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Florian Le Teuff : « On veut inventer l'actionnariat populaire à la nantaise »

Florian Le Teuff, président de l'association À La Nantaise, trouve le temps entre deux averses ligériennes de livrer sa vision de la gouvernance du football français et de l'alternative que représente le premier projet d'actionnariat populaire de France. Entre Waldemar Kita, modèle allemand et proposition de loi.

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C'est quoi, À La Nantaise ?
À la Nantaise, c'est l'association des amoureux du FC Nantes attachés aux valeurs qui ont bâti la notoriété du club. Le jeu, la formation et l'innovation. On rassemble 2300 adhérents et 39 entreprises dans le cadre du premier projet d'actionnariat populaire du football français. Ça fait sourire tous ceux qui refusent de voir plus loin que le bout de leur nez et qui refusent d'observer que ce modèle de gouvernance a démontré son efficacité dans chacun des grands pays de football.

Concrètement, comment comptez-vous participer à la gouvernance du FC Nantes ?
L'objectif est de monter au capital du FC Nantes, lors du prochain changement d'actionnaire majoritaire, pour contribuer à la gestion du club et promouvoir la charte éthique de l'asso : le pacte Arribas. On a justement 390 membres de l'association qui ont déjà contribué à la levée de fonds via la société par actions simplifiée qui fonctionne selon le modèle démocratique « un homme, une voix » . Aujourd'hui, on a 35 000 euros, soit 7% du capital du FC Nantes. Une étude indépendante, réalisée conjointement par la Fédération pour la recherche économique et financière et l'université de Nantes, a même démontré qu'À La Nantaise serait susceptible de recueillir 1 700 000 euros dans le cadre d'une ouverture du capital du FC Nantes aux supporters.

Waldemar Kita affirme avoir voix au chapitre pour les 90 millions d'euros de dépenses annoncés depuis son arrivée dans le club. Ça se passe comment avec lui ?
En août 2010, suite au lancement de l'asso, Franck Kita nous avait reçu à la Jonelière. Il avait déclaré à la presse que la rencontre lui paraissait intéressante, mais au fur et à mesure que l'association grandissait, la direction s'est refusée au dialogue, tenant même des propos agressifs voire complètement farfelus : Waldemar Kita est allé jusqu'à s'appuyer sur une enquête de So Foot pour me traiter de nazi. Évidemment, tout a été démenti par la suite. Mais bon, on sait très bien que militer pour la transparence dans le foot français n'est pas un long fleuve tranquille. Si monsieur Kita veut faire la guerre, il la fera tout seul.

La formation est une de vos valeurs centrales, mais dans le même temps, sous Kita, pas mal de jeunes du centre ont été amenés à jouer avec les pros...
Effectivement, on voit des jeunes en équipe première : Djidji, Rongier, Dubois, Iloki. Des jeunes repérés et formés par les éducateurs Laurent Guyot et Stéphane Moreau, évincés par la direction en 2008, alors qu'ils étaient les derniers garants des principes de jeu qui nous ont permis de remporter huit titres de champion de France. Pour nous, l'avenir du centre de formation reste, malgré les apparences, un grand point d'interrogation.

Au fait, il paraît que grâce à vous, Pierre Ménès progresse en allemand ?
On s'était permis de lui adresser un colis après la diffusion par le Canal Football Club d'un documentaire sur notre association. Sur le plateau, il avait affirmé de manière pas forcément subtile qu'avec 35 000 euros, on n'avait même pas de quoi s'acheter des lacets. Dans le colis, on lui avait donc glissé un manuel de langue allemande pour qu'il puisse se perfectionner avec la langue et se familiariser avec la règle en vigueur de l'autre côté du Rhin, le 50+1. On fait de la pédagogie pour expliquer le projet. On ne veut pas racheter le FC Nantes, on souhaite devenir actionnaire minoritaire du club pour permettre au club d'être à nouveau à l'avant-garde. Le FC Nantes a inventé le jeu à la nantaise, on veut désormais inventer l'actionnariat populaire à la nantaise.

Comment sont traités les supporters dans le reste de l'Europe ?
Lorsque l'on parle d'actionnariat populaire en France la référence immédiate, ce sont les socios espagnols, un club détenu par les supporters. Le modèle des socios a entraîné des dérives, que ce soit sur le plan de l'endettement ou de la transparence. Très peu pour nous. En revanche, on observe avec beaucoup d'attention le modèle allemand, qui impose aux clubs d'être détenus par les supporters et gérés selon des principes de démocratie et de bonne gouvernance. En outre, on est jumelés avec le Supporters Trust de Norwich, les Canaris britanniques. Au Royaume-Uni, plus de 200 clubs sont détenus en partie ou intégralement par des associations de supporters.

Et en France ?

Le modèle français continue de fonctionner sur un modèle très opaque, basé sur l'entre-soi. On est à la traîne par rapport à nos voisins. On se borne à accuser le fisc quand on n'arrive pas à diversifier les recettes. Alors que le principal problème, c'est le manque d'innovation. En Allemagne, toutes les grandes sociétés cotées en bourse ont fait le choix d'investir dans le football pro. Alors qu'en France, aucune société du CAC 40 n'a décidé d'investir dans les capitaux des clubs parce que le modèle français souffre de problèmes d'image en raison de l'opacité et du conservatisme. Lors de nos recherches, on perçoit encore que les présidents des instances et des clubs restent hostiles au dialogue avec les supporters.

Dialogue impossible avec les instances du foot, donc vous vous tournez vers l'État...
À défaut de passer par la porte, on passera par la fenêtre, oui. On a été à l'initiative d'une proposition de loi avant l'été. L'objectif étant d'imposer une représentation des supporters dans les instances du football français, FFF et LFP, ainsi que dans les clubs pros. Le secrétaire d'État aux Sports nous a reçus plusieurs fois pour nous signifier sa bienveillance à l'égard de la proposition. Aujourd'hui, on a le soutien de 120 parlementaires, de toutes sensibilités, qui ont bien compris que le modèle opaque et conservateur va droit dans le mur. On sent qu'on s'apprête à tourner une page.

En attendant une loi, où en est À La Nantaise dans la préparation du futur FC Nantes ?
On a réussi à placer nos loups dans plusieurs bergeries et on a obtenu le soutien de la mairie de Nantes, qui aura son mot à dire lors du changement de propriétaire en raison de conventions qui la lient au club. Le modèle Kita-Dassault est à bout de souffle. Le club a besoin d'oxygène, et le futur acheteur ne pourra se passer des acteurs du territoire. À La Nantaise, c'est un pari, mais on est convaincus que c'est un pari qu'on va gagner, parce que c'est le sens et l'avenir du FC Nantes.


Propos recueillis par Josselin Juncker
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