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L’Argentine et le Chili se relancent

Par Thomas Goubin
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L’Argentine et le Chili se relancent

Proche de couler à Barranquilla, l'Argentine a finalement accroché une précieuse victoire face à la Colombie (2-1), avec Messi en homme du match. Le Chili a, lui aussi, retrouvé le sourire. Tandis que le Vénézuela confirme qu'il faudra bien compter sur lui.

Alejandro Sabella a eu le temps d’imaginer sa tête sous la pression de la guillotine. Pendant une heure, l’Argentine a ramé, souvent été dépassée, avant que Messi, avec une certaine complicité de David Ospina, ne fasse basculer le scénario d’une rencontre qui s’annonçait catastrophe. Pour affronter la Colombie à Baranquilla, Sabella avait troqué son 4-3-3 désordonné pour un 4-4-2 longtemps stérile. Recalés sur le banc, Pastore, Gago et Alvarez, sont remplacés par José Ernesto Sosa, et deux trentenaires qui n’ont même pas dix sélections à eux deux : Pablo Guiñazu (33 ans, Internacional Porto Alegre) et Rodrigo Braña (32 ans, Estudiantes). Sabella semble vouloir lancer un message : prime à l’abattage, à la discipline, plutôt qu’au talent.

L’intention est louable mais le résultat affligeant. Faute de joueurs de couloirs rapides et techniques, de dédoublements des latéraux, Messi et Higuain sont contraints de décrocher pour aller chercher eux-mêmes les ballons qu’ils désespèrent de voir arriver dans leurs pieds. Conséquence évidente : les Argentins manquent de présence aux avant-postes, et sauf une fulgurance du double Ballon d’Or, on peine à entrevoir l’amorce d’une solution pour l’Albiceleste. Tant qu’à faire jouer des trentenaires au milieu, autant rappeler Riquelme.

Agüero change tout

En face, la Colombie, poussée par 45000 spectateurs dans la chaleur caribéenne de Barranquilla, ne se laisse pas éblouir par le poids de la vareuse albiceleste. Les cafeteros déroulent au sol, tranquille. Une fulgurance individuelle ou un simple une-deux suffit souvent à faire tirer la langue à l’arrière-garde argentine, où Frederic Fernandez a pris la place du bouc-émissaire, Martin Demichelis. Seule la maladresse des attaquants colombiens évite à l’Argentine de voir trembler ses filets. L’Albiceleste finit tout de même par céder au pire moment : la 45e minute. Auteur d’une faute stupide à l’entrée de la surface sur l’excellent mais encore un peu tendre James Rodriguez, Zabaleta coute cher aux siens. Tiré à ras terre, le coup-franc de Pabon est dévié par Mascherano dans ses propres buts. Décidément, rien ne semble épargner à l’Argentine ses derniers temps. Présent en tribunes, Carlos Valderama apprécie.

Devant ce paysage désolé, Sabella se décide à réagir, et remplace le laborieux, Guinazu, par Agüero. Affecté au couloir droit, le Citizen ne rayonne pas, mais l’Argentine a évidemment gagné sur tous les plans avec ce changement. L’Albiceleste profite surtout d’un coup de pompe ou d’un manque d’esprit d’entreprise des locaux pour revenir progressivement dans le match. La passivité colombienne se trouve sanctionnée à la 61e minute, quand Sosa s’enfonce dans la surface pour doser un centre manifestement inoffensif, mais qu’une mésentente entre Yepes et Ospina transforme en passe décisive pour un Messi, à l’affut. Meilleur argentin sur la pelouse, le joueur du Barça va se trouver à l’origine du but de la victoire. Lancé à grande vitesse dans l’axe, il échappe à Yepes et décale Higuain sur la gauche de la surface, la frappe du Madrilène est repoussée par Ospina … dans les pieds d’Agüero, qui pousse la balle au fond des filets (84e). Grâce à une bonne dernière demi-heure, l’Argentine s’évite une crise. Sabella, une exécution en place publique.

Le Vénézuela co-leader

Sur la brèche, comme l’Argentine, le Chili s’est parfaitement ressaisi après la fessée reçue à Montevideo vendredi dernier (4-0). Toujours sans les cinq joueurs black-listés par Claudio Borghi (Beauséjour, Valdivia, Vidal, Carmona, Jara), la Roja recevait un renfort de choix, avec un Alexis Sanchez titulaire et au moins à 100%. Intenable, le Barcelonais n’a cessé de torturer son escorte paraguayenne. Dominateur, le Chili a ouvert le score sur corner grâce à une tête de Contreras (29e). Le Paraguay tentera de répliquer en deuxième période mais concédera logiquement un deuxième but sur une frappe de Matias Campos déviée par Edgar Barreto. Dans le même temps, l’Equateur s’est, lui aussi, ressaisi, en disposant du Pérou (2-0). Un match musclé, dans lequel a brillé Cristian Benitez. L’excellentissime avant-centre de l’America a d’abord offert un but sur un plateau à Edison Mendez (60e), avant de doubler la mise en toute fin de match (88e). L’Equateur comme le Chili se sont replacé à un petit point de la tête du classement général. Avec un match en moins, l’Uruguay occupe toujours la première place de la zone CONMEBOL. Seul un goal-average avantageux conduit la Celeste à devancer l’Argentine et le Vénézuela. Logique vainqueur de la Bolivie grâce à un but sur corner de Vizcarrondo, les hommes de Cesar Farias confirment qu’ils sont un candidat sérieux à Brésil 2014. A l’exception de la Bolivie, déjà larguée avec un petit point, il se confirme aussi que ses éliminatoires pourraient bien être les plus homogènes de l’histoire de la confédération sud-américaine.

Par Thomas Goubin

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