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Jean-Luc Vannuchi : « L’an prochain, si on monte, on sera dans les clous »

Propos recueillis par David Sfez
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Avec un effectif peu expérimenté, Jean-Luc Vannuchi a déjoué tous les pronostics en accédant aux demi-finales de la Coupe de France. Pour accéder au Stade de France, l'AJ Auxerre va devoir se coltiner l'En avant de Guingamp. Un club que l'entraîneur bourguignon connaît bien pour y avoir joué deux saisons, avec à la clé une finale de Coupe de France et un 32e de finale de Coupe de l'UEFA contre l'Inter Milan. L'occasion de parler d'Auxerre, Guingamp, mais aussi de cette participation à la Coupe d'Europe.

Quelles sont vos impressions sur votre dernier match, où vous gagnez 3-1 contre Nancy et restez à 4 points du podium ?

La priorité de la semaine était de bien démarrer et éventuellement se relancer en championnat. Il nous reste encore le match Gazélec Ajaccio – Brest qui sont deux concurrents pour le podium (le match s’est disputé ce lundi, ndlr). Nous concernant, on a fait ce qu’il fallait. Le niveau en haut du classement est assez homogène, donc tout le monde peut battre tout le monde tous les week-ends.

Peut-on affirmer qu’Auxerre a déjà réussi sa saison ?

Avec quatorze nouveaux dans l’effectif en début d’exercice, si on termine entre la troisième et la sixième place et qu’on termine en finale au Stade de France, on pourra dire qu’on a réussi notre saison. L’objectif était de terminer dans le haut du classement. Si on peut accéder en Ligue 1, ce serait énorme. De toute manière, le club nous a fixé l’objectif de deux saisons, donc l’an prochain, si on monte, on sera dans les clous.

Le club a reçu beaucoup de demandes d’interviews, cela faisait longtemps que cela n’était pas arrivé dans le coin ?

C’est vrai que cela fait bizarre. Depuis plusieurs jours, j’ai fait pas mal d’entretiens, mais c’est bien, cela fait parler de nous. On va jouer devant 15 000 personnes, alors qu’en L2, on n’en a que 5 000. De toute façon, Auxerre n’avait pas atteint ce niveau depuis 10 ans, donc c’est normal. Les gens ont déjà été habitués à ce genre de rendez-vous, mais c’est bien, cela nous permet d’exister à nouveau.

Vous recevez Guingamp mardi. N’est-ce pas difficile avec des joueurs globalement sans expérience pour ce genre de rendez-vous ?

C’est vrai que si on enlève Sébastien Puygrenier qui a joué une finale, tout comme Frédéric Sammaritano avec Vannes contre Bordeaux, sans oublier Djellabi qui a joué une demi-finale avec Angers en 2011, tout le reste de l’effectif, ce sont des novices. Du coup, on le prépare comme les autres matchs, sauf qu’on s’est mis au vert pour mieux aborder cette rencontre. On a préparé des DVD pour les joueurs avec montages individuels et des séquences de l’adversaire direct. Je ne l’avais pas dit aux joueurs, mais avec le staff, on avait pour objectif les quarts de finale, car je pense qu’on a l’effectif et la qualité pour arriver à ce stade.

Comment analysez-vous vos deux saisons à Guingamp, avec une finale de Coupe de France et une participation à la Coupe de l’UEFA ?

Cela été les plus belles années de ma carrière de joueur, vu que je n’ai pas eu beaucoup l’occasion de vivre ce genre de choses. Bon, la deuxième saison, on est descendus, mais humainement et sportivement, c’étaient deux très belles années. Je suis arrivé à Guingamp sur la pointe des pieds, j’étais en concurrence au poste de latéral avec Nicolas Laspalles et Vincent Candela. D’ailleurs, je me souviens qu’on avait fêté la première sélection de Candela qui revenait tout juste des JO et qui venait d’être appelé par Aimé Jacquet, juste avant qu’il bouge en Italie avec la suite que l’on connaît.
Afin de faire plus simple, l’Inter nous avait donné un grand sac poubelle juste avant le match avec leurs jeux de maillots

Quels souvenirs avez-vous du match de 32e de finale contre l’Inter, avec de grosses stars qui débarquaient ?

On se souvient que les Milanais ont été très surpris de débarquer dans ce « patelin » de 8 000 âmes, et le fameux stade du Roudourou qui a changé depuis. À la fin du match aller, j’ai eu le maillot de Gianluca Pagliuca. Afin de faire plus simple aux matchs aller et retour, l’Inter nous avait donné un grand sac poubelle juste avant le match avec leurs jeux de maillots. On n’avait pas eu le temps d’échanger avec eux. C’était une période où le foot italien était redoutable en Coupe d’Europe. Au match à San Siro, on a vu juste les joueurs débarquer pour le coup d’envoi. Ils avaient une salle d’échauffement située juste sous le stade San Siro.

On peut trouver des similitudes entre Auxerre et Guingamp ?

C’est assez vrai, d’autant plus que des personnes de Guingamp sont venues dans l’Yonne pour apprendre le mode de fonctionnement de l’AJA. Elles voulaient s’imprégner de sa philosophie et sa façon d’utiliser la formation. Ce sont deux clubs assez famille, avec un même état d’esprit.

Vous vous voyez faire un long séjour dans le coin ?

Déjà, faudrait que je pense à acheter à une maison (rires). C’est impossible de durer aussi longtemps que Guy Roux. Tu es fragilisé dès que tu fait quelques contre-performances, ce n’est plus du tout la même époque.
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Propos recueillis par David Sfez

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