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Bernès que un club

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Bernès que un club

Agent de Laurent Blanc et des joueurs de l'équipe de France, Jean-Pierre Bernès est une nouvelle fois éclaboussé par la polémique. Il s'en fout, il a l'habitude, et en plus il en ressort un peu plus honnête. Comme à chaque fois.

Il y a un peu plus de dix ans, Wanderlei Luxemburgo était demis de ses fonctions de son poste de sélectionneur du Brésil. Perdu pour perdu, le coach se lâche dans la presse. Il révèle notamment qu’il a touché des pots de vin de la part d’agents de joueurs pour distribuer des capes à leurs poulains. Quand on sait combien des clubs comme l’Inter Milan sont prêts à aligner sur les simples mots clés « international » et « brésilien » , le business semble tentant. En France, la question se pose ces jours-ci avec la position de Jean-Pierre Bernès puisque le sélectionneur et huit joueurs du groupe bleu ont opté pour le même « second père » . La situation est connue depuis un an et la nomination du Cénévol. Mais le feu n’a été mis aux poudres que récemment. Au dernier rassemblement de l’équipe de France, Florent Malouda se serait plaint en off de l’agent. Depuis, les confrères se déchaînent et dénoncent l’omnipotence de Bernès, le ressuscité. « Ce n’est pas l’agent que l’on vise, mais l’homme » clame l’intéressé, qui a savamment organisé sa riposte.

Car après avoir fait le dos rond, Bernès est sorti de sa tanière. Plutôt, il a laissé la crème des médias y entrer pour leur servir la soupe : une double page dans L’Equipe mercredi dernier suivi d’un reportage dans le Canal Football Club hier soir. Pour être complet, il est aussi dans le nouveau Surface. A chaque fois, Bernès martèle le même message : « Si les joueurs veulent travailler avec moi, c’est que je suis bon. Mais c’est plus facile pour certains de dire qu’il y a conflit d’intérêts que dire « je jalouse Jean-Pierre Bernès ». Conflit, ça fait penser à magouille » . A chaque fois, les reportages se terminent sur la même note : « il a eu sa deuxième chance, il a su la saisir » . C’était le cas dimanche, dans la bouche d’Hervé Mathoux. C’est aussi simple que ça ?

La partition de la victime

L’été dernier, Jean-Claude Dassier avait, par exemple, prononcé devant témoins une phrase qui avait de quoi mettre la puce à l’oreille : « Ce n’est quand même pas de ma faute si l’autre ne s’occupe plus que de l’équipe de France maintenant » . L’autre, c’est évidemment Bernès, qui après avoir fait le mercato de l’OM en 2009, a laissé Deschamps se démerder tout seul, trop occupé à bien installer Laurent Blanc dans son nouveau costume. Dans le nouvel organigramme de l’équipe de France, des proches de l’ancien dirigeant marseillais apparaissent, dans l’ombre, à des postes secondaires. Et dès le départ de l’ère Blanc, on voit l’influence de l’homme : Rami et Menez sont choisis pour les premiers matchs, à des postes ou plusieurs joueurs sont en balance. Comme un service rendu pour un contrat bien négocié. Mais ça ne va pas plus loin.

En fait, comme souvent dans ces cas-là, ceux qui sont allés lui chercher des noises sans preuve tangible ont en réalité servi sa cause. Car Bernès, face à des journalistes heureux d’avoir un personnage rare, a vite pu montrer sans résistance les limites des accusations (Mavuba et Mathieu, qui ont pourtant le niveau, ne sont pas en équipe de France) avant de jouer un peu plus la partition de la victime. Comme il y a deux ans, la dernière fois qu’il a fait la Une des journaux lorsque Dassier, tant qu’à le voir tout faire dans son propre bureau, lui avait proposé un rôle à l’OM et que le reste de l’organigramme du club s’y était opposé, Bernès entraîne vite le débat sur le terrain du passé. Comme ça, derrière, il y en a toujours un, comme Pierre Ménès, pour dire que bon, ça va, il a payé sa dette à la société. Une manière comme une autre d’écarter encore un peu plus une hypothèse totalement folle émise entre deux lignes dans un encadré de L’Equipe sur le dossier : « VA-OM n’a été que la partie immergée d’un iceberg qu’il était plus simple de laisser fondre dans l’oubli » . Et puis au pire, si un jour quelqu’un arrive avec du concret, il y aura toujours un copain pour dire qu’il y a prescription.

Mario Durante

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