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La vie de Saeed

Par Maxime Brigand
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La vie de Saeed

Alors que les épreuves de skeet débutent aujourd'hui à Rio, l'ambition des Émirats arabes unis sera tournée vers l'ancien porte-drapeau, Saeed bin Maktoum bin Rashid Al Maktoum, pour qui 2016 sera la cinquième olympiade. Entre ses chevaux, son tonton et la vie de son club de foot.

Un coup sec, un regard affirmé et des lèvres qui se posent sur le canon du fusil. Il fait chaud sur Athènes, mais sous le soleil d’août, l’histoire vient de s’écrire sur la base de tir de Markópoulo. Cet été-là, la capitale grecque accueille les Jeux olympiques, ceux qui, quelques années plus tard, contribueront à la ruine économique de tout un pays. Mais, pour le moment, l’important est ailleurs, car Ahmed al-Maktoum vient de lâcher ses deux dernières balles du concours de double trap, l’une des épreuves olympiques du skeet. Alors, il tombe dans les bras de son entraîneur. Sept ans plus tôt, l’homme n’avait jamais touché à un fusil dans un objectif sportif. Mais le 17 août 2004, le voilà champion olympique de la discipline et, surtout, le premier de l’histoire des Émirats arabes unis. Comme pour ouvrir la page de l’histoire d’une discipline dont les pays du Golfe sont devenus des spécialistes au fil des compétitions, à l’image du Qatari Nasser al-Attiyah, médaillé de bronze à Londres en 2012, mais aussi double vainqueur du Dakar (2011 et 2015). Cette fois, à Rio, les regards sont donc tournés vers le même al-Attiyah, mais aussi vers Saeed bin Maktoum bin Rashid Al Maktoum, membre de la famille royale régnant à Dubaï et propriétaire du club de foot d’Al-Shabab.

Papa, tonton, mes chevaux et mon club de foot

Et le prince est déjà dans l’histoire, 2016 est déjà sa cinquième participation olympique, seize ans après la première à Sydney. On parle ici d’un homme champion d’Asie par le passé, mais qui est surtout le fils de l’ancien émir Maktoum de Dubaï (1990-2006), dont le tonton est aujourd’hui vice-président du pays. Un quadragénaire qui n’a donc pas trop de problèmes financiers, qui se revendique millionnaire et qui se plaît à cracher son argent un peu partout à côté de sa carrière de tireur comme dans le rallye ou les courses hippiques. Le tout avec une dégaine troublante mais identique à celle de l’humoriste Kheiron. Bon, et ensuite ? Al-Shabab, voilà le dernier jouet de Saeed bin Maktoum bin Rashid Al Maktoum pour le détendre entre ses trois femmes et ses neuf enfants. Un club qui se bat, surtout, avec Al-Hilal et Al-Nassr où Modibo Maïga mène aujourd’hui l’attaque.

Qu’on le couvre d’or

L’icône est donc partout et polarise la popularité sportive aux côtés du footeux Omar Abdulrahman. C’est simple, aujourd’hui Saeed bin Maktoum est le sportif le plus riche des Émirats arabes unis avec des revenus estimés à 5,4 milliards de dollars par an, là où Abdulrahman plafonne à 7,8 millions annuels. L’histoire est belle, et l’homme a été envoyé à Rio pour gratter enfin une médaille olympique après une décevante treizième place à Londres, une vingt-deuxième à Pékin, en 2008 et plusieurs performances continentales. Avant le départ de la délégation, le président du comité olympique émirati, également membre de la famille de Saeed bin Maktoum, a mis la pression sur une discipline « qui doit maintenant porter de nouveau haut les couleurs du pays à l’international. Le tir doit être une partie de notre empire sportif » . Cette année, le pays débarque donc avec des ambitions et avec également dans son cortège Saif Al Mansoori. L’heure est maintenant à l’or. Rio est un bel endroit pour toucher son sommet.

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