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West Ham, retour à la case départ

Par Valentin Lutz
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West Ham, retour à la case départ

Malgré une saison galère, West Ham, qui affronte Manchester United ce mercredi, est quasiment assuré de se maintenir en Premier League. Un résultat loin de devoir être célébré pour un club qui annonçait tout récemment encore son ambition de devenir une force respectée en Angleterre. Mais des errements dans la stratégie du board, que ce soit sportivement ou structurellement, ont hypothéqué cette hypothèse.

Pour West Ham, la décennie écoulée ressemble à une boucle : les Hammers l’avait commencée à la lutte pour le maintien, ils la terminent de la même manière. De fait, au terme d’une saison catastrophique, le club londonien n’a plus besoin de grand-chose pour assurer sa place en Premier League. Ce résultat pourrait être considéré comme un simple accident s’il y a dix ans, les nouveaux propriétaires du club n’avaient pas annoncé leur volonté de faire de leur nouveau joujou une force majeure de Premier League. Car aujourd’hui, malgré des investissements énormes, les progrès sportifs sont loin d’être visibles, tandis que structurellement, West Ham semble surtout s’être éloigné de son identité.

Les dérives du bling-bling

Si l’on ne se fie qu’aux apparences, West Ham est un club qui pourrait s’enorgueillir d’avoir progressé lors de la décennie passée. Grâce à l’essor économique de la Premier League, les Hammers sont désormais le 17e club le plus riche du monde, dépensant sans compter sur le marché des transferts. Ils ont également déménagé dans un stade flambant neuf – le stade olympique de Londres –, tandis que le centre d’entraînement de Rush Green et le centre de formation ont été rénovés pour près de 25 millions d’euros. Si l’on y regarde de plus près en revanche, le tableau est bien moins reluisant : le club londonien devrait enregistrer cette année des pertes de plus de 30 millions d’euros, en raison d’une masse salariale démesurée, la huitième du Royaume (plus de 65000 euros par semaine en moyenne), mais aussi en raison des salaires pharaoniques des membres du board. Pour ne citer qu’un exemple : la présidente, Karren Brady, qui possède d’ailleurs un autre emploi en dehors du club, touche plus d’un million d’euros par an.

Par ailleurs, et c’est peut-être plus grave, West Ham est depuis quelques saisons comme séparé de lui-même, étranger à ce qu’il a été par le passé. À cet égard, l’abandon en 2016 d’Upton Park, stade mythique des Hammers et temple de cette identité ouvrière et un peu crasseuse qui faisait de West Ham un club vivant, est symbolique. Un club de football ne se gère pas simplement en optant pour des grands noms ou des beaux stades, plus généralement, en choisissant toujours le scénario le plus coûteux ou le plus tapageur. Car même si ce n’est probablement plus dans l’ère d’un temps où le football se juge à l’aune des statistiques et des chiffres, une formation tire aussi une part de sa vitalité de choses plus ténues. En l’occurrence, un état d’esprit, une culture. Au grand dam d’une partie de ses supporters, en opposition frontale avec la nouvelle direction, West Ham a un peu perdu ce qui faisait son charme et sa force.

Éviter le mouvement immobile

Bien sûr, il n’y avait aucune raison que cette politique s’arrête au bord du terrain. Sportivement aussi, les propriétaires ont fait dans le clinquant en dépensant des sommes faramineuses sur le marché des transferts : plus de 320 millions d’euros depuis 2010, dont 100 en 2018 et 120 un an plus tard. Il ne s’agit de condamner ni le niveau des joueurs recrutés ni l’ampleur des investissements, d’ailleurs en partie compensés par l’augmentation des droits TV. Le problème réside plutôt dans le nombre des arrivées, probablement trop nombreuses chaque saison, ainsi que dans l’absence d’un projet sportif qui pourrait donner une cohérence à ces choix. Si bien qu’aujourd’hui, l’effectif des Hammers semble inadapté à leur situation sportive actuelle. Les Haller, Fornals, Anderson et Yarmolenko ne sont pas des mauvais éléments, mais reste un doute sérieux autour du système tactique qui permettrait de réunir ces joueurs aux profils si différents. Et cette consommation ostentatoire et frénétique est bien éloignée de la réalité des besoins de West Ham.

Dans un championnat aussi exigeant que la Premier League, West Ham a besoin de joueurs besogneux, à l’image de Rice, Antonio et Soućek, grâce auxquels les Hammers se sont sauvés cette saison. L’achat définitif du milieu tchèque pour quinze millions d’euros montre d’ailleurs que West Ham peut aussi prendre des bonnes décisions, précisément parce que les caractéristiques du joueur répondent à un besoin : le volume de jeu (Soućek a couru en moyenne 13,1 kilomètres par match, plus que n’importe quel Hammer au cours des six dernières années). Cet été, c’est également de cette manière que devra réfléchir le board s’il ne veut pas vivre une nouvelle saison galère, en résolvant des problèmes qui traînent depuis longtemps, par exemple un effectif vieillissant (le cinquième plus vieux d’Angleterre), la fébrilité défensive et le manque de créativité (depuis 2015, le joueur qui a créé le plus d’occasions pour West Ham est… Dimitri Payet, parti en 2017). Bref, il reste encore beaucoup à faire à West Ham pour que la prochaine décennie ne ressemble pas à nouveau à un mouvement immobile.

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