- Football gaélique
En Irlande, la France fait des pieds et des mains pour la Coupe du monde

Loin des strass et paillettes américaines, la Coupe du monde de football gaélique débute ce lundi, en Irlande à Waterford. Durant une semaine, l’équipe de France va tenter d’aller accrocher le titre mondial qui lui avait échappé de peu trois ans plus tôt.
Et si, la même semaine, deux équipes de France décrochaient chacune leur étoile mondiale ? L’idée fait sourire, mais elle est prise très au sérieux du côté des Bleus du foot gaélique, ce sport à la croisée du football et du rugby et dont la Coupe du monde se tient en Irlande, où il est très populaire, du 13 au 18 juillet. Dans ce tournoi, pas de Kylian Mbappé, Michael Olise ou Ousmane Dembélé, mais une revanche à prendre sur le mauvais souvenir de la dernière édition. « Il y a trois ans, nous avions perdu en finale (7-10) contre Sean Mc Dermotts (une équipe anglaise, NDLR), pose le capitaine Arnaud Vitrai. On a ce désir de revanche, et on a le niveau pour être champion du monde. »
Jours de congé et cagnotte en ligne
Contrairement à la bande de Didier Deschamps qui a pu peaufiner sa préparation dans le cocon de Clairefontaine, ces joueurs qui jouent avec les pieds et les mains (bizarre, non ?) n’ont pas le temps de régler les automatismes pendant plusieurs jours, en arrivant seulement ce week-end sur place. Ils connaissent les lieux, après avoir eu le droit à trois petits stages au cours de la saison, dont un en Irlande pour se mettre en condition au pays du whisky, où on leur a filé « quelques petits tips pour se préparer à la compétition », raconte Arnaud Vitrai, kiné dans la vie de tous les jours. Les locaux n’avaient aucune raison de faire les mystérieux, les Irlandais étant tellement au-dessus de la mêlée qu’ils ne participent à la compétition. Mieux, ils ont leur propre tournoi, le All-Ireland.
Chaque joueur devra payer entre 150 et 200 heures de sa poche pour boucler le voyage.
Revenons à nos sheeps et à ce qui attend les Français ces prochains jours. Un calendrier dingue « avec deux à trois matchs de deux fois dix minutes », précise Stephen Hegarty, joueur et secrétaire général de la Fédération des sports gaéliques qui a raté la compétition il y a trois piges à cause du fameux ligament croisé. Comprendre : la phase de poules du lundi au mercredi (pas le temps de s’ennuyer ou de compter les purges), puis les matchs couperets jusqu’à la finale. Il n’y a pas 48 prétendants comme de l’autre côté de l’Atlantique, mais tout de même 36 équipes rêvant d’aller au bout.
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La comparaison avec la Coupe du monde qui anime ce début d’été s’arrête là. En Irlande, pas d’hôtel chic, pas de staff ultra développé, pas de Shakira ou de David Beckham avec son immense verre de vin en tribunes, mais des joueurs amateurs qui doivent s’arranger pour pouvoir être de la partie. « Tous les joueurs doivent poser des jours pour participer à la compétition », raconte le capitaine français, qui se satisfait volontiers de pouvoir séjourner dans un hôtel très classique au milieu de touristes et de lambda. « Chaque joueur devra payer entre 150 et 200 euros de sa poche pour boucler le voyage », ajoute Stephen Hegarty, confirmant que les quelques sponsors et une cagnotte en ligne ne suffisent pas à couvrir l’intégralité des frais.
En France, le foot gaélique gagne du terrain
Attention, tout ne ressemble pas à une galère quand on parle de foot gaélique dans l’Hexagone. En France, le nombre de licenciés a bondi de 60% en l’espace de trois ans, avec plus d’un tiers en Bretagne, profitant notamment de l’essor des équipes féminines. Les Bleues seront d’ailleurs elles aussi du voyage pour leur Coupe du monde à elles, qu’elles comptent bien ne pas vivre comme de simples figurantes. D’après Stephen Hegarty, né d’un père irlandais et d’une mère américaine, elles « ont de grandes chances de bien figurer dans le tournoi », à l’image de Mbappé, Dembélé et compagnie dans leur quête de la troisième star. Pour expliquer ce boom de licenciés, le secrétaire général de la fédé estime que « les gens aiment bien découvrir de nouvelles pratiques, surtout en fin de carrière, quand on est un peu lassé du sport qu’on a fait toute notre vie ». Ancien footballeur, Stephen Hegarty a également trouvé dans le football gaélique « un autre état d’esprit » que dans le ballon rond classique, mettant en avant l’ambiance qui « s’est dégradée au fil des années ».
Le foot, celui tel qu’on le suit au quotidien, n’est quand même jamais très loin. Dans une autre vie, Stephen s’était retrouvé traducteur pour les espoirs norvégiens à l’occasion d’un match contre les Bleuets, ce qui le renvoie à une anecdote. « Je m’étais retrouvé à côté des vestiaires, c’était la position idéale pour réclamer un maillot, j’hésitais entre celui d’Elye Wahi et de Michael Olise, raconte-t-il. Étant supporter de Caen, j’ai choisi celui de Wahi (l’attaquant a été formé dans le club normand, NDLR). » Un brin de regret dans la voix, pendant que le capitaine Vitrai considère Mickaël Bonnet comme le Olise de l’équipe, « un très bon attaquant qui ne ménage pas ses efforts ».

La période est rêvée pour jouer aux comparaisons avec les gars actuellement à Boston. Chacun se trouve un rôle similaire ou une ressemblance avec un demi-finaliste de Coupe du monde. Le dénommé François Faraldo serait un pur profil à la Dayot Upamecano : « Il est vraiment dur sur l’homme. Franchement, je n’ai pas envie de l’avoir sur le dos. » Très humble, Arnaud Vitrai n’est pas du genre à se comparer à Mbappé malgré le brassard qui entoure leur bras gauche à tous les deux. Stephen Hegarty voit la même façon de fédérer autour de lui que le Kyks ne le fait depuis le début du Mondial : « C’est un très bon capitaine. Il fait en sorte que tout le monde se sente bien dans le groupe. Il a une vraiment bonne façon de fédérer. » Pourquoi pas une parade en commun sur les Champs-Élysées si tout se passe à merveille ?
Pronostic France Espagne : analyse, cotes et prono Coupe du mondePar Evan Margerin
Tous propos recueillis par EM













































