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Laporte, comme à la maison

Par Tom Binet
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Laporte, comme à la maison

Cinq ans après avoir décidé de jouer pour l'Espagne, Aymeric Laporte s'apprête à défier l'équipe de France sur la plus belle scène internationale. Encore une fois. Une habitude désormais pour le défenseur central, impérial depuis l'entame de cette Coupe du monde.

Agen aura-t-elle le cœur qui balance, mardi soir sur les coups de 21 heures ? Si la ville de naissance d’Aymeric Laporte – et tous ceux qui ont vu grandir le défenseur central de l’Athletic Club – ont déjà vu le film à plusieurs reprises, on ne s’habitue jamais vraiment à voir son héros se battre pour le camp d’en face. Celui qui a choisi de jouer pour la Roja en 2021 s’apprête à défier les Bleus pour la quatrième fois, après la finale de Ligue des nations 2021 et les demies de l’Euro puis de cette même Ligue des nations, plus récemment (2024 et 2025). Deux bons souvenirs et un plus difficile, donc. Mais que se serait-il passé si Didier Deschamps lui avait offert ne serait-ce que quelques minutes en octobre 2016 face à la Bulgarie ou les Pays-Bas ? Ou surtout quelques mois plus tard, en mars 2017, lorsqu’il avait regardé Samuel Umtiti et Laurent Koscielny tenter de tenir la baraque lors d’un amical contre… l’Espagne ?

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Près d’une décennie plus tard, c’est peu dire que la question ne hante plus les nuits d’Aymeric Laporte. Il faut dire qu’entre temps, le garçon a convaincu toute la péninsule ibérique, été sacré champion d’Europe et passé le cap symbolique des 50 capes voici quelques jours face au Portugal. Un líder, un vrai. « Ce sera une rencontre très spéciale pour moi mais comme je l’ai toujours dit, je suis très concentré et je suis à 100 % voire à 300 % avec l’Espagne », affirmait-il auprès de la sélection espagnole à quelques jours du premier duel avec les Bleus, à une époque où il devait encore se justifier d’un tel choix.

Au début, quand j’ai changé de nationalité et tout le reste, il y a eu pas mal de critiques.

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Une volonté qui n’a clairement pas été comprise tout de suite de part et d’autre des Pyrénées. « Au début, quand j’ai changé de nationalité et tout le reste, il y a eu beaucoup de commentaires, pas mal de critiques, ce qui est compréhensible, rejouait-il plus récemment, toujours pour les médias de sa nouvelle fédération. Mais j’avais tout bien réfléchi, ma famille aussi, j’en ai parlé avec eux avant de venir et depuis, tout s’est très bien passé. » Il faut dire que l’ancien rempart de Manchester City s’est empressé d’y mettre les formes sur le pré, devenant très vite l’un des indéboulonnables de Luis Enrique, puis de Luis de la Fuente après lui. Un lascar capable de s’ériger comme l’un des repères d’une défense en plein passage de témoin générationnel. Jusqu’à partir aux États-Unis dans la peau du grand frère prêt à épauler la pépite Pau Cubarsí.

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La conquête de l’ouest

Depuis qu’il a posé le pied sur le sol nord-américain, Laporte s’est appliqué à faire taire les sceptiques ; quiconque qui estimerait qu’à 32 ans et après un détour par l’Arabie saoudite il n’avait plus en lui les qualités pour guider une défense de ce niveau. Comme toute prouesse depuis 20 ans avec l’Espagne, ne pas avoir encaissé le moindre but avant les quarts de finale tient avant tout de l’accomplissement collectif. Mais s’il devait être symbolisé par un homme, ce serait l’Agenais. La deuxième qualification de l’histoire de la selección pour une demi-finale mondiale doit d’ailleurs beaucoup à son impressionnant sauvetage face à la Belgique. « L’esprit de l’équipe, le jeu que l’on produit, c’est par qu’on est tous ensemble », se réjouissait-il auprès de Bein Sports une fois la bataille remportée.

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Et ce juste avant de faire passer un message : l’identité du prochain adverse sur la route de ses conquêtes américaines n’a pas vraiment d’importance. Quand bien même il aurait un visage familier. « La France est l’une des équipes favorites. Ils ont de grosses individualités. Il faut qu’on fasse notre boulot et qu’on produise notre meilleur jeu. » Circulez, il n’y a plus rien à voir. Comme face au Maroc avec le cas d’Issa Diop (et d’Ayyoub Bouaddi dans un autre secteur de jeu), l’équipe de France va donc croiser le fer avec l’un de ses enfants. Un joueur qui a porté ses couleurs à l’adolescence avant de choisir un autre chemin, notamment parce qu’elle n’avait pas de place à lui consacrer. Ce qui dit aussi beaucoup de la force d’une génération bleue si exceptionnelle qu’elle a pris l’habitude de déborder chez les autres. Attention au retour de flammes.

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Par Tom Binet

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