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La Serbie sous surveillance

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La Serbie sous surveillance

Ce soir, la Serbie reçoit l'Italie. Un match presque amical pour la Squadra, déjà qualifiée, contre une Serbie qui a beaucoup à se faire pardonner. Ivan Bogdanov n'est pas invité.

Depuis un an, la Serbie fait profil bas. Depuis ce désormais tristement célèbre 12 octobre 2010, où les ultras serbes, emmenés par Ivan Bogdanov, se distinguaient en faisant suspendre le match aller entre l’Italie et la Serbie, à Gênes. Sept minutes de jeu, puis de la peur, de la tension, et une inévitable suspension. Une suspension qui mènera, quelques jours plus tard, à la victoire sur tapis vert de l’Italie. Inévitablement, il y a eu des conséquences sportives. Déjà, ce succès a propulsé l’Italie en tête de son groupe. Une première place qu’elle ensuite n’a jamais quitté, jusqu’à obtenir, début septembre, la qualification pour l’Euro 2012. A l’inverse, la vie a été plus dure pour la Serbie, presque « trahie » par ses propres supporters. Même si l’équipe de Vladimir Petrovic n’a plus perdu depuis en compétitions officielles (3 victoires et un nul), ce 0-3 pèse dans les comptes. Au lieu d’être déjà assurée de disputer les barrages, la Serbie est aujourd’hui deuxième du groupe, loin derrière l’Italie, et pourrait jouer une véritable finale, contre la Slovénie, lors de la dernière journée. A moins que, ce soir, elle ne batte la Squadra, et consolide définitivement sa deuxième place. Histoire de boucler la boucle. Et de passer à autre chose.

Balotelli out, Osvaldo in

Oui mais voilà, une question se pose : l’Italie va-t-elle jouer le jeu ? Va-t-elle mettre en place la meilleure formation possible, pour prouver qu’elle n’a pas besoin d’une sanction administrative pour battre la Serbie ? Peut-être. Certainement même. Car Cesare Prandelli a été clair : les deux derniers matches de qualification sont loin d’être des simples rencontres amicales. Bien qu’elle soit déjà assurée de terminer première de son groupe, l’Italie veut honorer ce qu’il reste à honorer, et veut surtout jouer à fond, malgré les absences, pour ne pas défavoriser ceux qui ont encore un barrage à aller chercher (Serbie, Estonie et Slovénie). Une sensation partagée par Gigi Buffon, le capitaine de la Nazionale. « Bien que ce match ne représente pas un enjeu pour nous, nous tenons à rester invaincus et à poursuivre notre parcours de croissance » a affirmé le portier en conférence de presse.

Néanmoins, il semble inévitable que Cesare Prandelli profite du match contre la Serbie et de la réception de l’Irlande du Nord pour faire quelques changements. Pas non plus pour révolutionner son onze, mais pour faire deux-trois essais par ci par là. « Nous avons la possibilité de nous servir de cette rencontre pour voir à l’œuvre quelques joueurs qui n’ont pas encore eu l’occasion de prouver que le processus de renforcement de l’équipe vaut pour tous » précise Buffon. En effet, une équipe-type commence à se dessiner (plus ou moins celle victorieuse contre l’Espagne en août), mais jusqu’à l’Euro 2012, il reste du temps pour que les choses évoluent. Par exemple, pour le match de ce soir face à la Serbie, le sélectionneur ne pourra pas compter sur Balotelli et Pazzini, blessés. L’occasion de tester pour la première fois Pablo Osvaldo, l’attaquant de l’AS Roma. Ou encore d’essayer, au milieu de terrain, Luca Cigarini, excellent depuis le début de la saison avec l’Atalanta. Expérimenter, donc. Tout ce que ne fera pas la Serbie.

Serbes d’Italie

Car côté serbe, ce match fleure bon le match capital. En tous points. Sportivement, déjà. Avec un succès, la Serbie assure sa deuxième place du groupe, évitant ainsi une véritable finale traquenard en Slovénie. A l’heure qu’il est, les comptes sont simples à faire. La Serbie est deuxième, avec 14 points. L’Estonie en a 13. La Slovénie 11. Oui mais. Les Serbes ont encore deux matches à disputer, tandis que les deux autres sélections n’en ont plus qu’un. Le match face à l’Italie est donc fondamental sur le plan comptable. Ensuite, l’autre enjeu, c’est évidemment au niveau de la réputation. Le porte-parole de la Fédérations serbe, Aleksandar Boskovic, a déjà avisé les supporters. « Nous avons invité les supporters à se comporter de façon civile et correcte, surtout parce que la nationale serbe a reçu une peine conditionnelle de la part de l’UEFA. S’il se passe quelque chose, nous serons durement punis » a-t-il affirmé. Michel Platini, lui-même, a précisé que l’UEFA allait être « très vigilante sur ce match » . Tout le monde est prévenu : il va donc falloir se tenir à carreaux. Sous peine de voir la sélection serbe exclue de la compétition.

Or, gagner ne va pas être une mince affaire. Déjà, parce que l’Italie est invaincue dans son groupe. Mais aussi parce qu’en 86 ans d’histoire, l’équipe de Serbie (autrefois Yougoslavie) n’a battu que quatre fois la Squadra. Coïncidence : en 1979, lorsque la Yougoslavie inflige un sévère 4-1 aux Italiens, Vladimir Petrovic, l’actuel sélectionneur serbe, est sur la pelouse. Un bon souvenir, même s’il sait que ce soir, ce ne sera pas la même histoire. « Je suis persuadé que le fait qu’ils soient déjà qualifiés ne changera en rien leur jeu et leur envie de gagner » a-t-il assuré en conférence de presse. Le sélectionneur ne pourra pas compter sur son capitaine Nemanja Vidic, blessé. En revanche, des joueurs en forme, il en a. Kolarov, par exemple, ou Subotiv, le joueur de Dortmund. Et aussi des joueurs qui connaissent bien l’adversaire, à commencer par Milos Krasic, l’ailier de la Juventus, et Dejan Stankovic, cadre de l’Inter Milan. Eux aussi, ont encore en travers de la gorge ce 12 octobre 2010. Une chance : depuis sa cellule, Ivan Bogdanov ne pourra pas venir foutre le bordel. Tant mieux pour le spectacle, le seul véritable vainqueur attendu de cette confrontation.

Eric Maggiori

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