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Pitroipa, l'ailier volant

Le Stade Rennais aime les ailiers. Jonathan Pitroipa aime prendre les couloirs. Un mariage d'affinité donc, pour faire oublier les carences offensives de la saison passée. Portrait d'un homme intègre, d'un joueur fringant.

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Matricule : Jonathan Pitroipa, prononcez « Pi trois pa » , burkinabé de 25 ans qui vient de signer au Stade Rennais. Et commence déjà à impressionner. Doublé au match aller contre les métallurgistes de Rustavi en tour préliminaire de l'Europa League, à l'origine du premier but contre Dijon lors de la première journée de ligue 1, Pierre Dréossi, le directeur sportif du Stade Rennais, dit de lui qu'il est « capable de mettre le désordre dans n'importe quelle défense » . Par sa pointe de vitesse, par une technique au-dessus de la moyenne, mais aussi en ratant un but tout fait contre les Georgiens. Son poste ? Ailier longiligne. Soit un OVNI. Là où les Messi, Hazard et autres Alexis Sanchez trustent les couloirs, Pitroipa déjoue les convenances. Et ce, depuis toujours, quand avec son physique, on ne lui prédisait pas un grand avenir.


« Courir, courir toujours plus vite »

2004, Wilfried Sanou, jeune Burkinabé issu de Planète Champion, la pépinière de footballeurs de Ouagadougou, vient de poser ses valises au SC Fribourg. A peine arrivé, il recommande avec insistance à son coach, Volker Finke, un jeune coéquipier de “Ouaga”. Finke voit la tige de 18 ans et émet de sérieux doutes, rapport à la fragilité physique de Jonathan. Vite dissipés, cependant, quand il voit le travail abattu par le Burkinabé à l'entraînement. « Courir, courir et courir toujours plus vite à l'entraînement » , répond Jonathan Pitroipa à un journaliste allemand qui lui demande comment il fait pour être si rapide.

Après une première année de transition, le véloce ailier affole les défenses de Bundesliga 2 avec le SC Fribourg. 2006-2007, sa meilleure saison, il marque 8 buts et délivre 10 passes décisives. « Jonathan est un futur grand du football » , prophétise le coach historique de Fribourg. Celui que Pitroipa appelle M. Finke le fait entrer de plain pied dans le monde professionnel. Wilfried Sanou, de son côté, est comme un « grand frère » , il l'aide à s'intégrer dans la grisaille allemande. Car dans le Bade-Wurtemberg, Pitroipa a le mal du pays. « Ce n'était pas forcément la destination naturelle pour un Burkinabé. Je suis francophone et venir en France aurait été plus logique » , expliquera-t-il plus tard. Et pourtant, en fin de contrat à Fribourg en 2008, l'ailier virevoltant est débauché par le grand Hambourg SV. Il n'avait pas forcément choisi l'Allemagne, mais il choisit d'y rester. Et de découvrir la Bundesliga et... la concurrence. Hambourg, 4ème en 2007-2008, a retrouvé de l'ambition. Irrégulier, comme les entraîneurs de la ville portuaire qui changent tous les ans, Jonathan joue par intermittence. Plus en Europa League qu'en championnat. Mais participe aux demi-finales contre Fulham en 2010.

Un coupé-décalé sur You Tube lui est dédié

Cette même année, il emmène l'équipe du Burkina Faso à la CAN 2010, en Angola. Dans un groupe très relevé avec la Ghana et la Côte d'Ivoire, les Étalons ne passent pas les poules, mais Pitroipa impressionne. « Il a un style de jeu différent des autres. Il va plus vite et c'est un très bon dribbleur » , observe son coéquipier en équipe nationale, Bakary Koné, dit “Bako”, défenseur de l'En Avant Guingamp et néo-Lyonnais. Il épate les voisins ivoiriens lors du très bon match nul du Burkina contre les Éléphants. A la suite de cette performance, Flamzy et Joskar, les maîtres ivoiriens du coupé-décalé, lui dédient une chanson qui tourne sur You Tube : « Dieu nous a donné, Jonathan Pitroipa » . Rien que ça. Mais c'est aussi parce que Jonathan Pitroipa inspire le respect en dehors du terrain. Calme, réservé, à l'inverse de ses prises de risques sur le terrain. « Pour nous, c'est un exemple, il fait beaucoup pour le pays et tout le monde lui fait confiance » , confie Bako. Et pour cause, en 2007, au moment où l'académie Planète Champion, en faillite, ferme ses portes, Pitroipa et son ami Wilfried Sanou mettent de leur poche pour rouvrir la pépinière de “Ouaga”. Burkina Faso, littéralement “pays des hommes intègres”.

Cité du côté de Marseille, en remplacement de Ben Arfa, à l'été 2010, puis annoncé à Lyon dès le mois de juin de cette année, Pitroipa a finalement choisi la fidélité et le Stade Rennais, qui le suit depuis près d'un an et demi : « Vers la fin, à Hambourg, cela devenait difficile de suivre le rythme, il y avait des changements constants d'entraîneur et il était de plus en plus difficile de s'adapter. Je savais que Rennes me suivait depuis un moment. Frédéric Antonetti me voulait car je rentrais bien dans son système de jeu. Le club a de belles ambitions, c'est aussi ce qui m'a poussé à venir ici » . A peine arrivé en Bretagne, les comparaisons fusent déjà : Utaka dans ses plus belles chevauchées, Jérôme Leroy dans ses meilleurs dribbles... En tout cas, il aura la lourde tâche de faire oublier les problèmes offensifs bretons de la deuxième partie de saison. Habib Bamogo, attaquant de Nice et coéquipier de “John Pit” avec les Étalons, ne se fait pas de souci pour lui : « Il va apporter une touche de créativité à Rennes » . “Bako” non plus : « Avec Rennes, il va avoir la possibilité de plus s'exprimer. Et je pense qu'il va être parmi les meilleurs joueurs du championnat cette saison » . A suivre contre Paris ce soir, bon courage Tiéné.

Anthony Cerveaux

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Ce joueur me fait un peu penser a Gervinho
d'accord avec toi Bilal et dans le bon et dans le mauvais. mais c'est ce genre de joueur qui manquait à Rennes. il peut devenir très bon.
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