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Maroc, les Lions de l’extase

Par Mathieu Rollinger, à Doha
Maroc, les Lions de l’extase

Au Qatar, les supporters marocains venus en masse peuvent exulter. Leur sélection vient de se payer le scalp de l'Espagne et de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe du monde. Leur joie est à la hauteur de l'exploit : immense.

« C’est historique ce qu’il se passe, mais personne ici ne sera surpris : on a le football dans le sang au Maroc ! » Fahd est dans un état d’euphorie. Le même qu’il y a quelques jours, quand le Maroc avait déjà validé sa première place de groupe face au Canada, mais avec un autre petit sentiment en supplément qui n’est pas pour lui déplaire. « On tient notre revanche sur l’Espagne. » Cette fierté, ce sont Pablo Sarabia, Carlos Soler et Sergio Busquets qui leur ont offerte. C’est surtout Yassine Bounou qui n’a rien laissé passer pendant 120 minutes et trois tirs au but. C’est par-dessus tout l’ensemble de ses Lions de l’Atlas qui se sont battus jusqu’au milieu de la soirée pour punir cette Roja aux 1050 passes et deux tirs cadrés.

Le match était serré, épuisant pour tout le monde, face à une des meilleures équipes au Qatar, mais on a prouvé que nos valeurs pouvaient nous amener loin.

« On peut parler de revanche, bien sûr, mais il n’y a rien de politique là-dedans, jure Farid, père d’une famille venue de Casablanca. On a suffisamment été marqués par le match contre cette sélection au Mondial 2018. En Russie, on aurait dû gagner, mais la VAR nous en avait privés. Là, le match était serré, épuisant pour tout le monde, face à une des meilleures équipes au Qatar, mais on a prouvé que nos valeurs pouvaient nous amener loin. Là, on va fêter pour les quarts de finale, mais on ne s’interdit pas de penser plus loin. » Son fils, Ismaïl, sait que la bande de Regragui en a les moyens : « Tout ce qu’on a vu ce soir, c’était présent dans la tête du coach. Il savait qu’on pourrait s’en sortir sur la longueur, tous les changements qu’il fait sont défensifs. Il a dit l’autre jour que tant que la FIFA ne donnait pas de points pour la possession, il n’y avait pas de raisons de changer d’approche. Tout ça lui donne raison, et finalement, on n’a pris qu’un seul but en quatre matchs, et il était contre notre camp. »

La possession ? Quelle possession ?

Cette impression de solidité sur le terrain s’est transmise jusqu’aux dernières rangées des tribunes. À moins que ce ne soit l’inverse. Avant même le match, les trois quarts du stade acquis aux Marocains ont recouvert les quelques sifflets s’attaquant à l’hymne espagnol par une salve d’applaudissements bien fournie. « C’est normal, on est dans le respect », reprend Fahd. Suffisant pour effacer les heurts rapportés par les médias espagnols entre les supporters des deux camps. Nécessaire aussi pour que les sifflets puissent porter pendant 72,8% de la rencontre, soit la part du temps où le ballon était dans les pieds ibériques. Les 23,2% restant ? Une clameur vive, forte, accompagnant chaque intervention de Noussair Mazraoui, chaque dégagement de la paire Saïss-Aguerd, chaque lévitation de Soufian Boufal, chaque prise de balle de Sofyan Amrbat, chaque raté de Cheddira.

Le coach nous a montré une vidéo avant le match, le Maroc-Allemagne de 1986 où on n’a pas pu passer en quarts. Ça nous a fait comprendre qu’on avait rendez-vous avec l’histoire.

Chacun son rôle, et tout le monde l’a tenu, jusqu’à l’épreuve fatidique des tirs au but et l’ultime Panenka d’Achraf Hakimi. Les 26 Marocains peuvent alors desserrer les mâchoires et se jeter dans un bain de bonheur, sombreros sur la tête et drapeau au pentagramme sur les épaules. « C’est incroyable, on l’a fait ! On a un groupe magnifique, c’est ça notre force, jubile Bilal El-Khannouss, jeune remplaçant aux yeux emplis d’étoiles. Le coach nous a montré une vidéo avant le match, le Maroc-Allemagne de 1986 où on n’a pas pu passer en quarts. Ça nous a fait comprendre qu’on avait rendez-vous avec l’histoire. Maintenant, on l’a déjà marquée, mais on verra où ça se terminera. » Pour ce soir, en tout cas pour les milliers de fans marocains, ça sera au centre de Doha, où une marée rouge va inonder de chants et de danses le Souk Wakif. Comme déjà trois soirs avant ça, et peut-être trois ensuite.

Bounou, c’est le goût
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