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- France-Côte d’ivoire (1-2)
De Nantes à Nantes, le diamant Rayan Cherki est poli

Six ans après ses débuts remarqués à la Beaujoire sous les couleurs de l’OL, Rayan Cherki est enfin parvenu à se faire une place chez les Bleus. Face à la Côte d’Ivoire pour son retour dans l’antre des Canaris, le métronome a marqué les esprits grâce à une prestation convaincante et son sens de l’humour. L’histoire d’un espoir qui a pris son temps avant de confirmer son immense talent.
Le samedi 18 janvier 2020, un virus nommé Cherki rendait malade la défense du FC Nantes sur la pelouse de la Beaujoire. Pour sa première titularisation en professionnel lors d’un seizième de finale de la Coupe de France, le cadet de l’OL, 16 ans au coup d’envoi, inscrivait un doublé en 9 minutes avant d’obtenir un penalty et de délivrer un caviar pour Moussa Dembélé. La naissance d’un prodige voué à épater la planète football dans les années à venir. Quelques mois plus tard, alors que la France se confinait pour lutter contre cette saleté de Covid-19, la propagation de la maladie Cherki a ralenti, au point qu’elle devienne parfois une petite bactérie sans grand danger. Le temps d’incubation était seulement un peu plus long que prévu, et c’est très bien comme ça.
Une progression lente et linéaire
Pas encore prêt à enchaîner les matchs de haut niveau après son chef-d’œuvre contre Nantes, le meneur de l’Olympique lyonnais a patienté dans la salle d’attente du club rhodanien pendant plusieurs saisons. Au mercato estival de 2024, il n’est pas passé loin de partir en croisière vers les bords de la Tamise à Fulham, ce qui aurait pu changer le destin de sa carrière. Finalement, Rayan Cherki a filé à Manchester City la saison suivante où il lui a été prescrit des ordonnances du docteur Pep Guardiola. Sa première saison aussi étonnante que réjouissante chez les SkyBlues lui a ouvert les portes de l’équipe de France, six ans après ce premier match contre Nantes. Oui, dans le foot contemporain, il n’y a pas que la folle précocité de Kylian Mbappé et Désiré Doué. Prendre son temps et galérer par moments pour arriver à ses fins est aussi un moyen d’atteindre ses rêves.
De retour sur la pelouse de la Beaujoire pour casser les reins de ses adversaires – et rappeler des mauvais souvenirs aux supporters nantais –, Rayan Cherki a montré que la patience est une vertu. Face à la Côte d’Ivoire, il a été le Bleu le plus performant sur le pré, bien meilleur que ses coéquipiers qui ont confirmé leur talent avant lui. Buteur d’une frappe croisée remarquable après avoir joué avec les jambes de Seko Fofana, le numéro 24 de l’équipe de France a calmé la patrouille des Éléphants.
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Fidèle à son style de jeu gourmand, le joueur formé dans le 69 a néanmoins eu du déchet. Contre les solides Ivoiriens, l’artiste a perdu douze fois la balle et s’est emmêlé les pinceaux en loupant une grosse occasion alors qu’il était dans une position idéale pour ouvrir le score. Finalement, son but avant de filer à la douche a récompensé sa première période avenante. Assez pour être titulaire en Amérique du Nord au Mondial ? Pas sûr, car Cherki doit encore apprendre. La progression du joueur qui s’apprête à disputer sa première Coupe du monde n’est pas arrivée à son terme.
L’humour donne de l’amour
Cette trajectoire de carrière ne l’a pas formaté en robot comme certains de ses coéquipiers. En témoigne sa communication à des années-lumière d’un bla-bla ennuyeux. Ce jeudi soir après le match contre la Côte d’Ivoire, Cherki a épaté la galerie sur le plateau de TF1. « Je peux commencer à faire des blagues sur vous, ça va être rapide et je vais faire rire toute la France. Je suis un très bon comédien », a-t-il balancé au champion du monde Bixente Lizarazu. Sa pose sur la photo de groupe avec Emmanuel Macron et la ministre des Sports Marina Ferrari a aussi été propice aux moqueries. En réaction, Cherki n’a pas piqué une colère. Non, lui, cette dégaine de timide l’a fait marrer. « C’est une question de respect, j’étais à côté de Madame la ministre et je ne me voyais pas être au-dessus d’elle ou qu’on la voit moins que moi, donc je me suis baissé un peu pour qu’on la voie un peu plus. Tant que ça fait rire les gens. »
@ThomasMekhiche est revenu sur la "pose" de Rayan Cherki à Clairefontaine et Rayan nous explique tout ! 😂 👀 Découvrez les coulisses de cette photo qui a fait parler ahah ! pic.twitter.com/wkl0Zh7Spy
— TF1 (@TF1) June 4, 2026
Ce sens de l’humour lui offre un gage de sympathie et permet au grand public de découvrir un peu plus la personnalité d’un joueur critiqué à ses débuts pour son manque d’intelligence, sa manière de parler et son comportement (sur quelles bases ?). « Rayan Cherki, sale gosse ou génie incompris ? », pouvait-on à lire à la Une de So Foot en 2024, dans un numéro où le Gone avait parlé comme il joue, avec une certaine liberté qui le caractérise. Deux ans après, celui qui n’a encore que sept sélections s’est installé dans le contingent bleu sans secousses. Une belle manière de satisfaire le gestionnaire de groupe qu’est Didier Deschamps, sensible à l’atmosphère paisible de son vestiaire à l’aube d’une grande compétition. Peut-être pas encore prêt à évoluer dans le onze des Bleus cet été, Rayan Cherki est arrivé à maturité dans son rapport aux autres, et c’est déjà une bonne nouvelle.
La France se réveille avec une bonne nouvellePar Mathis Blineau-Choëmet



















































