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  • Chelsea/Manchester Utd (0-1)

La faillite d’Ancelotti

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La faillite d’Ancelotti

Même si Chelsea n'a pas été aidé par les événements, le succès de Manchester United (1-0) est d'abord une victoire tactique. Ou plutôt un échec cuisant de Carlo Ancelotti...

Evidemment, il y a eu un sinon deux penalties oubliés en toute fin de match en faveur de Chelsea. Evidemment, les Blues ont touché le poteau avant que Lampard, sur le rebond à un mètre des bois, ne caviarde sa reprise du gauche enlevée sur sa ligne par Patrice Evra. Et évidemment Van der Sar n’a pas d’âge et on se demande vraiment pourquoi le portier néerlandais prend sa retraite en fin de saison. Tout ça est indiscutable et fausse nécessairement l’analyse de la défaite des Londoniens face à Manchester United (0-1), la première à Stamford Bridge depuis avril 2002 contre les Red Devils. Il n’empêche, sur le contenu de ce quart de finale aller de haute intensité, on ne peut s’empêcher de penser que le technicien de Chelsea, Carlo Ancelotti, a largement perdu la bataille tactique face à sir Alex Ferguson, ce qui constitue une grosse surprise. Car dans l’inventaire des atouts bleus pour surclasser les Mancuniens, on avait souligné au stabylo le bilan extrêmement favorable à l’Italien face à l’Ecossais, deux fois qualifiés avec Milan en Champions League face à MU (huitième de finale 2005 et demie en 2007) et trois fois vainqueur en Premier League en autant de duels. So ?

L’erreur Torres

Car lors de cette première manche, plusieurs choix ont pu interpeller. Bien entendu, le premier va encore concerner la titularisation de Fernando Torres. Mais pas forcément pour les raisons que l’on imagine. L’Espagnol n’a toujours pas marqué depuis son arrivée dans la capitale anglaise ? Bah, avec ce genre de joueur fuoriclasse, les buts finiront bien par revenir en série à un moment ou à un autre, et l’idée de le mettre en situation de trouver ce petit déclic n’est pas plus sotte qu’une autre. D’autant que face à Nemanja Vidic, « El Nino » a souvent bien réussi, notamment en provoquant plusieurs expulsions du Serbe, particulièrement nerveux quand il croise la route de l’ancien buteur de Liverpool dont il déchiffre si mal le jeu, les courses, la conduite de balle et les feintes.

Non, là où Ancelotti n’a pas nécessairement bien drivé son affaire, c’est que Torres n’est définitivement pas compatible avec Didier Drogba. Les deux joueurs sont, comme disent les Anglais, des « lone wolves » , des loups solitaires. Comprenez des attaquants qui aiment bien évoluer seuls en pointe, avec des joueurs de couloirs pour les servir et un milieu pour flairer le second ballon : Gerrard lors du passage de Torres chez les Reds, Lampard depuis que Drogba ambiance Chelsea, tandis qu’un Kuyt devait s’exiler sur le flanc droit et Anelka déserter l’axe de l’attaque londonienne. Avec ces caractéristiques, associer Torres et Drogba relevait de la bêtise pure et simple. C’était l’un ou l’autre, et plutôt Drogba compte tenu de la forme ascendante de l’Ivoirien depuis quelques semaines. La stat est d’ailleurs édifiante : depuis l’arrivée de Torres, Drogba et lui ne se sont fait que cinq petites passes… dont une lors d’un coup d’envoi !

Un coaching proche du désastre

Mais l’ancien Marseillais doit se dire qu’il est un peu maudit en Ligue des Champions. Quand ce n’est pas lui qui bazarde les occasions (remember la demie retour face à Barcelone en 2009), quand ce n’est pas l’arbitre qui lui ruine la partie (remember le huitième face à l’Inter Milan l’an dernier), c’est son propre entraîneur qui s’occupe de son cas. D’abord, on l’a vu, en lui collant Torres dans les pattes. Ensuite, alors que l’Eléphant était clairement le seul à mettre à mal Ferdinand et ses potes, en le remplaçant en cours de match alors que la configuration du match (United très bas en fin de match) plaidait en faveur de sa présence dans la boîte plutôt que celle de Torres, davantage un dévoreur d’espaces.

Au vrai, avec au moins un but à marquer pour entretenir l’espoir, Ancelotti aurait dû laisser ses deux avants et mettre des joueurs de couloir pour étirer une défense repliée. Un coaching frileux. Car comment interpréter autrement la présence en tant que milieux excentrés de Zhirkov, latéral de métier, et Ramires, milieu défensif patenté ? Comment interpréter autrement, après que Fergie eut placé l’offensif Valencia au poste d’arrière droit suite à la blessure de Rafael, l’entrée tardive d’un Malouda plus susceptible que Zhirkov d’aller provoquer et pousser à la faute l’international équatorien ? D’ailleurs, comme pour mieux châtier ces choix poltrons, Manchester a trouvé la faille précisément là où Ancelotti ne voulait pas prendre l’eau : sur les flancs, quand Giggs, servi impeccablement par le changement d’aile de Carrick, a donné un cours de plongée dans le dos du latéral, contrôle idoine, passe aux petits oignons pour Rooney. Comme un symbole. Oui, malgré les coups du sort et la malchance, il ne faut pas se tromper, la victoire est bien allée à ceux qui la voulaient le plus. Ancelotti a moins d’une semaine pour redevenir audacieux…

Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

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