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Nolan Roux : « Je ne joue pas au foot pour être reconnu dans la rue »

Propos recueillis par Maxime Brigand, à Châteauroux
Nolan Roux : «<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>Je ne joue pas au foot pour être reconnu dans la rue<span style="font-size:50%">&nbsp;</span>»

À 34 ans, Nolan Roux débute vendredi soir, à Gaston-Petit, la quinzième saison professionnelle d'une carrière qui a explosé à Brest, dont la suite aurait pu s'écrire à Schalke aux côtés de Raúl, mais qui l'a finalement vu voyager de Lille à Châteauroux en passant par Saint-Étienne, Metz, Guingamp ou encore Nîmes. Il était temps de se poser avec l'une des gâchettes de la dernière décennie et un homme qui a toujours eu un regard ciselé sur un milieu qu'il a toujours su regarder avec beaucoup de recul. Entretien XXL.

Qu’est-ce qui fait encore courir un footballeur de 34 ans ? Le plaisir d’être sur un terrain. Avec l’âge, on peut devenir un peu plus exigeant, mais notre premier plaisir reste le même : jouer chaque minute, de chaque match, chaque week-end. Maintenant, plus on avance, plus on découvre aussi une autre forme de plaisir, comme celui de glisser deux ou trois mots aux jeunes pendant un match ou à la mi-temps, d’être heureux lorsqu’ils appliquent tes conseils et que ça fonctionne pour eux. C’est généralement des petits trucs qu’on m’a donnés il y a quinze ou vingt ans, qui m’ont servi et que je suis content de partager. Je suis pro depuis maintenant quatorze ans, donc quand je vois un jeune attaquant rentrer aux vestiaires avec la tête baissée parce qu’il a raté sa première mi-temps, je sais ce qu’il ressent.

À travers mes yeux de gamin, footballeur n’était pas un métier. Quand mon père était pro, je pensais qu’il avait un boulot à côté. Je savais qu’il jouait parce que j’allais le voir jouer le samedi, mais pour moi, la semaine, il faisait autre chose. Je ne réalisais pas trop…

Il n’y a aucune forme de lassitude ? Non, j’ai toujours la même envie. Ce qui change, c’est que certains matins, tu te lèves en ayant un peu plus mal au dos, que tu découvres parfois de nouvelles douleurs (Rires.) L’environnement a aussi évolué. Une préparation en 2022 n’a, par exemple, rien à voir avec une préparation de 2008 ou de 2012. Avant, on partait tous à sept heures du matin, à la même allure, pour 45 minutes, et celui qui était dernier faisait le double. Aujourd’hui, c’est plus spécialisé en fonction de ton poste, de ton cardio, du résultat de tes tests. On a un GPS sur le dos, les charges de travail sont calculées… J’ai vu ça évoluer progressivement et je connais davantage mon corps. Je sais les charges que je peux faire en début, en milieu et en fin de semaine pour être au top le jour du match. Pour l’instant, je peux encore avancer, donc tant mieux.

Pourquoi être venu à Châteauroux l’été dernier ?Je marche au feeling depuis le premier jour. Au début, ce n’était pas mon envie première de signer à Châteauroux, mais j’ai eu Marco Simone au téléphone, qui a réussi à réveiller le gamin en moi. Il m’a présenté le projet de jeu, le projet du club, j’ai vu que ce n’était pas n’importe quoi et je me suis laissé tenter.

Ton père a été l’un des buteurs du club dans les années 1990, tu connaissais donc déjà la ville. Oui, et la ville n’a pas beaucoup changé. Je me souviens être allé au stade Gaston-Petit le voir jouer, de la maison où on habitait, de mon école. J’ai quelques images de lui qui marque des buts face au kop de l’époque. Petit, j’ai aussi joué un peu au foot à Châteauroux avec Romain Grange et Razak Boukari. Les parents de Romain et les miens étaient très proches, donc j’allais souvent chez lui après les plateaux, on était très souvent ensemble. Comme lui était milieu de terrain et moi attaquant, c’était forcément un plus de bien s’entendre.

On a parfois le sentiment que tu es presque devenu footballeur par défaut, que ce n’était pas forcément un rêve absolu pour toi.À la base, non, c’est vrai, parce qu’à travers mes yeux de gamin, footballeur n’était pas un métier. Quand mon père était pro, je pensais d’ailleurs qu’il avait un boulot à côté. Je savais qu’il jouait parce que j’allais le voir jouer le samedi, mais pour moi, la semaine, il faisait autre chose. Je ne réalisais pas trop. J’ai compris sur ses dernières saisons en fait et j’avais même souvent la pression pour lui quand j’allais le voir jouer. Quand il ratait une occasion, j’entendais les gens autour et ça me prenait au ventre. En plus, c’est quelqu’un qui tirait les penaltys. Je me souviens d’un, tiré à la dernière seconde d’un match crucial pour Beauvais, qui se battait pour ne pas descendre : l’attente a été extrême, il y avait tous mes coéquipiers du foot à côté, qui me demandaient si je pensais qu’il allait marquer… Il avait marqué, mais il avait aussi vu après que ça m’avait travaillé physiquement, donc il avait demandé à son coach de l’époque si je pouvais venir sur le banc pendant un match. Il voulait me montrer le foot que personne ne voit : les vestiaires, la vie sur un banc, dans un couloir. J’avais 10-11 ans, j’étais mort de peur.

Pourquoi ?Parce que j’ai vu plein de choses que des jeunes aimeraient bien voir maintenant, sauf que ce n’est plus ouvert comme à l’époque. Je me rappelle l’avant-match, où les mecs se mettaient des gifles pour se motiver. J’ai aussi vu mon père engueuler des coéquipiers à la mi-temps comme moi il ne m’a jamais engueulé. En le voyant, je me suis dit : « Ah ouais, il fait peur là… »

Tu parles de ventre serré, de pression, de mecs qui s’engueulent… Il n’y a aucun moment où tu t’es dit que tu ne voulais surtout pas faire ce job ?Petit, je ne me suis jamais projeté en me disant que je voulais devenir footballeur à tout prix. Je ne voyais pas le côté plaisant d’aller sur un terrain pour courir dans tous les sens, se faire rentrer dedans, potentiellement se faire siffler par des supporters. Même si j’ai toujours joué au foot, je me suis projeté bien plus tard. Il n’y a qu’une année où j’ai fait du judo. Mon père jouait à Rennes et il pleuvait trop, donc je suis allé au dojo. Notre voisin était professeur de judo, je me débrouillais pas mal, mais je suis quand même retourné au foot avec la seule idée de retrouver des potes, rien de plus. Une année, avant d’aller à Lens, on m’a proposé de jouer avec les 16 ans nationaux et j’ai refusé. Pour moi, le foot, c’était le dimanche matin, mes copains, point. Puis, à un moment, on m’a un peu poussé.

Au début, c’était hors de question qu’on me parle du centre de formation. Pourquoi aller dans un endroit, enfermé, loin de chez moi ? À mes yeux, aucun intérêt. N’avoir pour vue qu’un terrain de foot tous les jours, être deux par chambre, aller à l’école en bus chaque matin avec les mêmes mecs, avoir des horaires très stricts, ne pas avoir de jour de sortie, rentrer le week-end pour jouer avec mon club… Bon.

Le centre de formation, ça représentait quoi pour toi ?Au début, c’était hors de question qu’on m’en parle. Pourquoi aller dans un centre, enfermé, loin de chez moi ? À mes yeux, aucun intérêt. Un jour, mon père vient pourtant me chercher au lycée et me dit qu’il a eu au téléphone le directeur du centre de formation du RC Lens. Il nous proposait de venir visiter les installations. Je regarde mon père et je lui dit : « Pour quoi faire ? J’ai 16 ans, je n’ai pas envie d’aller vivre dans un centre avec 50 mecs pour jouer au foot. » Ce n’était pas l’idée de partir qui me faisait peur, parce qu’avec la carrière de mon père, j’ai toujours été habitué à déménager, mais à 16 ans, tu n’as plus trop envie. Tu te construis, tu connais du monde… Mes parents m’ont laissé le choix, ils ne m’ont jamais forcé. Dans un premier temps, j’ai dit à mon père que j’allais réfléchir. Dans ma tête, c’était non, mais je n’osais pas lui dire. J’attends, j’attendais, j’imaginais qu’il finirait par oublier. Tu penses… Il est revenu, m’a dit que Lens n’arrêtait pas de l’appeler, qu’il fallait décider et on y est allé. Sur place, c’était magnifique. La Gaillette, l’histoire, les chambres, mais à travers les fenêtres, on ne voyait qu’une chose : un terrain de foot.

Ça t’angoissait ? C’était un tout. Il y avait cette perspective de n’avoir pour vue qu’un terrain de foot tous les jours, d’être deux par chambre, d’aller à l’école en bus chaque matin avec les mêmes mecs, d’avoir des horaires très stricts, de ne pas avoir de jour de sortie, de rentrer le week-end pour jouer avec mon club… Bon. Je n’ai rien dit. Dans la voiture, silence radio, mais finalement, j’ai accepté. Mon père m’a regardé : « T’es sûr ? Parce que si tu le fais, tu dois le faire à fond, tu ne peux pas reculer dans une semaine. » J’ai persisté et lors du deuxième entraînement, je me blesse au ménisque. J’ai été opéré, ça a assez mal réagi, et je suis resté cinq mois sans jouer, donc dans ma chambre, à regarder les autres par la fenêtre. Autant te dire que je ne suis pas passé loin de tout arrêter. Puis, un jour, alors que quand je revenais de Beauvais le dimanche soir dans la nuit, je me posais des tonnes de questions, je me suis dit : allez, j’écoute mon père, je le fais à fond.

Tu te sentais en décalage avec l’esprit des autres joueurs du centre ?Complètement. La chance que j’ai eue, c’est qu’avant de signer à Lens, j’ai fait une belle saison avec Beauvais et que j’ai été sélectionné en équipe de France des moins de 16 ans. On a été en Irlande et dans le groupe, il y avait trois joueurs du RC Lens, donc en arrivant, je ne me suis pas retrouvé tout seul. En revanche, déjà en équipe de France, j’ai eu l’impression de ne pas vivre dans le même monde. Je ne vois que des mecs costauds, avec les boucles d’oreille, le dernier téléphone, et moi je suis une allumette, qui vient de Beauvais. Ça s’est bien passé, mais j’ai eu le sentiment que les mecs autour de moi avaient un temps d’avance énorme. En arrivant à Lens, pareil, le même sentiment et ma première réflexion, ça a été : c’est mort, je ne serai jamais pro.

Tu étais prêt mentalement à te faire juger toutes les semaines ?Tous les jours, même. La vie d’un centre, c’est particulier. Tu as plusieurs catégories dans le même bâtiment, des joueurs qui ont entre 15 et 18-19 ans. Ça fonctionne par étage et plus tu descends, plus tu t’approches du groupe pro et de la chance d’avoir une chambre tout seul. La première année, tu ne croises que des armoires. Dans les couloirs, tu ne passes pas.

Comment se vit concrètement la concurrence ?Il y a des groupes qui se forment naturellement, mais je n’ai jamais vu ou ressenti une sale concurrence. Ça se passait très bien. J’ai été assez tôt dans le groupe CFA et ça a aussi aidé. C’est bête, mais quand tu commences à t’entraîner avec la CFA, tu es un peu plus respecté par les autres. Quand tu arrives avec les pros, c’est encore autre chose. Au départ, à la fin des séances, ils dégagent les ballons pour que tu ailles les chercher. Il faut que tu apprennes, tu es un peu un cobaye. Quand tu fais un toro, tu as beau récupérer le ballon, tu restes au milieu pendant 25 minutes. Si tu l’ouvres, le coach te dit : « Tu prends ta chasuble, tu t’en vas. » Je me souviens aussi que lors de mes premiers entraînements avec les pros, je me changeais dans un vestiaire à part. Tu te prépares, tu attends que les mecs sortent, tu suis et pendant l’entraînement, tu ne parles pas. Une fois que tu as passé cette petite période, que les mecs t’ont compris et apprécié, c’est trop bien.

Alex Dupont était un grand vivant, qui arrivait certains matins avec sa moto, rouge fluo, parce qu’il avait passé son dimanche en pleine mer. C’est lui qui m’a fait prendre conscience que le foot était très compliqué, mais qu’il ne fallait surtout pas que je mette de côté le plaisir qui m’animait.

Quand tu as signé dans la peau d’une recrue à Brest, en 2009, est-ce que ça a été plus simple pour t’intégrer ?À la base, quand j’arrive à Brest, c’est pour jouer avec la réserve. La saison d’avant, je fais deux entrées en équipe première à Lens – une en Coupe de la Ligue, une en Ligue 2 – donc je ne sais pas vraiment où je mets les pieds, si ce n’est dans un groupe où il y a déjà pas mal d’expérience. Quand Brest m’appelle au printemps 2009, je prends ma voiture, je roule pendant presque huit heures et une fois sur place, grande pluie. Malgré ça, j’ai un bon feeling et derrière, ça se passe vite super bien. J’entre tout de suite dans le moule du groupe dirigé par Alex Dupont, où tous les caractères et toutes les personnalités sont logés à la même enseigne.

Il a quel rôle Alex Dupont là-dedans ?Un grand rôle, parce qu’il ne gère pas seulement un footballeur. Il sait aussi faire très attention à l’homme. C’était un grand vivant, qui arrivait certains matins avec sa moto, rouge fluo, parce qu’il avait passé son dimanche en pleine mer. Il était très humain et c’est lui qui m’a fait prendre conscience que le foot était très compliqué, mais qu’il ne fallait surtout pas que je mette de côté le plaisir qui m’animait. Ça a été un plaisir total.

D’autant que très vite, tu marques, ce qui pour un attaquant est naturellement un laissez-passer obligatoire pour se faire apprécier pleinement d’un groupe.Totalement. En tant qu’attaquant, tu dois arriver à ce que tes partenaires se disent : « On peut lui mettre le ballon là parce qu’on sait qu’il va marquer. » Une fois que tu as ça, ils te font confiance, ils te donnent plus de ballons, tout s’enchaîne.


As-tu eu le sentiment d’atteindre une forme de zone à cette époque-là ?Sur certaines périodes oui. On me parle, par exemple, souvent du but contre Rennes, en avril 2011. Ce but part d’un truc tout bête. Quelques mois plus tôt, on me casse le métatarse contre Marseille. Je reste donc cinq semaines avec un plâtre, je reviens et là, je fais quelque chose qui ne se ferait plus aujourd’hui avec n’importe quel joueur ou n’importe quel coach dans n’importe quel club. Au bout d’une semaine de reprise, Alex Dupont me fait travailler les frappes de loin. Moi, qui adore frapper, j’enchaîne pendant peut-être une demi-heure et je me pète aux quadriceps. Je ne dis rien, c’est de ma faute, c’est comme ça, sauf que sur ce début d’année, je me dis que j’ai fait tellement de rééducation que je peux tirer de n’importe où, que ça ne pètera plus jamais. Je le dis au kiné de l’époque et sur ce match de reprise, j’envoie un missile sans me faire mal.

Comment as-tu vécu l’engouement autour de toi ? Pour moi, c’est quelque chose qui fait partie du métier, mais je n’y ai pas trop prêté attention. Je ne vais pas faire plus de choses parce que je suis connu ou parce qu’on me reconnaît dans la rue. Ça ne change rien à mon caractère. En revanche, je me souviens qu’à Brest, parfois, quand je faisais les courses, des gens prenaient en photo mon caddie. Moi, je rigolais, je laissais les gens faire, ça ne me dérangeait pas (Rires.)

Mais tu trouvais ça bizarre ?Je ne trouvais pas ça bizarre, je comprenais, mais je suis juste différent là-dessus. Petit, quand on voyait un joueur de foot, ça ne me faisait rien. Je comprends, parce que je sais l’importance qu’a le foot médiatiquement, mais tu vois, souvent, on me dit que j’ai une chance énorme d’être joueur de foot. Oui, mais je sauve pas des vies, hein ! J’essaie juste de faire mon boulot du mieux possible, de prendre du plaisir avec l’équipe, de faire de bonnes performances, mais c’est tout. Je ne trouve pas ça aussi valorisant qu’un autre métier.

Tu as déjà été supporter ?Non, jamais. Je n’ai jamais été supporter d’une équipe, j’aimais juste bien Ronaldo, mais rien de plus. Je ne jouais pas non plus aux jeux de foot. Moi, ce qui me plaisait, c’était juste d’être avec mes potes, dehors, de défoncer le grillage de mon père qui gueulait, et voilà. On n’avait besoin de rien. On voulait juste un ballon, point. Aujourd’hui, les jeunes ont 1000 autres choses, mais à l’époque, qu’un pote ait une console, c’était super rare et quand il l’avait, on n’allait pas se mettre à quinze dans sa chambre.

Je ne vois pas pourquoi moi, joueur de foot, je suis plus important que la personne qui fait du pain tous les matins. Du coup, si je rencontre une personne qui me parle de son métier ou de sa passion, j’ai envie qu’elle m’explique, qu’elle me montre. J’essaie de couper, d’aller aux champignons ou à la pêche pour respirer mentalement.

Avec tes potes, tu étais aussi l’attaquant ?J’ai toujours été attaquant. J’ai essayé d’être gardien, mais j’en avais marre de voir les mecs célébrer alors que j’étais à terre. Je ne prenais même pas de plaisir à faire un arrêt, ni à faire un tacle. J’ai vu mon père marquer des buts, les gens exploser de joie grâce à ça, donc il y a forcément eu un impact. Je me demandais : comment est-ce possible qu’en envoyant juste un ballon dans des filets, des gens se lèvent, sont contents, oublient potentiellement leurs soucis de la semaine pendant trois secondes ? J’ai eu envie de connaître ce sentiment, de le ressentir. Rapidement, on m’a mis une étiquette, on m’a dit que je ressemblais à mon père dans le style, dans les attitudes. Ça n’a jamais été un poids, mais un exemple à suivre. D’ailleurs, un mec lui a fait un DVD de ses 101 ou 102 buts. C’est vrai que je me vois sur certains de ses gestes.

Il paraît que vous êtes aussi dans une recherche similaire d’ouverture sur l’extérieur, sur ce qu’il peut se passer en dehors du foot, que vous avez tous les deux un gros besoin de déconnexion.Aujourd’hui, je regarde encore peu de foot à la télé. Je regarde quand je connais un joueur avec qui j’ai joué ou pour regarder le match de l’un de mes anciens clubs. Là, j’ai regardé les débuts de Sainté en Ligue 2, par exemple, mais sinon, une soirée Ligue des champions, non merci. Je m’intéresse à plein d’autres choses. Je peux même dire à tout, en fait (Rires.), et je ne vois pas pourquoi moi, joueur de foot, je suis plus important que la personne qui fait du pain tous les matins. Du coup, si je rencontre une personne qui me parle de son métier ou de sa passion, j’ai envie qu’elle m’explique, qu’elle me montre. J’ai envie de découvrir différents univers et j’ai toujours rencontré plein de gens dans toutes les villes où je suis passé. Mon père a toujours été comme ça aussi. On a besoin de cette coupure. Je n’ai jamais été trop du genre à rentrer chez moi, à rester sur le canapé, à refaire mon match pendant des heures. Attention, je peux ruminer, mais j’essaie juste d’avancer, de couper, d’aller aux champignons, à la pêche, de faire autre chose, pour respirer mentalement.

Tes potes proches sont footballeurs ?J’ai rencontré la majorité d’entre eux avec le foot, notamment à Lens, mais la plupart ne jouent plus aujourd’hui parce qu’à un moment donné, ils ont craqué mentalement ou que la marche a été trop haute. J’ai un pote routier, un autre qui a un restaurant, ils ont une autre vie, mais on est encore très proches.

Tu as le sentiment d’avoir été vraiment plus fort que d’autres mentalement ?Aucun doute. Mentalement, j’ai été plus costaud, peut-être d’ailleurs parce que j’ai accepté de sortir du cadre unique du foot. Je ne peux pas le prouver, mais je sais que voir autre chose m’a toujours aidé à maintenir le plaisir, à conserver une forme de fraîcheur. Finalement, je pense n’avoir jamais eu la pression. Des fois, j’essaie de me dire qu’il y a bien un ou deux moments où j’ai eu la boule au ventre en entrant sur un terrain, mais je ne crois pas.

Même sur une première sélection avec les Espoirs, un match de Ligue des champions face au Bayern ?Je me rends compte de ces choses-là maintenant, mais honnêtement, pendant une carrière, ça va tellement vite. Tu joues un match de championnat, tu te qualifies pour l’Europe, tout s’enchaîne, tu n’as pas vraiment le temps de savourer, de prendre la mesure. Un match face au Bayern, c’est un match à jouer, mais ce n’est qu’aujourd’hui, quand je vois un match du Bayern, que je me dis : « Putain, j’ai joué contre eux quand même, dans ce stade… » Ton cerveau n’oublie pas, mais tu es pris dans un enchaînement d’événements.


Tu regrettes de ne pas avoir profité de certains moments ?Des fois, je me dis que j’aurais peut-être dû savourer davantage certains buts. Ça, c’est pareil : tu marques, tu es content, mais il faut avancer parce qu’une minute après, le match reprend. Tu ne vas pas jubiler pendant quinze minutes. C’est étrange : parfois, tu marques, mais quand tu le célèbres, tu es un petit peu plus sur la réserve, alors que tu ne sais pas si tu vas marquer un autre but lors du match suivant ! Chaque but est différent et chaque but engendre une émotion différente. Celui que je marque avec Brest contre Tours, qui nous permet de monter en Ligue 1, provoque, par exemple, forcément une émotion singulière, parce que c’est un but qui sert plus à quelque chose que d’autres, comme celui avec Lille contre Marseille. Je me souviens aussi de mon doublé avec les Espoirs lors de ma première sélection, mais quand je les revois, je me dis que je n’ai même pas l’air content. Peut-être parce que là-aussi, tout a été très vite. Un stage international, ça dure quelques jours, c’est peu pour construire des liens forts.

Tu as finalement passé ta vie en France alors qu’avant de partir à Lille, tu aurais pu signer à Liverpool ou à Schalke 04. Ça, c’est un petit regret ?Je ne vais pas dire que je regrette, mais c’est vrai qu’une petite expérience à l’étranger ne m’aurait pas dérangé. Après, à l’époque, j’ai notamment tout fait pour aller à Schalke, sauf que le président de Brest a tenu bon. (Rires.) C’est avec Schalke que ça a été le plus concret, mais ce que j’ai su après, c’est que quand j’ai signé à Brest, Gervais Martel, le président de Lens, avait négocié un pourcentage de 50% en cas de revente. À l’époque, je coûtais 50% de zéro, donc ça allait, mais à la fin de ma première saison de Ligue 1, le président de Brest, Michel Guyot, voulait huit millions d’euros parce qu’il savait qu’il ne pourrait en toucher que quatre. C’est pour ça qu’il n’a pas voulu que je parte.

J’ai eu Schalke au téléphone, Raúl m’a même écrit pour me présenter le projet de jeu du club… À l’époque, ils voulaient vendre Klaas-Jan Huntelaar, qui était leur attaquant de pointe, et je devais être son remplaçant. Finalement, je reste, lui aussi et il termine meilleur buteur de Bundesliga. Comme quoi !

Ça n’a pas été aussi simple.Oui, parce que j’ai tenté de faire le forcing. Ce n’est pas un bon souvenir parce que ce n’était pas moi. J’avais la vingtaine, j’avais eu Schalke au téléphone, Raúl m’avait même écrit pour me présenter le projet de jeu du club… À l’époque, ils voulaient vendre Klaas-Jan Huntelaar, qui était leur attaquant de pointe, et je devais être son remplaçant. Finalement, je reste, lui aussi et il termine meilleur buteur de Bundesliga. Comme quoi ! (Rires.) Quand tout était calé, j’ai quand même été voir Michel Guyot et je lui ai dit que je voulais vraiment y aller. Il était clair : « Non, Nolan, par rapport aux gens, je ne peux pas te laisser partir… » À 20 ans, tu ne sais pas gérer ça, donc je lui ai dit que j’allais quand même y aller. J’ai insisté et à un moment donné, il m’a dit que c’était bon. Il m’a tendu la main et au moment de la serrer : « Ah, non, je peux vraiment pas ! Ce n’est pas possible… » C’est des images qui reviennent. Ça me torturait, je ne dormais plus la nuit, un jour ça avançait, un autre ça reculait (Rires.) J’ai même décidé de faire le caïd et de ne pas aller m’entraîner. Le premier jour, personne ne m’appelle. Je me dis : « Ah d’accord, je ne viens pas et personne ne le remarque… » C’est quand tu vieillis que tu comprends pourquoi, mais ça a continué : deux jours, trois jours, quatre jours. Je lisais la presse, rien, comme si j’étais devenu un fantôme. Au bout du cinquième jour, le coach m’appelle : « Allez Nolan, viens, ce n’est pas toi. Viens au moins t’entraîner, tu te fais chier chez toi, non ? » Je ne sortais pas de la maison, je ne voulais pas que les gens me voient, je n’assumais pas mon comportement, j’avais peur de la réaction de mes coéquipiers, des supporters… Quand je suis revenu, ils m’ont plutôt dit que j’avais eu raison d’essayer, que c’était normal. J’ai quand même appelé le président, qui n’avait rien ébruité dans la presse. Un papier est sorti le lendemain de mon retour à l’entraînement, où il était raconté que je boudais et j’ai compris que le président ne lâcherait pas, donc je suis resté, je suis parti avec mon petit sac en stage et la saison a repris. Au début, ça a été un peu dur de faire la bascule. Je m’étais projeté sur un nouveau projet, j’avais commencé à m’imaginer le truc, mais il y avait tellement un bon groupe à Brest que ça a roulé et six mois plus tard, j’ai signé au LOSC pour les huit millions d’euros attendus par le président Guyot.

Pourquoi Lille ? Je connaissais la région, le groupe était top, le projet aussi, le club venait d’être champion de France, tout était parfait. Après Brest, il ne m’a manqué qu’une chose : marquer plus de buts. Un attaquant a toujours des périodes de disette, mais je pense que j’en ai un peu de trop. Je suis resté un moment sans passer la barre des dix buts en Ligue 1 (il ne l’a réalisé qu’une fois, avec Metz, en 2017-2018, NDLR). Je suis longtemps resté à huit, neuf…

Comment tu l’expliques ?Je pense que je n’ai pas été assez égoïste. On me dit encore aujourd’hui que je ne le suis pas assez, mais je suis comme ça… À l’époque, en plus, ce n’était pas comme maintenant, il n’y avait pas du foot du matin au soir, avec quinze émissions, deux fois plus d’explications, de décorticage. Les gens regardaient le score, qui a marqué et se disaient : « Nolan Roux ? Ah, non, toujours pas… Il est nul. »

Et tes entraîneurs ? Ce n’est évidemment pas le même rapport, mais tu sais aussi comment ça fonctionne. À Lille, par exemple, tu es titularisé sur un match et derrière toi, il y a du monde, donc tu as beau être bon, si l’équipe ne gagne pas et que tu ne marques pas sur un match, deux matchs, le troisième, tu vas sur le banc ou tu sors à la 45e. Et celui qui te remplace, il marque (Rires.)

Comment as-tu vécu cette concurrence avec ton concurrent direct ?Tu marques, tu es content. Si l’autre marque, tu es content, mais tu te dis que du coup, tu ne vas pas jouer tout de suite. C’est le jeu. C’est étrange la relation entre les attaquants parce qu’on ne se croise pas trop, surtout quand comme moi, tu as souvent joué dans une équipe avec une seule pointe, mais c’était quand même globalement sain. Après, au fil de ma carrière, j’ai toujours eu une moins bonne relation avec les attaquants qu’avec les gardiens.

Pourquoi ?J’étais tout le temps avec eux, parce qu’il faut être fou pour être un gardien. Un attaquant doit aussi aimer se faire mal, donc on se comprend un peu, même si mon boulot est de les allumer toute la semaine. Tous les gardiens que je connais ont toujours eu quelque chose en moins. (Rires.) La vie d’un attaquant est quand même un peu différente car c’est avant tout une guerre psychologique : si tu marques, t’es le roi, mais si tu ne marques pas, tu es le plus nul. Tu peux faire lever une foule comme déclencher des sifflets.

Tu les entendais, toi ?De loin. Quand il y a des sifflets, tu entends que ça ne va pas ou qu’on ne t’aime pas. À Guingamp, j’ai aussi été sifflé lors d’un match à domicile, où je m’étais déjà mis la chauffe tout seul puisque j’avais joué à Brest avant. C’était dans la foulée de mon énorme raté contre Bordeaux. J’étais déjà dans le dur dans la tête et en sortant le match d’après, il y avait eu ces sifflets. Pas simple.


Tu l’as longtemps gardé en tête ce raté ?Le problème, c’est qu’on va plus facilement se souvenir de ce raté que d’un but marqué parce que marquer un but, c’est simplement faire mon travail. Les mentalités sont comme ça : on retient généralement davantage les choses négatives. C’est aussi un truc de l’époque, mais c’est aussi pour ça que je ne vais jamais sur les réseaux sociaux ou que je ne lis pas ce qui peut s’écrire sur moi ou quoi. Après, souvent, on m’envoie ce qui se raconte, donc je finis toujours par le voir. Après mon occasion contre Bordeaux, j’ai reçu des tonnes de trucs, mais j’ai éteint le téléphone, basta. Ce n’était pas méchant de la part de mes amis, mais au lieu de le garder pour eux, ils me l’envoyaient, comme si j’avais besoin de ça. (Rires.) J’ai connu des joueurs qui allaient lire les réactions dès la fin du match. Ils se flagellaient alors que souvent, la personne qui t’allume est la même que celle qui va t’encenser ou qui va te demander un autographe. J’en ai vu plein plonger mentalement à cause de ça. C’est aussi la preuve qu’il faut être costaud mentalement pour s’en sortir dans ce milieu.

J’ai connu des joueurs qui allaient lire les réactions dès la fin du match. Ils se flagellaient alors que souvent, la personne qui t’allume est la même que celle qui va t’encenser ou qui va te demander un autographe. J’en ai vu plein plonger mentalement à cause de ça.

Tu te vois y rester, dans ce milieu, une fois que tu auras fini ta carrière ?Quand tu y restes quinze ans, c’est quand même une grosse partie de ta vie, donc demain, si ça s’arrête, je sais que ça va me mettre une claque. Il y aura plein de choses à régler, il faut apprendre à sortir d’un certain confort. Aujourd’hui, si je dois voir le médecin, je n’ai pas besoin de prendre de rendez-vous, mes équipements sont lavés, j’ai une routine très claire, où tout est fait pour moi. Là, d’un coup, tu te lèves un matin et on te dit : « Non, non, plus de foot. » On me dit souvent que la meilleure des choses est de rester dans le foot. La question sera sûrement de savoir pour y faire quoi. Être entraîneur principal, devoir gérer un groupe, les différentes personnalités, les états d’âme, je ne pense pas. Le foot change tellement, les mentalités aussi, et à 34 ans, tu apprécies moins certaines choses. Maintenant, je sais que conseiller des jeunes sur le fait d’être attaquant, ça pourrait me plaire. C’est ce que fait Ludovic Giuly à Lyon, par exemple. Je pense que c’est bien : les gardiens ont un entraîneur des gardiens et les attaquants doivent avoir un entraîneur des attaquants. Un entraîneur principal qui a été défenseur ne peut pas t’apprendre à marquer des buts, à détecter les bonnes zones, à faire les bons déplacements…

Tu as déjà parlé de la retraite avec des anciens coéquipiers ?Pas plus tard que vendredi dernier. On a joué Le Puy en amical et Florent Balmont est adjoint là-bas. Lui, tu vois, il a arrêté, il a passé ses diplômes, ça s’est enchaîné… J’ai aussi déjà discuté de ça avec Renaud Cohade et lui, je sais que le foot ne lui manque pas du tout. Il est chez lui, il fait du bricolage, il joue à la pétanque, tranquille, alors que Renaud, c’était un vrai passionné de foot. Il adorait ça. Quand tu le voyais évoluer, tu te disais qu’il ne pouvait être que sur un terrain et nulle part ailleurs, mais il a fini un peu dégoûté. Il a tout coupé.

C’est aussi pour ne pas finir dégoûté que tu prends le temps de t’ouvrir à d’autres choses ?Je pense également que si tu ne le fais pas, ton cerveau finit par saturer. Il ne peut y avoir que le foot dans la vie. Maintenant, je ne sais pas du tout ce que j’aurais fait si je n’étais pas devenu footballeur professionnel. C’est dur, d’ailleurs, je trouve de savoir ce que tu veux faire quand tu es ado. Tu as besoin d’essayer plein de trucs, tu ne peux pas deviner. Après, j’ai testé plein de choses par plaisir. Le problème, c’est que dès que tu fais quelque chose tous les jours, ça n’est plus un plaisir, mais un travail, donc est-ce que tu l’apprécies de la même manière ?

Donc le foot, aujourd’hui, c’est un simple boulot à tes yeux ?Non, non, j’ai réussi à maintenir le plaisir parce que j’ai appris à prendre de plus en plus de recul sur certaines choses. À 34 ans, je sais exactement comment le foot est construit et ce qui peut m’énerver dans ce milieu.

C’est-à-dire ?Les mentalités ont vraiment changé depuis quinze ans. Je trouve qu’on laisse de moins en moins de place à l’improvisation, aux artistes. J’ai connu des joueurs à qui il ne fallait pas demander de défendre, mais qui devenaient des génies dès qu’ils avaient le ballon. C’était un choix : ils te cassaient les noix parce qu’ils ne défendaient pas, mais ils mettaient le bordel dans l’équipe adverse. Aujourd’hui, c’est plus compliqué, il y a moins ça, c’est devenu assez stréréotypé. Je trouve qu’on a progressivement éteint l’instinct, qu’on a un peu perdu les moments où un joueur fait un truc et tout le stade se lève pour ce geste. On a perdu une part de la beauté du jeu. Dans les centres de formation, c’est pareil, et dès le recrutement. On va dans une base de données, on dit qu’on cherche un joueur d’1,80m, qui a précisément telles caractéristiques, mais on ne peut pas mettre de côté le feeling. Le foot, à la base, c’est des niveaux techniques différents. En 2022, un défenseur peut limite jouer attaquant dans certaines équipes. Moi, à 16 ans, je jouais à Beauvais, je ne faisais pas de muscu… Un mec de mon âge aujourd’hui, ce n’est pas pareil !

Je trouve qu’on laisse de moins en moins de place à l’improvisation, aux artistes, qu’on a progressivement éteint l’instinct, qu’on a un peu perdu les moments où un joueur fait un truc et tout le stade se lève pour ce geste, qu’on a perdu une part de la beauté du jeu.

Il y a un joueur qui t’a particulièrement bluffé par son instinct ?Eden Hazard, bien sûr. Lui, il rentrait sur le terrain pour s’amuser. Le foot, pour lui, c’était un jeu, rien qu’un jeu : s’il avait envie, il pouvait dribbler toute l’équipe. Il n’avait pas envie de s’entraîner, il ne voulait que les matchs, le stade, l’ambiance, l’adrénaline.

Si tu arrêtes aujourd’hui, qu’est-ce qui va te manquer le plus ? L’adrénaline ?L’avant-match, déjà, je pense. L’avant-match dans la peau d’un titulaire, hein (Rires.) Tu es là, tu as ton rituel, ton échauffement, tu rentres sur le terrain et t’as 90 minutes pour tout lâcher. L’après-match, aussi, après une rencontre où tu as marqué, le réveil le lendemain un peu tard, content d’avoir bien fait ton job… C’est assez simple le plaisir, finalement. Un vestiaire, c’est aussi assez unique. C’est une salle avec toutes les religions, toutes les nationalités, mais ça blague en permanence. Je ne pense pas que tu peux retrouver une ambiance comme ça dans beaucoup de boulots. Pour le reste, aller dans la rue et qu’on ne me reconnaisse plus, ce n’est pas grave. Je ne joue pas au au foot pour ça.

Ce n’est pas trop dur de s’adapter à une nouvelle vie, en troisième division, quand on a connu autant d’années de Ligue 1 ?C’est vraiment complètement autre chose et c’est même dur. On en a parlé avec Florent Balmont, d’ailleurs. Dans ma carrière, j’ai joué une cinquantaine de matchs de Ligue 2 et presque 300 de Ligue 1. Quand tu arrives en National, les gens se disent que ça va être facile pour toi, mais pas du tout, parce que tout est différent. L’atmosphère, déjà. Il y a moins de monde dans les stades et parfois, même la lumière est différente parce que l’éclairage est forcément moins bon qu’en Ligue 1. Ça peut être logiquement perturbant, parce que l’adrénaline est différente : quand tu t’échauffes, normalement, il y a déjà plein de supporters et quand le match démarre, personne ne s’entend parler. Là, on s’entend souvent parler quand on joue. Ce n’est pas pareil, notamment pour un attaquant. J’ai marqué trois buts la saison dernière et quand tu marques en National, ça ne fait pas trop de bruit. Un but reste un but, mais ta joie n’est pas la même. Le plaisir passe donc par un bon conseil, une belle passe, un beau mouvement… Le jour où je n’aurais plus ce plaisir, j’arrêterai. Il y a eu des périodes difficiles, forcément, mais tu fais quoi ? Tu restes chez toi et tu attends ? Non, tu sors, tu vas travailler pour retourner la situation et tu entretiens ce plaisir. L’avantage, pour un attaquant, c’est qu’il te suffit souvent d’un but pour le retrouver ou le réveiller.

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Propos recueillis par Maxime Brigand, à Châteauroux

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