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Vilanova, la douce transition

Par Léo Ruiz
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Vilanova, la douce transition

Pour l’après-Guardiola, le duo Rosell-Zubizarreta a fait le choix de ne pas tout bouleverser en nommant Tito Vilanova, l’adjoint du Pep, nouvel entraineur du Barca. La continuité, plutôt que la rupture. Pour sa première expérience à ce poste, Vilanova devra faire rebondir la meilleure équipe de ces dernières années.

On attendait Marcelo Bielsa, Laurent Blanc ou Luis Enrique. Sandro Rosell s’est assit face au micro, a pris sa respiration et a lâché le morceau. « Le prochain entraineur du FC Barcelone sera Tito Vilanova » . Boum. Depuis le mois d’octobre dernier, lorsque Guardiola s’est présenté dans le bureau de son président pour lui annoncer qu’il n’était pas sûr de continuer, le duo Rosell-Zubizarreta réfléchit à sa succession. Le choix, c’est la continuité. A Barcelone, joueurs et supporters connaissent très bien Vilanova, l’adjoint. Le Catalan pur et dur. Né à Bellcaire, formé à la Masia, Tito n’a jamais été un grand footballeur. L’équipe pro du Barca étant bien trop forte pour lui, il s’en est allé naviguer dans les divisions inférieures espagnoles (26 matchs en Liga seulement, avec le Celta Vigo), avant de se tourner définitivement vers là où il est le plus à l’aise, le banc de touche. Sa carrière de joueur terminée, Tito rentre à la maison, à Barcelone, où il retrouve la Masia, puis Guardiola. Le duo prend forme avec l’équipe réserve du Barca en 2007. Un an plus tard, le Barcelona B est promu en troisième division et la paire catalane Guardiola-Vilanova remplace la doublette hollandaise Rijkaard-Neeskens.

Le changement, c’est pas pour maintenant

Treize (voire quatorze) trophées, une tumeur et un doigt dans l’œil plus tard, Vilanova est donc l’élu. Dans deux semaines, il sera pour la première fois de sa vie le numéro un, à 42 ans. Comme Guardiola, Tito va découvrir le poste d’entraineur sur le banc d’une des meilleures équipes du monde. D’ailleurs, le Pep est pour beaucoup dans la nomination de son bras droit. « Pep me disait que le plus important c’était l’idée, le jeu, ce qui nous rend différents. Comment on veut que notre jeu prenne forme, avec l’intégration des joueurs de la maison. La question était alors, qui pouvait le remplacer ? Il a été généreux avec moi pour me donner les bonnes pistes » , explique Zubizarreta, directeur sportif des blaugrana. La bonne piste, c’est donc la solution interne. « Il est différent de Guardiola, mais travaille de la même manière » , poursuit l’ancien portier de la Roja. En gros, le changement, c’est pas vraiment pour maintenant. Ce Barca couronné de succès, Messi en numéro 9, l’expérimentation de la défense à trois, les Pedro, Busquets, Thiago Alcantara, Cuenca, Tello, c’est aussi lui. Les deux gros échecs de l’année, la perte de la Liga et de la Ligue des champions, ne remettront pas en cause la philosophie de jeu du Barca.

Innover, avec les mêmes

Cette nomination va aussi faire quelques déçus. Tous ceux qui se lassaient des matchs de handball du Barca, ces supporters qui espéraient un vrai numéro 9 pour être capable de changer de schéma tactique au cours d’un match, quand Messi et Iniesta ne trouvent plus les espaces, quand les enchainements catalans deviennent trop prévisibles. C’est d’ailleurs le grand défi de Vilanova. Innover, avec les mêmes. Après des années de domination outrageuse du Barca, ses adversaires ont commencé à y voir plus clair, à trouver le moyen de le contrer. Profiter des espaces laissés par la défense à trois, puis resserrer le bloc et isoler tant qu’il se peut Messi. Chelsea l’a fait en C1, le Real en Liga. Vilanova doit en tirer les leçons. Dans la continuité, il devra apporter sa différence. Du neuf. De l’alternance. Il pourra aussi compter sur un joueur qui a beaucoup manqué au Barca depuis plusieurs mois, David Villa, et probablement sur l’arrivée d’un arrière gauche capable de dynamiter son couloir (Bale ou Jordi Alba). Vilanova va passer de l’ombre à la lumière, et découvrir la pression, la vraie. « C’est à la fois un pari simple et risqué » , résume Zubi. Une sorte d’après-Pep en douceur.

L'OL patauge dans la semoule

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