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Sinama-Pongolle: « Je suis un cas spécial »

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Sinama-Pongolle: « Je suis un cas spécial »

9. C'est en nombre d'années, le temps qu'il a fallu à Florent Sinama-Pongolle pour revenir taquiner du ballon en France. Journée presse oblige, c'est entre deux sollicitations qu'il a pris le temps de parler des Verts, d'Espagne et bien sûr d'Anthony le Tallec.

Tout d’abord, quelles sont tes impressions 9 ans après ton départ de France ?

C’est déjà un vrai bonheur. Je suis content de revenir après avoir acquis de l’expérience dans des championnats étrangers. Le fait d’avoir été contacté par Saint Etienne, de sentir que je peux être important dans cette équipe c’est ce qui m’a convaincu.

Justement comment se sont passés les contacts avec Saint Etienne ?

Ca ne pouvait qu’être cette équipe. 3 ans auparavant, j’ai déjà eu des contact avec Monsieur Caiazzo qui me voulait, mais à l’époque je voulais continuer en Espagne. Aujourd’hui, j’ai pu, en plus, m’entretenir avec Monsieur Romeyer et le coach. L’intérêt était réciproque donc ça a facilité les choses.

Pourquoi as-tu pris la décision de revenir que maintenant ?

Avant je ne ressentais pas le besoin de revenir. Je voulais continuer mon expérience espagnole. Là c’est différent, Saint Etienne m’a de nouveau appelé, ils sont revenus à la charge et je n’ai pas pu refuser.

Quelle est la nature de ton contrat chez les Verts ?

Je suis en prêt là-bas avec option d’achat. Mais l’important c’est de faire une bonne saison ensuite on verra. Pour rester il faut que j’enchaîne les bonnes performances.

Le fait de voir partir Dimitri Payet et sûrement Emmanuel Rivière tu dois te dire que tu as les moyens de jouer une saison entière, mais ne t’inquiètes-tu pas du manque de compétitivité de Saint Etienne ?

Il faut faire avec. On ne va pas dépendre d’un joueur ou deux pour faire une bonne saison. C’est le groupe qui va permettre tout ça. Qu’il y ait des départs, ou de nouveaux arrivants, il faut qu’on se prenne en main pour que les choses se passent pour le mieux. Mais ça j’en suis persuadé.

Jusqu’en 2008 tu fais deux saisons énormes avec Huelva, avec en prime une sélection en A’, puis tu pars à l’Atletico Madrid et là ta carrière rebat de l’aile. Avec le recul c’était une erreur d’y aller ?

Non pas du tout. Au bout de quatre journées je suis le meilleur buteur de la Liga. Puis Forlan revient de blessure. Pour son premier match il met un doublé et comme c’est la star de l’équipe il a eu la confiance du coach. Cette expérience m’a permis de gagner en maturité. Si quelqu’un est devant et qu’il est en réussite alors il n’y a pas photo. Cela m’a permis d’accepter certaines choses et de ne pas critiquer parce que je ne jouais pas.

Après c’est le Sporting…

Là aussi, je ne commence pas trop mal. Mais quelques mois après mon arrivée, j’ai été victime d’un grave problème personnel alors j’ai mis ma carrière entre parenthèses. Finalement j’atterris à Saragosse. Je fais, encore, un bon début de saison. Mais on avait un effectif très jeune, alors on s’est battu toute l’année pour éviter la relégation. Comme il n’y pas avait pas d’option d’achat je suis revenu à Lisbonne. Mais pas pour très longtemps. En effet, tout a changé là-bas et il y avait une volonté réciproque entre le nouveau président et moi-même de ne pas continuer.

Quelles sont les différences de préparation entre l’Espagne et la France ?

C’est assez différent. En France la préparation est axée sur le physique, afin qu’on soit prêts pour la saison à venir. Ce n’est vraiment pas le même football. On dit qu’en France c’est le championnat le plus physique et c’est vraiment le cas. J’entends aussi qu’il n’y a pas beaucoup de spectacle, mais à part le Barça, qui est une équipe d’extraterrestre ou les grandes équipes, c’est le football qui est comme ça. Ce qui se démarque bien aussi, c’est le côté formation. Les jeunes viennent faire des séances d’entraînement avec les pros et ça c’est super intéressant.

Tu vas retrouver Anthony Le Tallec. Vos carrières ont pris des chemins différents depuis Liverpool, mais finalement vous vous retrouvez cette saison en Ligue 1. Vous vous êtes un peu parlés ?

Oui on s’est un peu parlés au téléphone. Nos carrières ont, effectivement, pris des chemins différents, lui est revenu en France assez tôt tandis que moi je suis parti un peu plus tard en prêt à Blackburn, mais c’est sympa de se retrouver en Ligue 1. On a un peu parlé de nos retrouvailles, mais avec Anthony quand on s’appelle on parle de la famille, des enfants et plus trop de foot.

Avec le recul conseillerais-tu aux jeunes de quitter si tôt leur centre de formation ?

Mon expérience est un cas un peu spécial. Il y avait une clause dans mon contrat au Havre qui disait qu’en cas de descente je partais à Liverpool. C’est ce qu’il s’est passé. Maintenant je pense qu’il m’a manqué un ou deux ans de formation. Donc vu les conditions offertes aux jeunes, il ne faut pas qu’ils précipitent les choses et qu’ils attendent d’être murs avant de partir.

Propos recueillis par Nicolas Bach

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