute avec la même décontraction côté madrilène. Toujours aussi complices, KB9 et CR7 tentent un double une-deux presque artistique à l’entrée de la surface de Touré et Škrtel. Le ton est donné. Casillas, sans doute tout ankylosé après une première mi-temps passée à compter les pâquerettes, sort de sa surface pour toucher au moins un petit ballon du match. Moreno et Lallana en prennent de la graine en envoyant des frappes lointaines destinées à sortir le portier madrilène de son terrible ennui. Au fil des minutes, Madrid relâche un peu l’étau et laisse sortir son adversaire du soir pour mieux le surprendre en contre : à la 65e minute, Ronaldo accélère, pousse vers Benzema l’altruiste qui lui remet d’une petite balle piquée. C-Ron crochète pour se mettre sur son bon pied, mais se heurte une nouvelle fois à l’excellent retour de Touré.
Pendant que Rodgers décide de faire entrer ses titulaires habituels (Gerrard, Sterling et Coutinho), Marcelo le filou s’échappe une nouvelle fois sur l’aile gauche et sert Bale en retrait dont la reprise vient frapper la barre de Mignolet. D’une façon générale, le Real est trop perfectionniste pour être réaliste. Trop faciles, les protégés de Florentino Pérez cherchent le geste parfait, le but de ouf et, de fait, restent à la portée d’une équipe de Liverpool qui prend progressivement confiance. Les dernières passes lumineuses de la Benz et les accélérations fulgurantes d’un Bale entré à la place de James ne suffisent pas pour doubler la mise. Pendant que Ronaldo, une fois n’est pas coutume, s’entête dans des choix hasardeux, Brendan Rodgers fait la grise mine sur le banc. Avec un peu plus de poids dans le onze type, ce match n’était-il finalement pas à la portée des Reds ?

Les notes du match Real Madrid/Liverpool

⇒ Résultats et classement de la Ligue des champions

« Dans ces moments, il n’y a plus de Flamands ou de Wallons, on est tous ensemble  »

Par Pablo Garcia-Fons

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