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Les Bleues ont essayé

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Les Bleues ont essayé

Logique respectée lors de ce dernier match du groupe A. Pour la première place, l'Allemagne a eu raison de la France au terme d'une rencontre intense et riche en buts. Les deux équipes, déjà qualifiées, affronteront respectivement le Japon et l'Angleterre en quarts.

France – Allemagne : 2-4

Buts : Garefrekes, Grings, Okoyino da Mbabi pour l’Allemagne. Delie et Georges pour la France.

Opposition culturelle. 1 000 000 de licenciées d’un côté, à peine 60 000 de l’autre, l’Allemagne et la France n’abordent pas vraiment le foot féminin de la même façon. Et, même si les Bleues s’étaient déclarées prêtes au combat, elles n’étaient pas aptes à lutter à armes égales contre les doubles championnes du monde en titre. Lors de ce dernier match de poule, les Allemandes ont donc dominé des Tricolores volontaires mais qui ont payé cash leurs errements défensifs. Un moindre mal, puisque les joueuses de Bruno Bini étaient d’ores et déjà qualifiées pour les quarts après leurs succès inauguraux contre le Nigéria et le Canada. Elles affronteront donc les Anglaises, premières leur groupe, pour un match au couteau qui promet.

54 000 personnes, le Borussia Park de Mönchengladbach est plein comme un œuf. La Mannschaft n’a pourtant pas séduit son public lors de ses deux premiers matchs. Birgit Prinz, la star de l’équipe, en fait d’ailleurs les frais : bam, sur le banc. Coté tricolore, Bini reste fidèle à son 4-2-3-1 qui lui a permis de dépecer le Canada et enregistre le retour en défense centrale de Wendy Renard. Le match débute bien pour des Bleues qui imposent d’entrée un pressing étouffant et obligent les allemandes à jouer long. Une tactique peu payante. Les Françaises, elles, s’en remettent à la vitesse de Thomis, sorte de Loïc Rémy en brassière, en pointe qui court sans répit. 20e minute : l’arbitre siffle un coup-franc à priori anodin au milieu de terrain en faveur des teutonnes. Telle une vulgaire boulette entre Apoula Edel et sa défense, Bérangère Sapowicz et Wendie Renard s’entendent mal sur le ballon tiré en profondeur. Du coup, c’est Garefrekes qui se retrouve seule à l’entrée des six mètres pour marquer de la tête. Reprise du jeu, les françaises accusent le coup et les allemandes essayent d’enfoncer le clou. Dribble à la Jay-Jay Okocha de Laudehr qui met le bouillon à Lepailleur sur le côté gauche et centre dans la foulée. Laura Georges est trop courte et Renard manque à nouveau de malice. Grings double la mise de la tête. C’est la 30e minute et le match semble déjà plié. Attention à la valise. Plus rien ne se passe dans le dernier quart d’heure, fort heureusement car les Bleues sont cuites. 2-0 à la mi-temps, l’Allemagne est en passe de réussir son opération séduction, dans les tribunes ça chante et sur le banc c’est Birgit Prinz qui fait la gueule.

Retour des vestiaires. Les françaises reviennent sur le pré avec de bien meilleures intentions et ça paye. Marie Laure Delie, rentrée à la mi-temps à la place de Thomis, claque une tête victorieuse sur un corner de Soubeyrand. Un but qui change tout : encore un et la France récupère sa première place. Espoir vite tué dans sa coquille. Quelques minutes plus tard, Sapowicz touche une allemande dans la surface : penalty et carton rouge, on appelle ça la double peine. Grings, encore elle, ne tremble pas et redonne de l’air à ses copines. A dix contre onze, ça sent bon la grosse revanche sur le traité de Versailles mais les Bleues refusent la reddition. Nouveau corner pour les Françaises et cette fois c’est Laura Georges qui surgit et catapulte le ballon. Quatre buts de la tête dans ce match, comme un parfum de Premier League dans les ficelles. La troupe de Bini y croit encore mais Delie, seule face au but, croise trop sa frappe. C’en est trop. Une dernière approximation de la défense française permet à Okoyno Da Mbabi de mettre définitivement fin au suspens. 4-2, le score ne bougera plus. Les Bleues terminent secondes de leur poule et devront donc se farcir l’Angleterre puis le Brésil avant d’espérer une revanche en finale contre leur adversaire du jour. Rendez-vous le 17 juillet ?

Ryad Ouslimani et Thomas Lecomte

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