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Attention, revoilà Chypre

Après Famagouste et l’APOEL Nicosie, Chypre fournit une nouvelle formation pour les joutes européennes de prestige : l’AEL Limassol. Dans la plus pure tradition du pays, c’est une équipe surprenante et… casse-couilles.

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En 2008/2009, l’Anorthosis Famagouste devient le premier club chypriote à accéder à la phase de poules de la Ligue des champions. Le club réussit alors à passer les trois tours préliminaires, terminant son parcours du combattant par une victoire de prestige sur l’Olympiakos. S’il terminera finalement dernier de son groupe, il le fera la tête haute, après avoir longtemps emmerdé le Pana, l’Inter ou le Werder. L’année suivante, au tour de l’APOEL Nicosie de disputer la phase de poules, avec le même destin. Ce club, on le retrouvera deux ans plus tard, sortant cette fois-ci premier de son groupe pour aller battre Lyon en huitièmes. Et cette saison, voici donc l’AEL Limassol, inconnu au bataillon, qui vient pourtant de taper Anderlecht en match aller de barrages (2-1). Avant de les voir éventuellement en phase de poules, on ne peut que constater la ressemblance évidente de ce nouveau club avec ses prédécesseurs : un effectif inconnu et cosmopolite, un jeu surprenant, un budget rachitique. En somme, une équipe piège par excellence. La copie conforme du club que cette petite île est désormais habituée à révéler sur la scène européenne.

Budget serré et mixité

En vrai, personne ne connaît vraiment cet AEL Limassol. Un coup d’œil sur l’effectif suffit pourtant à s’étonner de la réussite du club, champion en titre et invaincu toute la saison dernière (seulement battu en finale de Coupe). Bah ouais, dix nationalités cohabitent dans le vestiaire. De l’attaquant ivoirien au milieu brésilien, en passant par le défenseur rwandais ou le gardien albanais. Un beau ramassis d’inconnus (hormis Orlando Sa, vieille connaissance du FC Porto), le tout mixé à la sauce d’un coach chypriote, qui doit franchement galérer pour se faire comprendre. Ou pas. Après tout, en comparaison, l’APOEL a douze nationalités dans son effectif, Famagouste treize. Bon, il y a tout de même une certaine logique, lorsqu’on sait que Chypre n’est peuplée que d’un million d’habitants et que l’importation est nécessaire au développement du football local. Mais quand même. Autant se fier au jugement d’un immigré du football, le Français Vincent Laban, qui évolue à Famagouste depuis 2007 : « Si on m’avait dit que je jouerais la Ligue des champions quand je suis arrivé à Chypre, je n’y aurais pas cru. Mais depuis, le football chypriote a progressé d'année en année. Aujourd'hui, les salaires sont attractifs. Ça n’a rien à voir avec l’OL par exemple, mais les clubs sont capables d’attirer de bons joueurs étrangers qui ont aidé à relever le niveau. S’il n’y avait que des Chypriotes, avec tout le respect que j'ai pour eux, on ne pourrait pas être compétitif au niveau européen. Aujourd’hui, dans mon équipe il y a des Bulgares, des Slovaques, des Brésiliens, ça donne un football très cosmopolite, très riche. Après, c’est une alchimie qui se crée entre les étrangers et les meilleurs joueurs locaux. Ça marche très bien » , déclarait-il à 20 minutes début 2012.

Un travail de fond, une gestion de budget bien ficelée… En gros, les clubs chypriotes sont un peu le porte-étendard de la réforme Platini. Le président de l’UEFA a décidé, il y a de ça trois ans, de mettre en valeur les petits championnats dans les compétitions continentales, et il est sûr qu’avec les derniers résultats obtenus par les clubs chypriotes, preuve a été faite que l’on pouvait réussir sur la scène européenne avec de faibles budgets (Famagouste avait 6 millions de budget en 2008, l’APOEL 9 l’année dernière, l’AEL en possède autant, Ndlr), mais une envie débordante. « Oui, bien sûr que je remercie Platini. C'est M. Platini qui a contribué à tous ces changements pour nous, les petits clubs, d'avoir la chance de participer à la Ligue des champions et gagner des matches. Sans cette réforme, avant, ce n'était pas possible. Maintenant, oui. Merci Platini ! » résumait l’année dernière à L’Équipe Foivos Erotokritou, président de l’APOEL. Une gratitude mutuelle qui débouche sur le progrès du football et, pour le public, à de sacrées surprises.

« La monnaie, ce sont les fans »

Dans tout ça, l’AEL Limassol est donc la nouvelle hype du football chypriote. Un football jeune, qui découvre à peine le très haut niveau et qui, chaque année, fournit un représentant différent. Limassol n’a donc pas plus que ce qu’avait Famagouste ou l’APOEL. C’est juste un nouvel inconnu en quête de reconnaissance. Mais un inconnu capable d’aller battre deux fois le Partizan Belgrade au troisième tour préliminaire, tout de même (deux fois 1-0). Le collectif est rodé, les joueurs ont envie de cette Ligue des champions, les bouillants supporters en rêvent. Ce sera bien sur ces points forts que se basera, une nouvelle fois, la réussite chypriote. Du moins, peut-être. Parce qu’il y a encore un match à jouer sur le terrain d’Anderlecht et que la qualification n’est évidemment pas acquise. Mais au pire, le club aura déjà réussi son pari. Celui de retrouver la C1, à laquelle il a participé une seule fois en 1968 (battu deux fois 6-0 par le Real…). Et surtout, celui d’inscrire le football chypriote dans la continuité. La conclusion appartient à Charalampos Christodoulou, coach de l’AEL : « En Belgique, nous recommencerons à 0-0, donc nous devrons être prêts. Nous avons déjà accompli beaucoup, mais nous avons le potentiel pour écrire l'histoire. Anderlecht a un budget d'environ 40-50 millions d'euros. Notre monnaie à nous, ce sont nos fans. » Comme discours d’avant-match, sans doute racontera-t-il une nouvelle fois l’histoire de David et Goliath.

Par Alexandre Pauwels
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Marshall_joe Niveau : District
Si Anderlecht joue comme à l'aller, ça devrait pas être trop dur pour les Chypriotes.
C'est sympa le football chypriote, avec les noms de club, les journalistes s'amusent toujours pour les jeux de mots.
Toujours autant de condescendances envers les clubs de "petits pays" à ce que je vois, le budget ne fait pas tout dans un club, ni même la nationalité des joueurs, alors c'est sur qu'à force d'avoir bourré le crâne à tout le monde depuis des années avec un tel sophisme, pas d'argent-pas de résultats, on a juste masqué le niveau et la motivation des joueurs qui eux même ont succombé, dans la veine on ne peut pas jouer tout les trois jours.. Manque de dynamisme, un club chypriote en CL il se dit qu'il a le niveau pour jouer en CL puisqu'il est qualifié et la joue à fond, un club de ligue 1 se dit qu'il n'est pas au niveau des autres clubs pou la gagner parce qu'il n'a pals la thune, alors il la joue petit bras, et le fair play (la touche de socialisme liberal bien fashion) financier n'y changera rien les gars.
Limassol n'était pas une ville chypriote en 68 ? ou nous aurait-on menti en vendant Famagouste comme le 1er club chypriote en C1 ?
Effectivement ce n'était pas le premier club chypriote en C1 mais le premier en Ligue des Champions qui a succédé à la Coupe des clubs champions en 1992...
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