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Le Japon dans le sillage du projet Blue Lock

Par Maxime Della Guardia, avec Adel Bentaha
Le Japon dans le sillage du projet Blue Lock

Véritable succès populaire, le manga Blue Lock s’inscrit dans le joli parcours du Japon en Coupe du monde. Ou quand le virtuel accapare le réel.

Parmi les sensations de cette Coupe du monde 2022, le Japon s’est positionné en challenger intéressant. Inscrite dans le sillage de ce parcours, la pop culture a vu déferler un phénomène protéiforme : le manga Blue Lock. Succès impressionnant (21 tomes, 4,5 millions d’exemplaires vendus à l’international), l’ouvrage a effectivement vu sa popularité croître au gré des exploits de la sélection nippone. Comme la fine couche séparant le fictif du factuel.

Quand il entame son œuvre, au mois d’août 2018, Muneyuki Kaneshiro a ainsi articulé sa réflexion sur une base philosophique : détruire, puis reconstruire. Il faut dire que pour l’auteur, tout est parti de la cruelle déconvenue subie par les Samurai Blue contre la Belgique, lors du Mondial russe. Dominateurs, mais piégés par leur propre naïveté, les Japonais avaient alors manqué du vice nécessaire à tout exploit et s’étaient inclinés en toute fin de rencontre, sur une contre-attaque belge. Point de départ de la trame, cette terrible désillusion en sera également son point de bascule.

Culte de la personnalité

Le synopsis du manga est simple : 300 lycéens sont sélectionnés par la fédération japonaise (JFA) pour rejoindre le projet Blue Lock (la Chambre bleue en VF). Un centre de formation hyper élitiste, duquel sortira le meilleur attaquant en vue de la prochaine la Coupe du monde. Assigné à l’équipe Z, la pire du centre, Yoichi Isagi – le personnage principal – doit grimper au sommet de la hiérarchie. Le résumé classique d’un shōnen standard, revêtant une dimension sociologique assez profonde en réalité. Car cet ouvrage se place en véritable contrepied social. Trop cadré, trop collectif, trop prévisible : le mode de vie japonais a fini par lasser ses propres adeptes. Autant d’éléments greffés au sport local, édulcoré dans son approche et symbolisé par sa déconvenue en Russie.

« Autant que possible, j’ai essayé de créer un personnage qui me ferait dire :« Ce serait intéressant, s’il existait un gars aussi extrême. »J’ai voulu personnifier l’égo et démontrer aux Japonais qu’il en fallait parfois beaucoup pour réussir », précise Kaneshiro, rejoint par Tsubasa Kaito, doubleur dans la version animée. « On est loin de « l’amitié » habituellement véhiculée dans ce type d’œuvre.Blue Lockest une forme d’ode à l’individualisme. » Pour parvenir à ses fins, Isagi devra effectivement écraser ses concurrents. Et à travers lui sonne la fin de ce tout-collectif « à la japonaise », remplacé par un égoïsme absolu.

Le Japon nouveau

Des stéréotypes habilement ficelés, amenant le lecteur dans un univers sombre et anxiogène. Suffisamment loin de l’approche ludique d’Aoashi ou de l’esprit de camaraderie de Captain Tsubasa. Dans cette antithèse du genre, Blue Lock semble d’ailleurs hisser Kojirō Hyūga (Mark Landers en VF) en modèle de vertu. Dès lors, si elle paraît fictive, cette mentalité nouvelle pourrait bien s’immiscer dans l’esprit des prochaines générations de footballeurs nippons. Interrogé sur la thématique, Keisuke Honda n’a en tout cas pas hésité à donner son avis. « Nos joueurs ont toujours une approche timide, et c’est un peu agaçant,analysait l’ancien meneur de jeu sur les réseaux sociaux.Il faut qu’on fasse peur à notre adversaire, qu’on se montre méchants ! On a battu l’Allemagne, on a battu l’Espagne, et c’est très bien. En revanche, le match qu’on doit dominer et gagner(contre le Costa Rica, NDLR), on le perd… »

Le condensé des lacunes d’un Japon désormais au seuil de la phase finale, prêt à marquer un énième pan de son histoire. Et pour s’éviter un nouveau traumatisme belge, il sera certainement utile d’appliquer les préceptes du projet Blue Lock à la lettre. La nation regarde.

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Propos de Muneyuki Kaneshiro tirés du Weekly Shōnen Magazine, ceux de Tsubasa Kaito de TV Life.

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