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  • Bundesliga – Bayern/Bayer

La dernière carte

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La dernière carte

A cinq journées de la fin de la saison, le Bayern Munich doit gagner pour espérer disputer la Ligue des Champions l'an prochain. Le Bayer Leverkusen doit s'imposer pour avoir encore une chance de remporter le titre. En gros, il n'y a qu'un seul mot d'ordre. Comme dirait Tonton David: si tu cherches pas la gagne...

Jamais on n’aurait pensé en début de saison que le Bayern lutterait encore à cinq journées de la fin pour jouer la C1 l’an prochain. Avec un entraîneur comme Louis Van Gaal, des joueurs comme Lahm, Schweinsteiger, Ribéry et Robben, on se disait que les Bavarois finiraient au moins à l’une des deux premières places du championnat. On connaît la suite: abonnements à l’infirmerie, notamment pour Bilal et le Hollandais Volant, une défense qui part en sucette, Demichelis qui va à Malaga, Kraft dans les bois à la place de Butt, Gomez qui claque but sur but, mais qui est un peu seul…et voilà le Bayern quatrième, à deux points de Hanovre avant de jouer le Bayer. Forcément, ça a énervé le trio magique Beckenbauer-Rummenigge-Hoeness; le dernier a tout simplement décidé de virer le technicien néerlandais, histoire de conserver encore un peu d’harmonie dans le vestiaire bavarois. C’est l’assistant de Van Gaal, Andries Jonker, qui récupère le bébé, et qui a pour but de le faire monter sur le podium, le tout en cinq journées. Si Jonker venait à échouer dans sa mission, ce serait le début d’une période estivale pleine de n’importe quoi; quelque part, on pourrait assister à une renaissance du FC Hollywood des plus belles années: Robben et Ribéry qui soûleraient leurs dirigeants pour partir, une partie de poker intense avec Manuel Neuer pour savoir s’il vient ou non, un Thomas Kraft qui fait une Rensing, et des dirigeants qui pleurent toutes les larmes de leur corps, parce que ça sert à rien d’accueillir la finale de la plus prestigieuse compétition de club en Europe si on n’y participe même pas. Ouais, parce que la finale de la C1, c’est à l’Allianz Arena que ça se passe. Autant dire qu’Andries Jonker a la pression. Mais lui, au moins, il a la chance d’être aimé des joueurs, à la différence de Van Gaal. Avec lui, les Bavarois se traîneront jusqu’au bout. Après, on verra comment ça se passe avec Jupp Heynckes…

Oui, car au final, c’est l’entraîneur actuel de l’équipe en face qui récupère toute cette histoire, là. Certains disent que Jupp Heynckes doit se poser des questions, soi-disant qu’il serait en plein dilemme, soi-disant qu’il ne sait pas s’il doit essayer de gagner avec Leverkusen et mettre la pression sur Dortmund (qui accueille juste après le SC Fribourg), quitte à mettre en danger sa future équipe, ou bien s’il doit laisser gagner son futur employeur pour faire joujou en C1… N’importe quoi. Heynckes, c’est un grand monsieur, et il jouera à fond avec son Bayer. S’il faut corriger le Bayern, il le fera. Et il y a des chances que le résultat tourne en faveur du Werkself ( « le onze de l’usine » , référence à l’usine Bayer). D’une part, Heynckes est bien décidé à tout faire pour gêner Dortmund dans le sprint final: « Ce dimanche peut être le début de quelque chose de plus grand dans cette saison » , avait-il concédé dans Kicker. D’autre part, les joueurs ont faim, très faim, même: ils restent sur cinq victoires consécutives en championnat, et comptent bien prendre exemple sur le Borussia Dortmund, qui avait fessé le Bayern sur le même score qu’ils avaient fessé le Bayer à la BayArena: 1-3. Ceci est peut-être possible, vu tous les absents côté Bayern: Robben et Badstuber sont suspendus, Van Buyten et Breno blessés; Ribéry et Schweinsteiger aussi, mais, pour eux, une décision sera prise au dernier moment.

Du côté du Bayer, tous les joueurs (même Ballack, c’est dire) sont là. Et, au moment où il commence à s’installer un semblant de n’importe quoi à Dortmund (où l’on apprend notamment, grâce à Bild, l’intérêt du Real pour Nuri Sahin, le maître à jouer du Borussia), il se pourrait que le Bayer tienne là sa chance. N’empêche, on pourrait assister à un truc bien rigolo en Allemagne d’ici la fin de saison: l’éternel second (Vizekusen) qui finit champion, et son entraîneur qui part driver une équipe qui a l’habitude de finir championne, mais qui ne disputera (peut-être) que la C3…

Ali « Karl-Heinz » Farhat

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