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Que faire de Lucho ?

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Que faire de Lucho ?

Le milieu de terrain de l'OM est sur le départ. Et cela risque de durer, puisque les acquéreurs ne se bousculent pas vraiment au portillon. Dommage pour le club, qui avait déjà préparé la suite.

L’espace d’une action, lorsqu’il est rentré en jeu face à Montpellier vendredi dernier, en combinant élégamment avec le prometteur Omrani, Lucho a rappelé à tout un public qu’il était toujours capable de gestes de grande classe. Mais personne ne l’a vraiment relevé. D’abord parce que c’était son seul signalement en 45 minutes de jeu. Surtout, coéquipiers, staff technique et simples supporters de l’OM ont déjà la tête ailleurs. Même état d’esprit pour Didier Deschamps, l’entraineur qui l’avait défendu envers et contre tous la saison dernière, avec notamment un célèbre « dans une équipe, il ne peut y avoir trois ou quatre chefs d’orchestre, sinon c’est la pagaille. Il faut un chef d’orchestre et des musiciens » . Tout juste si les gros tifos à la gloire d’ « El Commandante » ne sont pas partis au recyclage.

Le tournant a évidemment eu lieu au milieu du mois de mars dernier, avec la réception du Paris Saint-Germain. 48 heures avant la rencontre, l’Argentin est victime d’un home-jacking. Pas dans l’état pour démarrer la partie, il est mis exceptionnellement sur le banc par son coach. Sur le terrain, Valbuena le remplace. Poste pour poste, mais ça change tout. Petit Vélo joue numéro 10, Cheyrou et M’Bia se concentrent sur la récupération. En première période, l’OM se déchaine, les quatre éléments offensifs (A.Ayew, Gignac, Rémy et donc Valbuena) ne cessent de se trouver. A la fin du match, Deschamps connait déjà la première question qui va lui être posée en conférence de presse. Il désamorce : « Je vois où vous voulez en venir. Je n’enterre pas Lucho » . Mais à la fin de la saison, le Basque a bien réfléchi. Il a d’abord vu que son joueur, peut-être fragilisé par son statut de “fils du coach”, s’est peu à peu isolé du reste du groupe. C’est peu dire que sa sortie médiatique de janvier ( « Je peux faire une passe décisive, mais si l’attaquant ne la met pas au fond, ce n’est pas une passe décisive… » ) a mal été digérée par ses coéquipiers. Mais comme le mercato ne démarre qu’en mai, Deschamps a serré les dents. Et dès qu’il l’a pu, il a très vite modelé son effectif pour retrouver le jeu aperçu contre le PSG. Il a dorénavant quatre joueurs pour jouer aux numéros 6 (la paire Diarra-Cheyrou ainsi que M’Bia et Kaboré en suppléants), ce qui lui faisait tant défaut l’an dernier. Valbuena va donc pouvoir jouer en dix, et puisqu’une saison ne se fait pas avec un seul schéma, Amalfitano pourrait rendre de fiers services, voire un peu plus, et jouer au relayeur avec son pote André Ayew juste à côté. Les combinaisons, sans Lucho Gonzalez, sont multiples.

Le joueur désire donc partir et le club veut s’en séparer. Mais l’affaire est loin d’être simple. A la Commanderie, on aimerait bien rentrer dans les frais de l’investissement de 24 millions d’euros (parce qu’il faut compter les bonus) engagé il y a deux ans. Même si au regard de sa dernière saison, le joueur en vaut tout juste le cinquième. Après avoir joué la montre et affirmé que le joueur n’avait jamais demandé à partir, Deschamps et Anigo ont abattu la carte de la stratégie : oui, on veut qu’il parte… pour recruter un grand attaquant. Du côté de l’agent de Lucho, on bombe le torse et on sort sa fierté : « Voir Lucho rester à Marseille n’est pas une possibilité. Nous avons des contacts en Italie et en Angleterre avec beaucoup d’équipes intéressées » . Avec son profil atypique de passeur, un Lucho en forme pourrait s’intégrer à presque n’importe quelle équipe du Calcio. Pour l’instant, c’est juste un joueur qui a raté sa saison et dont le salaire exorbitant attise encore les railleries. Le coup du délai s’apparente donc à un leurre, ni plus ni moins. Si une proposition de 5 millions d’euros arrive le 31 août, il y a fort à parier que l’Argentin partira. Même si l’OM souhaite le voir partir au plus vite, il n’a pas vraiment le choix. Reste à espérer qu’un président craque sur ses tatouages au mollet, ses cheveux au vent et son surnom hyper-classe. Finalement, peut-être que vendre Lucho en package avec les tifos à sa gloire faciliterait les choses…

Romain Canuti

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