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  • L2 – Nantes/Guingamp (4-0)

On était à La Beaujoire

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On était à La Beaujoire

Le FC Nantes du très contesté Waldemar Kita quitte la dernière place du classement de L2, profitant de l'offrande offerte par le trop gentil voisin guingampais. On a assisté au match, au cœur des 12 000 spectateurs de La Beaujoire.

« 44 = BZH ! » Obscur à ceux qui ne suivent rien à la géopolitique du grand-Ouest français, ce graff tracé en quelques endroits de la rocade nantaise signifie que le département de Loire-Atlantique – numéro 44 donc, dont Nantes est le chef-lieu – appartient historiquement à la Bretagne – initiale BZH – et non aux Pays de la Loire. C’est ça et « BZH vaincra » , aussi. La venue du promu guingampais constitue donc bien une forme de derby régional. Enfin, bien moins chaud tout de même qu’un Rennes/Nantes ou qu’un Guingamp/Brest, on est d’accord. De chaleur d’ailleurs, il n’y en a pas eu du tout, car après un weekend de canicule (si, si!), un vent de fraîcheur s’est installé en ce lundi-soir, et la pluie est tombée drue une bonne partie de la journée. Au point qu’on a pu se demander un moment si le match allait bien avoir lieu. Au point aussi qu’un spectateur amateur de jeu de mots ose renommer pour un soir La Beaujoire « stade de La Baignoire » . C’est dire si ça rigole.

L’enceinte érigée en 1984 a pu constituer un moment un fleuron de l’architecture sportive à la française, mais force est de reconnaître qu’elle a aujourd’hui pris un bon coup de vieux dans la gueule. Accueillant à bras ouverts les bourrasques de vent, elle a déjà nettement moins de succès s’agissant des spectateurs, puisqu’ils ne sont qu’à peine plus de 12 000 à poser leur séant sur un des 37 000 sièges qu’elle compte au total. En conflit avec la direction, le groupe de supporters de la Brigade Loire fait grève pour une durée indéterminée et c’est donc sans kop ni encouragement collectif que le public accueille son équipe au coup d’envoi. Du côté du parcage visiteurs, c’est autre chose avec une solide garnison de Guingampais, menée par le Kop Rouge. Ils déchantent vite néanmoins, puisqu’après une bonne entame, les visiteurs encaissent un premier but : perte de balle un peu conne sur une touche, récupération de Wiltord qui lance Veretout dans le trou béant laissé par la défense adverse, 1-0 (19e). Puis c’est le break, avec ce bon vieux Syl Wiltord à la conclusion cette fois ; il se fait oublier en furet des surfaces au second poteau et dévie un coup-franc indirect. 2-0 (35e), et deuxième « Aouuuuuuuuuuuh ! » de la soirée pour le speaker, une spécialité locale pour annoncer les buts canaris. Il y en aura deux autres après la pause par Raspentino d’une superbe frappe en pleine lunette (69e) puis par Vivian de la tête, qui profite d’un bon travail de Cissokho sur son côté droit (72e). Une deuxième période disputée à 11 contre 10, Diallo pour Guingamp ayant été sorti pour avoir récolté deux cartons jaunes.

Voilà. A défaut d’avoir complètement rassuré du point de vue du fond de jeu, Nantes a enfin offert un peu de sourire à son public dépressif. Grâce à ce succès, l’équipe quitte aussi la dernière place pour remonter directement à la treizième, les joies du début de saison. Wiltord a été chaleureusement applaudi à sa sortie, tout comme le récemment transféré Jean-Jacques Mandrichi à son entrée. Celui-là même dont Waldemar Kita voudrait déjà se séparer. Une banderole a d’ailleurs été adressée au sémillant président en début de match : « Il faut partir maintenant » . Simple et limpide. Côté guingampais, la perte récente du défenseur Bakary Koné, parti à l’OL, fait mal, très mal. A se demander si son départ a bien été anticipé, tant les alternatives à son poste paraissent faibles. Sinon on sent bien chez le promu la patte de leur entraîneur Jocelyn Gourvennec, avec une volonté affichée de faire vivre le ballon et de se faire des passes, mais le manque criant d’expérience et d’impact coûte cher. Le jeu produit en a été rendu fadasse. Fadasse comme le beurre sans sel. BZH Powa.

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