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L'AEK Athènes ne répond plus

Fonds de tiroirs poussiéreux, dettes monstres, arriérés de salaires, exodes massifs, saluts nazis et émeutes. Nous ne sommes pas en 29, à Vienne, mais en 2013 à l’AEK Athènes, un titan du football grec vient de quitter l’élite. Chronique d’une grande dépression.

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« Le football grec est abattu. » Panagiotis Kefalas, journaliste à la radio Nova Sport FM pèse ses mots. Dans un pays où le pied-balle déchaîne les passions, la chute d’un club de l’acabit de l’AEK Athènes est tout bonnement indigeste. La Grèce du football vient de perdre « le troisième meilleur club de son histoire » : 11 titres de champion en Super League, 14 Coupes de Grèce, 54 saisons consécutives dans l’élite. Seuls les géants de l’Olympe – l’Olympiakos, le Panathinaikos et la PAOK – en ont fait autant. En somme, c’est un monument du football hellène qui quitte l’élite, cette saison. La faute à la crise, forcément. Une hypothèse facile dans un bled où la dette publique dépasse les 150% du PIB et où la populace est indisposée (ou inapte) à payer ses créances. Le football, contrairement à ce que diront certains, n’est pas immunisé contre la crise. «  Tous les clubs grecs, sauf peut-être l’Olympiakos et le PAOK, ont des problèmes d’argent, explique Kefalas. L’AEK n’est pas seul dans son cas. » Sauf que l’AEK, lui, sera la première victime de la finance.

Prémices d’une saison noire, le club est, à l’aube de l’exercice 2012-2013, dans l’incapacité de retenir ses meilleurs porte-flingues. A défaut de pouvoir honorer leurs émoluments donc, l’AEK laisse filer le Brésilien Leonardo – meilleur buteur du club la saison dernière -, l’Islandais Eidur Gudjohnsen, le Colombien Fabián Vargas, les internationaux Grigoris Makos et Pantelis Kafes et les espoirs Viktor Klonaridis et Kostas Manolas, pour les plus notoires. Même le coach, Nikos Kostenoglou, grand artisan de la deuxième place du club la saison passée, plie bagages. Au total, ce sont 24 joueurs – plus le technicien donc – qui quittent le navire. Et la débandade ne s’arrêtera pas là : banqueroute et retards de salaire obligent, l’AEK se voit privé de compétition européenne par l’UEFA et ce, malgré sa deuxième place qualificative en championnat. La fédération grecque ira, elle aussi, de son grain de sel : L’Enosis est interdit de recrutement. La FGF émet toutefois une réserve : que les arrivées soient exclusivement grecques et âgées de moins de 22 ans. Le club encaisse – au sens figuré bien sûr : 21 nouveaux joueurs – issus de la réserve ou de divisions inférieures pour la plupart – posent leurs valises au Stade olympique d’Athènes, ainsi qu’un technicien bon marché, Vangelis Vlachos, recruté au Pôle emploi. Pour résumer, l’AEK amorce sa saison 2012-2013 avec une escouade d’ados inconnus – 22 ans de moyennes d’âge – et zéro expérience de l’élite.

Pauvreté, famine et arriérés de salaires

Un mois et demi plus tard, le bilan colle aux pronostics : six matches, quatre défaites et deux nuls. L’AEK est lanterne rouge de Superleague et Vlachos est renvoyé au Pôle emploi. Pour le remplacer, le club coche le nom d’Ewald Lienen, ex-Hanovre et Mönchengladbach. L’Allemand débarque alors dans ce qu’il décrit comme un « club à la peine » . Et c’est un euphémisme ! « Quand j’ai commencé à travailler ici, j’ai dû introduire un petit-déjeuner commun, parce que plusieurs joueurs arrivaient à l’entraînement avec l’estomac vide, raconte l’ancien coach du Panionos dans les colonnes du Frankfurter Rundschau. (…) Plusieurs d’entre eux gagnent entre 500 et 1000 euros par mois, que le club est souvent incapable de payer. Certains espèrent au moins que le club puisse leur régler leurs loyers. Mais même cela est impossible. Beaucoup d’entre eux craignent de perdre leur maison. » Les loyers passent encore, mais même les déplacements de troupes ne sont pas assurés. « Pour les joueurs qui n’habitent pas à proximité, venir à l’entraînement constitue un problème, poursuit Lienen. Il faut prendre l’autoroute à péage, payer 2,60 euros par voyage, plus le carburant qui est de 1,70 (le litre), c’est bien plus cher qu’en Allemagne. » A défaut de pouvoir compter sur tous ses joueurs, le technicien se retrouve donc à animer ses entraînements avec des quarts d’effectifs, accessoirement affamés, et bientôt SDF. « C’est une situation que vous ne pourrez trouver dans aucun autre club au monde » , ajoute-t-il.

Et la crise n’est pas le seul fait des joueurs. Les supporters, eux aussi, agonisent. « Le prix des billets a été considérablement réduit, parce que les fans n’ont en pas les moyens » , explique Lienen. Et malgré les concessions de l’AEK, les travées du Stade Spyrídon Loúis d’Athènes n’auront jamais été aussi désertes. Affluence moyenne : 9000. Capacité totale : 70000. Toute une allégorie ! D’ailleurs le stade olympique, les Ultras n’en veulent plus. Trop cher. Tout comme le très « tape-à-l’œil » centre d’entraînement de Spata. Une propriété de Nicholas Notias – lui-même propriétaire de l’AEK – pour laquelle le club débourse la coquette somme d’1,1 million d’euros par an. Le 14 décembre, c’en est trop : l’Original 21, principal groupe d’ultras de l’AEK, passe à l’acte. Le complexe de Spata est assiégé au motif que « l'idée même que l'AEK est en train de mourir » . Sont réclamés l’abandon du centre et du stade et un déménagement au Georgios Kamarasau, au nord d’Athènes, arène occupée par l'Apollon Smyrnis, club de d’Ethniki B (D2). L’AEK n’accèdera pas à la demande. Le divorce entre la direction du club et ses supporters est entamé. Un crève-cœur pour Lienen : « Ce sont des gens qui donnent leur vie pour le club. Qui eux-mêmes n'ont pas d'argent et qui essayent malgré tout de nous suivre n'importe où. »

170 millions de dettes


Billets bradés, supporters pauvres, ultras qui boycottent… L’AEK perd gros sur son chiffre d’affaires. Et ses dettes n’arrangent rien. Les revenus publicitaires et les royalties télévisuelles sont automatiquement sucrées par l’Etat – principal bailleur de fonds du club, un comble pour un pays au bord du gouffre – et les banques. Bref, le Dikefalos Aetos ne génère plus un rond, et son déficit se creuse : 35 millions d’euros au début de l’année 2013. Le Trésor public réclame des têtes. C’est celle d’Andreas Dimitrelos, président du club, qui sautera courant mars. Le dirigeant est alors arrêté par l’Inspection des finances de la police d’Attique (région d’Athènes). Motif : l’AEK doit 170 865 122 euros au fisc grec. Dans cet imbroglio fiscal, Dimitrelos n’est qu’une tête de Turc, assure Kefalas. « Ce sont les précédents propriétaires qui sont à blâmer, peste le journaliste. Ils ont essayé de se faire de l’argent grâce au club. Ils en ont déboursé trop et ont laissé le club couvert de dettes. Dans cette histoire, l’AEK est une victime. »

Abusive ou non, l’arrestation de Dimitrelos n’ajoute guère plus de sérénité au sein d’un club qui ne décolle pas en championnat. Et même quand l’AEK se paye le luxe de gagner, c’est pour mieux se flinguer le portrait derrière : face à Veria (2-1) en 26e journée de Super League, Giorgios Katidis, grand espoir du club, célèbrera le but de la victoire par un salut nazi. Dans un pays où la montée de l’extrême droite – portée par le parti néo-nazi Aube Dorée – inquiète, ce genre de manifestation de sympathie est imbuvable : l’international espoir est suspendu « à vie » de toute sélection, par la Fédé. Son club, lui, ne l’alignera plus de la saison. Deux semaines plus tard, c’est l’entraîneur Ewald Lienen qui est débarqué pour « insuffisance de résultats » . Une entreprise délicate à l’heure où l’AEK, quinzième et avant-dernier de son championnat, aborde deux derniers matches cruciaux pour le maintien.

C’est l’ancienne gloire des Kitrinomavroi, Trainanos Dellas, qui est appelée à la rescousse. Le champion d’Europe 2004 n’aura guère plus de succès… 29e journée, match couperet pour l’AEK face à un autre candidat au maintien : le Panthrakikos. Athènes tient le choc quand, à trois minutes du terme, le défenseur Mavroudis Bougaidis expédie la gonfle dans ses propres filets. L’AEK est à terre, mais doit très vite se relever au risque d’être piétinée par les centaines d’ultras jaunes et noirs ayant, dans la foulée, envahi la pelouse, couteaux et barres de fer à la main. La rencontre est interrompue, mais le résultat, toute la Grèce le connait : ce sera 3-0 sur tapis vert, relégation et 11 000 euros d’amende pour l’AEK...Une autre dette que le club ne pourra pas payer.

Par Joshua Lekaye
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