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Patron, Pelta tournée !

Ce jeudi (21h), les supporters rennais découvriront Jablonec. Mais l’objectif sera moins le tourisme que de pousser leur club à remporter une deuxième victoire, indispensable pour continuer de croire en leurs chances de voir le tour suivant de la Ligue Europa. Il y a de l’espoir : l’époque où le FK Jablonec de Miroslav Pelta rêvait d’être le Galactico du football tchèque est révolue.

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Dans la Bohême du Nord, les lignes de tram sont particulièrement longues. L’une des plus célèbres mesure d’ailleurs 12 kilomètres. D’un côté, on retrouve trois championnats et deux coupes de Tchéquie. C’est Liberec. De l’autre, la même chose, sans les championnats. C’est Jablonec. Autant dire qu’historiquement, la seconde vit dans l’ombre de la première. Même s’il y a quelques années, un ponte local s’est pris à rêver de faire de l’hôte du Stade rennais une sorte de Real Madrid à la sauce tchèque. Tour à tour entrepreneur, président de club, patron de fédé et homme politique – parfois les quatre en même temps ! –, Miroslav Pelta est sans aucun doute un homme à connaître.

Un gardien aux multiples casquettes

Au vu de son gabarit ventripotent, difficile de croire que Pelta ait pu un jour garder les cages d’un club de football. Et pourtant ! Ce jeune quinquagénaire commence entre les perches dès l’âge de six ans, avant de découvrir Jablonec, où il effectue ses études d’ingénieur industriel. L’un de ses instructeurs lui fait signer sa licence dans ce qui s’appelle le TJ LIAZ Jablonec. On est alors au début des années 1980, et l’influence soviétique est toujours présente puisque LIAZ n’est autre que l’acronyme d’une entreprise russe qui fabrique des autobus. Si Pelta est contraint d’arrêter prématurément sa carrière en raison de problèmes de santé, il ne quitte jamais vraiment Jablonec et entre peu après la chute du Mur de Berlin dans le conseil d’administration du club, qui vit alors ses meilleures années, passant de la D3 à l’élite.


De quoi se faire connaître dans le milieu du football tchèque, jusqu’à devenir président de la Fédération en 2011. Entrepreneur, homme politique (il est membre du conseil municipal sous l’étiquette de l’OSD, un parti de droite libérale, fondé par l’ancien président de la République Václav Klaus), dirigeant de club et patron du ballon rond de son pays, l’ancien gardien collectionne les casquettes, ce qui ne plaît pas forcément à tout le monde. Surtout quand Jablonec remporte la Coupe en 2013 et que le boss de la fédé remet le trophée à ses propres joueurs. Le conflit d’intérêts est palpable, et certains supporters s’en offusquent par des messages de défiance déployés en tribune. En réponse à quoi, le président exige des sanctions envers les fauteurs de trouble. Lors d’un match du Slavia Prague, l’arbitre arrête même la rencontre une dizaine de minutes en réaction aux chants anti-Pelta.


Joue-la comme Hübschman

Alors habitué à faire l’ascenseur entre les sommets et le ventre mou, Jablonec va vivre une petite révolution à l’entame de la saison 2014-2015. Après une décevante onzième place, Miroslav Pelta veut faire de son petit club de province un concurrent solide aux mastodontes du Sparta Prague et du Viktoria Plzeň. Sans oublier le voisin du Slovan Liberec évidemment ! Sous la houlette du talentueux entraîneur Jaroslav Šilhavý (aujourd’hui à la tête de l’équipe nationale), le projet des Galacticos de Jablonec prend forme. À la seule différence que Pelta n’a rien d’un oligarque plein aux as. Le recrutement doit donc se faire avec les moyens du bord. Arrivent donc des cadors comme Tomáš Hübschman, qui sort de dix ans au Shakhtar Donetsk, Tomáš Jun, ancien espoir du Sparta Prague et champion d’Autriche avec l’Austria Vienne, Luděk Pernica, solide défenseur central du Zbrojovka Brno, ou encore Martin Pospíšil, en provenance du Sigma Olomouc. Pour la touche espagnole, le club chipe au Dukla Prague José Romera, un latéral droit aperçu un temps à Levante. Un casting bien loin du bling-bling de la Casa Blanca, mais qui donne quand même à Jablonec le droit de rêver très grand.


Et ça marche ! Le petit club de province termine sur la troisième marche du podium. On croit alors que la révolution est en marche, sauf que la saison suivante, rien ne se passe comme prévu. Jablonec se fait sortir en barrage de Ligue Europa par l’Ajax Amsterdam et, hormis un nul convaincant face au Sparta, n’engrange pas les résultats escomptés en championnat. La trêve hivernale passée loin des sommets coûte son poste à Šilhavý et contre toute attente, Miroslav Pelta déclare en deuxième partie de saison que le projet des Galacticos est terminé. Il souhaite changer de cap et devenir un club tremplin pour les jeunes talents locaux. Joignant le geste à la parole, il nomme directeur sportif un certain Ivan Horník, condamné en 2006 à dix ans d’interdiction de toute activité liée au football pour une histoire de matchs truqués. Question réputation, on a déjà fait moins sulfureux.



Seul survivant des Galacticos, Tomáš Hübschman est entre-temps devenu capitaine et a assisté à un nouveau scandale impliquant son patron. En 2017, ce dernier est contraint de démissionner de son poste de président de la Fédération – depuis la prison de Brno ! – après avoir été accusé de détournements de fonds publics. Aujourd’hui, Miroslav Pelta est toujours à Jablonec, mais s’est effacé derrière un discret poste de vice-président, qui continue malgré tout de rêver d’Europe pour son club. Le match face à Rennes sera comme un baroud d’honneur.

Par Julien Duez Photos : DR
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