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Upamecano, roc nation

Par Tom Binet
4' 4 minutes
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Upamecano, roc nation

Il lui aura fallu du temps, mais c’est désormais un fait : en 2026, Dayot Upamecano est le patron de l’arrière-garde française. Dans une équipe louée pour sa force de frappe offensive, le Munichois est l’un des maillons les plus importants de ces Bleus.

Certains débarquent en sélection comme une évidence, une validation de leur immense talent balancé aux yeux de tous dès leurs premiers pas devant une caméra. Pour beaucoup, la trajectoire est moins rectiligne. Un premier orteil trempé dans ce bouillon qu’est le football de haut niveau, des paliers franchis plus ou moins difficilement, des doutes avant la confirmation. Dayot Upamecano appartient plutôt à la deuxième catégorie. En club (un exil à Salzbourg avant de se faire un nom en Allemagne) comme en sélection, où après avoir fait ses débuts en septembre 2020, il reste une année entière sans être appelé par Didier Deschamps. Tant pis pour l’Euro 2021, le gamin d’Évreux attendra le Mondial au Qatar pour commencer à se faire un nom. Quatre ans plus tard, Raphaël Varane n’est plus dans les parages, et la défense bleue a un nouveau patron.

Upamecano va piano, Upamecano va sano

Depuis que l’équipe de France a posé le pied sur le sol américain, le jeune homme qui bégayait à chaque prise de parole face à la presse, capable de sautes de concentration en plein match, semble bien loin. Il a laissé place à un défenseur sûr de lui, particulièrement solide au duel. Une impression de puissance disséminée dans son sillage tout au long de son incroyable saison sous la tunique du Bayern. « Vu de l’extérieur, les gens pensent que je suis timide, que je parle peu. C’est sans doute lié au fait que j’ai parlé publiquement de mon bégaiement. Mais les gens qui me connaissent vous le diront. Je peux parler, bien sûr. C’est impossible de jouer au Bayern sans parler ! », s’exclamait-il à l’automne dernier lors d’une interview accordée à L’Équipe.

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À l’instar de Varane avec le Real Madrid ou de Samuel Umtiti à Barcelone, Upamecano s’est servi de son arrivée en Bavière pour devenir un autre homme. Au point d’apparaître aujourd’hui comme l’un des rocs les plus solides sur lesquels l’équipe de France ait pu s’appuyer depuis bien longtemps. Dans la lignée de Marcel Desailly ou Lilian Thuram, ces monstres qui soutiennent tout l’édifice pour lui permettre de s’élever vers les plus grands sommets. « Il est en mode Umtiti 2018, avec la puissance, l’aisance et la confiance qu’il dégage, osait récemment Basile Boli, toujours dans les colonnes de L’Équipe. J’ai parlé avec Vincent Kompany, qui me disait qu’il lui faisait penser à moi. Mais moi, je n’avais pas ses pieds, il est aussi très fort à la relance, capable de faire des transversales de 30 mètres. »

Captain America

Face au Sénégal pour l’entrée en lice de la bande de DD, l’ancien Valenciennois a impressionné son monde. Alors que William Saliba a traversé l’Atlantique quelque peu fourbu, pouvoir compter sur leur association en charnière centrale est une bénédiction pour le sélectionneur. « Le leader de la défense ? Oui. Il connaît bien William Saliba. Il n’est pas très expressif mais par ce qu’il dégage, le duel, la ressortie des ballons, oui, saluait Deschamps après la victoire face aux Lions de la Teranga. Il prend de la place même si cela a mis du temps. » Associés dès qu’ils sont aptes, les deux hommes se connaissent désormais par cœur. Et quand le Gunner est contraint de souffler contre la Norvège, suppléé par Maxence Lacroix, Upamecano assume.

Une statistique illustre à elle seule son importance : en quatre rencontres, le patron a disputé la bagatelle de 35 duels (pour 19 remportés). Un aspect du jeu dont il s’est toujours délecté. « C’est comme quand un attaquant marque un but, disait-il encore à propos de chaque corps à corps remporté. Je ne refuserai jamais de la vie un duel. » Une confiance en lui toute neuve qui déteint sur ses coéquipiers, lesquels n’hésitent pas à le couvrir de louanges dès qu’ils en ont l’opportunité. Bien conscients que dans cette quête de troisième étoile, le Bavarois s’est taillé l’un des rôles principaux. Au tour des plus grands attaquants de la planète de commencer à bégayer.

Le commentaire raciste de José Luis Chilavert avant Paraguay-France

Par Tom Binet

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