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En Suisse, l’argent ne fait pas Thoune

Par Ethan Ameloot
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En Suisse, l’argent ne fait pas Thoune

Tout juste promu en première division suisse, le FC Thoune peut rêver d’un exploit. Avec douze points d’avance sur le deuxième à 13 matchs de la fin, le club suisse pourrait soulever le trophée et, pourquoi pas, viser une qualification en Ligue des champions l’année prochaine. Il se passe quoi, au bord du lac ?

Il était une fois, dans les montagnes suisses au sud de Berne, un petit village en bord de lac que personne ne connaissait. À force d’un travail acharné et malin, ses habitants l’ont fait connaître jusqu’à faire de l’ombre aux grandes villes du pays. Ce conte, il est réel. Encore en deuxième division l’année passée, le FC Thoune est aujourd’hui leader de Super League. Les Rouge et Blanc comptent 12 points d’avance sur le premier poursuivant et même si, après la phase classique, il restera cinq matchs de play-off entre les six premiers, rêver reste permis.

En bout de chaîne du 4-4-2 de Mauro Lustrinelli se trouve le Français et international martiniquais Brighton Labeau, arrivé depuis Guingamp cet été. Le natif d’Aubervilliers, passé par les équipes de jeunes de l’AS Monaco avec Kylian Mbappé, le Rapid Bucarest ou encore l’Union saint-gilloise en Belgique, se plaît bien en Suisse. La french connection, son trio avec Christopher Ibayi et Kastriot Imeri, met l’ambiance dans le vestiaire helvétique. « On rajoute cette petite touche d’amusement à la française. Les Suisses savent aussi s’amuser mais voilà… », charrie-t-il.

Si ses statistiques personnelles ne sont pas folles, son club, en revanche, cartonne. « Ce n’est pas ma meilleure saison, mais je prends du plaisir en faisant des courses qui libèrent de l’espace pour les autres, raconte l’attaquant. En fait, il n’y a pas un mec qui brille plus que l’autre dans cette équipe. » En 23 matchs de championnat, Labeau n’a marqué que deux fois, mais peu importe : Thoune est en tête du classement. Une situation impensable en début de saison, d’autant plus que le champion en titre, le FC Bâle de Xherdan Shaqiri, est à 18 unités du club du canton de Berne.

Un pour Thoune, Thoune pour un

Cet été, le FC Thoune se voyait haut, mais pas à ce niveau. « L’objectif du club était clair, c’était de rester dans le top 6 et d’éviter les 6 dernières places qui jouent le groupe de relégation », pose Labeau. Une demi-saison plus tard, le FC Thoune dépasse largement ses attentes, et même si la fameuse tirade du « on prend chaque match l’un après l’autre » ressort, une lumière clignote de plus en plus dans chaque esprit de la Stockhorn Arena. « Le détail qui est venu s’ajouter, c’est qu’on a un titre potentiellement atteignable. Avec ce qu’on est en train de faire, on ne peut pas viser plus bas, avoue le Français. En plus, on peut écrire l’histoire, ça motive encore plus. Et sur ces derniers matchs, on voit que les résultats de nos concurrents sont favorables, donc… »

Ce qu’il se passe à Thoune, je n’avais jamais vu ça. Le président et le directeur sportif sont très souvent là, avec nous. On est une famille. On fait des petits-déjeuners ensemble avec l’équipe, le staff et la direction.

Brighton Labeau

Le FC Thoune impose une cadence que ses concurrents n’arrivent pas à suivre. Le FC Lugano, actuel 3e à 15 points, vient d’enchaîner quatre matchs nuls (à chaque fois 1-1) et, malgré sa constance, le FC Saint-Gall perd des points par-ci par-là. Les historiques Grasshopper Zurich (27 titres), FC Servette (17) et Young Boys (17) sont déjà, à moins d’un exploit, hors course pour soulever le trophée en fin de saison. Les étoiles s’alignent pour Thoune.

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Le petit commence à effrayer les grands. Avec un budget trois à quatre fois plus faible que les cadors suisses, il faut s’appuyer sur d’autres leviers pour performer. « Il y a des mecs contre qui je jouais il y a 5 ans qui sont encore là », rappelle Labeau pour évoquer le projet à long terme du club. À l’image d’un club comme l’Union saint-gilloise, le hors-terrain est tout aussi important que les prestations sur le gazon. « C’est comparable, c’est un club familial aussi. Mais ce qu’il se passe à Thoune, je n’avais jamais vu ça, s’émerveille l’ancien d’En Avant. Le président et le directeur sportif sont très souvent là, avec nous. On est une famille. On fait des petits-déjeuners ensemble avec l’équipe, le staff et la direction. » Ambiance colo dans la montagne.

Pour recruter, « ils ne regardent pas que les qualités en tant que joueur, ils regardent si le mec peut s’intégrer au collectif et à l’équipe ». Un scouting qui peut prendre du temps. C’est pourquoi l’effectif a si peu bougé comparé aux autres équipes ces dernières années. « En janvier 2022, ils me suivaient déjà et depuis, ils n’ont pas cessé de me demander de signer chez eux. Ils connaissaient mes qualités, mais aussi ma personnalité », poursuit Labeau. Un football assez technique et moins physique qu’en France, c’est ce qui lui convient. En 2023, en deuxième division au Lausanne-Sport, il finit meilleur buteur et joueur du championnat et contribue à la promotion des siens en Super League.

Une montagne à gravir

Sur le bord du lac de Thoune, on assume que les attentes ont changé. « Avant la trêve, on n’était pas encore sur cet objectif de gagner le titre. Mais dernièrement, avec l’enchaînement de victoires, on s’est dit qu’il y avait quelque chose à faire, avoue le numéro 96. On a vu qu’on creusait l’écart et au plus il y a de matchs qui passent, au moins il y a la possibilité qu’on nous rattrape, si on continue de gagner bien sûr. Et forcément, là, tu commences à parler du titre. » Et si titre il y a, le club retrouverait l’Europe et peut-être la Ligue des champions dont la mythique musique était déjà passée dans le stade en 2005.

Mais avant, il y a potentiellement les barrages, l’indice UEFA de la Suisse n’étant pas élevé. « C’est un rêve qu’on peut toucher du doigt, se permet Labeau. Si c’est la Ligue des champions, c’est génial, mais si c’est la Ligue Europa, c’est très bien aussi. » Avant de rêver à un parcours européen, « il faut rester concentré sur ce qu’on fait actuellement, viser le titre ». Y aura-t-il un happy ending à cette épopée ? On le saura dans treize matchs.

Gagner le premier trophée de leur histoire, qui plus est le titre de champion de première division, pour un club qui n’était encore que dans l’antichambre l’année passée, c’est le genre d’événement d’une vie pour la ville de Thoune et ses presque 45 000 habitants. Attention à l’avalanche de bonheur qui peut s’abattre sur la Suisse en mai prochain.

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