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Habib Beye : « Si je n’étais pas prêt, je ne serais pas venu à l’OM »

Moins de deux semaines après avoir été débarqué du Stade rennais, Habib Beye a été présenté comme nouveau coach de l’OM, à la veille du match contre Brest. L’ancien défenseur de Marseille se dit prêt à répondre à ce grand défi, dans un contexte qu’il connaît très bien.
Que peux-tu dire sur le ressenti de ces derniers jours ? 48 heures suffisent pour préparer le match de demain contre Brest ?
J’ai un grand attachement à l’Olympique de Marseille, dû à mon passé en tant que joueur. Je suis fier d’être ici et c’est un très beau moment, mais il faut sortir des émotions et s’investir dans la préparation de ce match. Je viens d’arriver, mon impact est limité, mais on aura plus de temps en Espagne. J’ai juste eu le temps d’appeler ma mère pour lui annoncer ma signature ici, car je le lui avais promis. Il faut être concentré sur le travail à faire. Le meilleur moment, ce serait demain soir avec une victoire, mais ça va demander beaucoup de travail.
Est-ce le bon moment pour toi pour entraîner l’OM ? Est-ce que tu as les épaules ?
Je n’ai rien à répondre à ça, je pars du principe qu’il n’y a pas de moment, d’épaules, de timing. Je me suis construit dans le temps à travers ce que j’ai fait, étape par étape, d’abord en National. Ce qui m’intéresse maintenant, c’est que je suis là, car j’ai travaillé pour. Je veux remettre l’OM au plus haut et répondre aux objectifs fixés.
Je ne considère pas que l’équipe soit malade.
Es-tu prêt pour l’OM, une équipe considérée comme malade ?
Je ne considère pas que l’équipe soit malade. Dans mon précédent club, je suis arrivé dans une dynamique très négative et nous avons réussi à changer les choses. Il y a une grande volonté de travail. Si je n’étais pas prêt, je ne serais pas venu, je considère que j’ai un travail à réaliser. Il faut savoir accepter et endosser la pression quand on est à l’OM.
Quelles leçons retiens-tu de ton passage à Rennes ?
Pour moi, c’est du passé. Toutes les expériences vous amènent à apprendre. Je veux être confronté aux challenges. Ce qui est intéressant dans ce que je vis, c’est cette volonté d’aller chercher plus haut. Si vous n’avez pas le courage de relever ces défis-là, il ne faut pas faire ce métier.
Une défense à trois ou à quatre, est-ce anecdotique ?
J’ai des profils qui peuvent jouer dans les deux systèmes, qui s’adaptent très vite. Quand on arrive et qu’on a 24 heures, il faut savoir ce qui a été mis en place avant et ne pas changer d’un seul coup. On cherche une forme de continuité pour gagner à Brest. Le stage en Espagne permettra de travailler le fond.
Les premières images d'Habib Beye à l'entrainement avec l'@OM_Officiel #TeamOM #Beye pic.twitter.com/Ryq8imY1A5
— BFM Marseille Provence (@BFMMarseille) February 19, 2026
L’OM détient aujourd’hui le record de buts encaissés dans les dernières minutes en Europe, comment y remédier ?
Il y a des scénarios qui se renouvellent et il y a des raisons à cela, il faut savoir les analyser. À l’intérieur, ce sera important de prendre le pouls de l’équipe. Il faut travailler sur l’aspect défensif, avec des situations comme la remontée collective. Ne pas subir, être une équipe dominante…
Tu as signé jusqu’en 2027, quelle est ta mission exacte pour ce court terme ?
J’estime qu’il n’y a pas court de terme. En tant que coach, il n’y a pas de recherche pour garantir quelque chose sur de nombreuses années, on est soumis aux résultats. Je suis très content de ma situation contractuelle, c’est à nous de faire les choses pour rendre la confiance de Frank McCourt, de Medhi Benatia et du groupe en allant chercher la qualification en Ligue des champions. Pour que tout le monde soit aligné en tant que club et mettre l’OM le plus haut possible.
Je connais le contexte, mais il a évolué depuis 20 ans. Il faut arriver à ressentir et à respirer cette ville de Marseille.
Entre ta situation à Rennes et celle de Marseille, qu’est-ce qui a été le plus dur à gérer ces derniers jours ?
Rennes et Marseille c’est éloigné, donc la distance était contraignante. (Sourire.) Chaque chose se fait en son temps, je pars du principe qu’il y avait une situation de mon côté, mais aussi à Marseille. Les logiques se sont faites naturellement ensuite. Il faut montrer notre détermination : c’est dans ces moments-là que vous révélez votre caractère et le projet que vous avez. Si vous ne voulez pas être exposé, il ne faut pas être là.
Comment s’est passée la découverte de l’effectif ? Est-ce qu’il y a un avantage d’avoir joué Brest en décembre ?
Le fait de venir et d’avoir entraîné en Ligue 1 permet de gagner du temps, mais le travail du staff compte aussi. Les gens que j’ai côtoyés en tant que joueur sont contents de me revoir, et moi de même. J’ai exposé mes ambitions aux joueurs, la connexion a été bonne. Ce sont eux le moteur. Un élément est fondamental pour moi : le plaisir. Il faut prendre du plaisir à représenter l’OM à chaque seconde qu’on vit.
Que peuvent t’apporter les quatre années passées ici en tant que joueur ?
Je connais le contexte, mais il a évolué depuis 20 ans. Il faut arriver à ressentir et à respirer cette ville de Marseille. Je connais les valeurs d’ici et c’est le seul atout, je n’ai pas plus de crédibilité qu’un autre, je serai attendu au niveau des résultats. Et ça passe par une victoire à Brest, ce qui s’annonce difficile, car c’est une équipe qui a posé problème à beaucoup d’autres.
Bienvenue à Marseille 𝐇𝐚𝐛𝐢𝐛 🤝 pic.twitter.com/P6iqfHlgY1
— Olympique de Marseille (@OM_Officiel) February 18, 2026
Quels sont tes principes de jeux ?
J’aimerais qu’on soit une équipe verticale, qui propose du foot et soit dominante. Vendre un projet de jeu est prématuré, mais ce qui importe, c’est de vibrer. Les gens ont envie de se reconnaître dans cette équipe. Il faut que le foot ressemble à cette ville et à ce que propose ce stade. Sinon, vous êtes sanctionnés très vite par le public, qui sont des amoureux de l’OM et du foot.
Est-ce qu’il y a envie de proposer des innovations et de sortir de cette image de pragmatique que tu as pu avoir à Rennes ?
Quand je reprends Rennes, ils sont 16es de L1. Les innovations quand vous êtes 16es, c’est secondaire. Il faut être un peu pragmatique, pour que l’équipe retrouve de la confiance à travers les résultats. Je ne veux pas revenir sur le passé, mais Rennes était 6e quand on est partis. On peut être pragmatique, il y a une volonté de progression à travers tout ce qu’on a fait. Ce temps est très réduit jusqu’au match de Brest, il faut évaluer notre groupe pour pouvoir progresser en tant qu’équipe.
Roberto De Zerbi était très volcanique. Penses-tu qu’il faut ramener du calme sur le banc ?
On est tous différents en tant que coach. Je me souviens de quelqu’un qui m’est très cher, mon père spirituel, Pape Diouf, qui m’avait dit un jour : « Quand le feu brûle à Marseille, parfois il faut le laisser brûler, car il s’éteint tout seul. » C’est un club qui vous amène dans des émotions immenses, il faut savoir rester froid, calme, serein. Je peux être volcanique à l’entraînement, sur le terrain, c’est lié aux émotions que vous vivez avec votre équipe. Je dois aussi sentir son pouls. Il faut apaiser ce contexte, qui restera volcanique. C’est aussi ce qui fait la beauté de ce club.
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