S’abonner au mag
  • Serie A
  • J26
  • Juventus-Inter

Juve-Inter : le bon Conte fait les bons ennemis

Par Adrien Candau
4' 4 minutes
21 Réactions
Juve-Inter : le bon Conte fait les bons ennemis

De retour à l'Allianz Stadium pour la première fois depuis son départ fracassant de la Juventus, Antonio Conte cristallise presque à lui seul la tension extrême qui enveloppera ce derby d'Italie. Un sommet qui convoque à la fois de nombreuses opportunités comme son lot de dangers pour l'Inter, dans la lutte pour le Scudetto.

Ils ne s’étaient pas précisément quittés en bons termes. À l’été 2014, Antonio Conte avait dit ciaoau club de sa vie en claquant la porte de la Juventus. Une histoire d’yeux plus gros que le ventre, à entendre le Mister. À l’en croire, ses échecs répétés en Ligue des champions avec le club bianconero seraient en effet dus en grande partie à l’inadéquation entre les ambitions continentales de sa direction et le portefeuille qu’elle mettait à sa disposition. « On ne peut manger avec dix euros dans un restaurant où les plats en coûtent cent » , avait alors grincé Conte, avant de filer du Piémont pour prendre la tête de la Nazionale. Six ans plus tard, la Juventus a muté, s’est starifiée et financiarisée, mais Antonio Conte, lui, est resté le même. À un détail près : le Mister est passé de l’autre coté du miroir, à l’Inter, le club honni des tifosi juventini.

Inter de promesses

Un Juve-Inter n’est jamais un match tout à fait comme les autres, mais celui-là dégage déjà une odeur particulière. D’abord parce que l’Inter, à six points de la Juve au classement, mais avec un match en retard, peut sensiblement se rapprocher des Juventinisur le plan comptable en cas de victoire. Ensuite parce qu’Antonio Conte est l’artisan premier de la saison des Nerazzurri alors que, neuf mois après son arrivée, l’Inter ressemble déjà à 100% à une équipe transformée par son management. Le 3-5-2 a été assimilé, tout comme l’intensité en phase de pressing, l’alternance des phases de positionnement en bloc bas ou haut, ou encore la construction ciselée des contres-attaques.

Autant d’éléments qui ont toujours fait le succès des équipes de Conte. Les limites de sa méthode, notamment l’exigence physique usante qu’elle impose aux organismes des joueurs, ont également pu être parfois relevées. Qu’importe, l’essentiel est ailleurs : il faut remonter à bien des années pour se remémorer une Inter aussi performante, sur le pré. Le contraste avec la Juventus de Maurizio Sarri n’en est que plus saisissant : revenu à peu près en même temps exercer en Italie, l’ancien gourou du Napoli n’a que peu ou pas métamorphosé la Juventus, qui ressemble trop souvent, comme face à Lyon mercredi dernier, à un vulgaire ersatz de ce qu’elle était sous l’ère Allegri.

Vient l’heure du Conte

Pas au mieux de ses moyens, la Vieille Dame reste sur trois défaites lors de ses cinq derniers déplacements toutes compétitions confondues. Si elle recevra l’Inter sur ses terres, où elle demeure invaincue cette saison, elle verra son antre, l’Allianz Stadium, désertée par ses tifosice dimanche : coronavirus oblige, le choc de la Serie A se disputera à huis clos. Peut être un micro-avantage pour l’Inter, qui a une revanche à prendre sur des Bianconeri qui l’avaient battue deux buts à un au match aller au terme d’une rencontre aussi disputée qu’équilibrée. Si Antonio Conte, lui, a beau prétendre qu’il ne soutient aucune « vendetta » contre la Juventus, on peut au moins théoriser qu’il a la dent dure contre un homme : Andrea Agnelli. Le président de la Vieille Dame, taquin, ne s’est pas privé de rappeler que l’entraîneur de l’Inter était un Juventinodans l’âme à la radio italienne cette semaine. Confronté aux propos de son ancien patron ce jeudi après la victoire de l’Inter face à Ludogorets en C3, le Mistera sèchement mis fin à son entretien avec la Sky : « Oui, ok, au revoir, au revoir. »

De fait, le contentieux entre les deux hommes persiste, Agnelli n’ayant jamais vraiment digéré le départ tapageur de Conte du Piémont en 2014. Le patron de la Juve avait même déclaré ceci, en 2017 : « Je remercie personnellement Allegri (alors entraîneur de la Vieille Dame, N.D.L.R.) qui, avec ses capacités et sa volonté d’aller vers l’avant, a continué à porter un travail terminé pour certains. » Une attaque un tantinet vicelarde, à laquelle Conte avait répondu sur son compte Facebook : « Dans la vie, on n’arrête jamais de connaître les personnes… Parfois, un minimum de reconnaissance suffirait. Et de maturité. » C’est un test grandiose de maturité, justement, qui attendra ses Nerazzurri ce dimanche à Turin, face à une Juve qui, même diminuée, reste un redoutable adversaire. Un blockbuster du genre épique, où Antonio Conte endossera un rôle encore indéterminé : de tragique vaincu à héros revanchard, la différence ne tient souvent qu’à un petit but synonyme de potentielle bascule dans cette Serie A.

Un Panichelli vous manque, et tout est dépeuplé

Par Adrien Candau

Tout propos issus de Sky Sport et La Gazzetta dello Sport

À lire aussi
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
  • Légende
Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead

Alors que Thomas Bangalter est partout, du nouveau film de Cédric Jimenez au nouvel album d'Orelsan en passant par la fête de fermeture du Centre Pompidou, c'est le moment de relire notre grand récit sur la fin de Daft Punk !

Les grands récits de Society: Daft Punk's Not Dead
Articles en tendances
cdm-removebg-preview
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire)   - Photo by Icon Sport
January 28, 2026, Lisbon, Lisbon, Portugal: Anatoliy Trubin of SL Benfica celebrates a goal during the UEFA Champions League 2025/26 League Phase MD8 match between SL Benfica and Real Madrid C.F. at Estadio do Sport Lisboa e Benfica on January 28, 2026 in Lisbon, Portugal. (Credit Image: © Irina R. Hipolito/AFP7 via ZUMA Press Wire) - Photo by Icon Sport
  • Mondial 2026
Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Le XI des joueurs qui vont rater le Mondial

Votre avis sur cet article

Les avis de nos lecteurs:

31
Revivez PSG-Toulouse (3-1)
Revivez PSG-Toulouse (3-1)

Revivez PSG-Toulouse (3-1)

Revivez PSG-Toulouse (3-1)

Nos partenaires

  • #Trashtalk: les vrais coulisses de la NBA.
  • Maillots, équipement, lifestyle - Degaine.
  • Magazine trimestriel de Mode, Culture et Société pour les vrais parents sur les vrais enfants.