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Coronavirus : et le foot redevint simplement un sport

Par Nicolas Kssis Martov
Coronavirus : et le foot redevint simplement un sport

Après deux décennies de règne quasi sans partage et de statut hors norme, le foot redécouvre de manière inattendue avec l’épidémie de coronavirus (qui pensait qu’une maladie puisse en Occident provoquer une telle situation à la Walking Dead ?) qu’il ne demeure après tout qu’un sport, parmi d’autres, juste une distraction dispensable. Et que sa popularité ou son impact social et économique peuvent également connaître des limites.

On l’a presque oublié. Avant de s’élever au rang de grandiose communion nationale et pour tout dire de quasi-pilier de notre vie sociale, le foot représenta d’abord un sport, juste une passion athlétique qui finit par se démocratiser. Il ne constitua longtemps que cela, onze gars qui se réunissaient pour taper le cuir, en district ou en D1, entre potes, avec éventuellement Monsieur le maire qui se déplaçaient aux vestiaires afin de serrer des paluches. Une discipline éminemment populaire, mais rien qui puisse empêcher le pays de dormir. Et question monnaie sonnante et trébuchante, même le traditionnel tiercé semblait peser infiniment plus lourd dans les poches de Marianne.

Des célébrations black-blanc-beur aux psychodrames identitaires

Or, depuis 1998, le ballon rond a changé de dimension. Il a pris l’habitude d’occuper de plus en plus d’espace, voire de s’installer à la table des grandes instances de la République. De rythmer parfois même l’actualité et d’y imposer ses petits tracas ou ses angoisses existentielles. Des célébrations black-blanc-beur de 1998 aux psychodrames identitaires de Knysna en 2010 : l’agenda de nos névroses tricolores se décryptait parfois d’abord dans L’Équipe avant de venir envahir les débats sur les plateaux télé. Même PSG-OM était devenu un Classico programmé chaque saison comme un moment incontournable, un choc sur lequel chacun, et désormais chacune, devait avoir son opinion, le tout dramatisé à souhait.

Sans parler de son économie, qui ne cessa de prendre du bide. Au point qu’il n’est plus possible d’en regarder les colonnes comptables en milliards (les droits télé par exemple) sans être fasciné par cette petite révolution capitaliste à crampons au royaume de la subvention municipale et des entreprises paternalistes. Résultat : le foot, et la LFP, avaient pris l’habitude d’exiger un traitement à part, sinon de faveur, réclamant que cette nature hydrique de religion laïque, de secteur financier Pantagruel, et pour tout avouer d’acteur politique, soit considérée à sa juste mesure. Ni les ministres des Sports ni bien sûr le CNOSF, vu comme une amicale de clubs omnisports, ne paraissaient dignes de lui parler d’égal à égal. Thiriez allait directement voir Sarkozy pour causer fiscalité. Le chef de l’État reprenait les dossiers en main dès que les choses se révélaient vraiment sérieuses.

Coronavirus et humilité

La crise sanitaire déclenchée par l’épidémie de coronavirus vient de lui donner une petite leçon d’humilité. Dans ce monde, et dans l’Hexagone, il existe encore des sujets et des préoccupations qui peuvent prendre le pas sur la sacro-sainte enclave du multiplex du samedi soir. Certes, les gilets jaunes avaient réussi à provoquer le report de quelques matchs, afin de soulager des forces de l’ordre épuisées. Juste quelques reports. Seulement au fur et à mesure que l’on grimpe dans les stades d’alerte et de gestion de la pandémie, il devient évident que le foot va s’en retrouver une des principales victimes. Avec la généralisation des matchs à huis clos (avec une jauge de mille, même le national est concerné), les championnats vont désormais se dérouler dans le somptueux et terrible silence de cathédrales vidées de leurs fidèles.

De quoi vexer des joueurs qui regardaient souvent les gradins vides des autres sports collectifs avec beaucoup de commisération. En dehors des dégâts inévitables sur les budgets, pour des clubs de L1 et L2 qui cumulent déjà 150 millions de pertes, voilà que le COVID-19 met également en chômage technique des dizaines de milliers d’ultras, ces incontournables vecteurs de la passion foot et de son ode de chocs sociaux ou culturels dans nos villes. Dernière humiliation, la quarantaine est annoncée par Roxana Maracineanu, au milieu d’un pot-pourri de décisions, comme si PSG-Dortmund n’était plus une grande cause nationale. Évidemment, personne n’ose gueuler, urgence sanitaire nationale oblige, toutefois voilà un traitement dont on avait perdu l’habitude pour le foot.

Retour au jeu ou à la SF ?

Serait-ce une chance pour le foot ? Une petite cure ou diète d’humilité avec le retour au jeu, aux matchs amateurs à suivre sur le bord de la pelouse derrière la rambarde, ou même de se recentrer sur le ballon et non seulement ses enjeux extrasportifs ? Ou allons-nous tous finir devant nos écrans à applaudir des gladiateurs modernes s’affrontant dans des enceintes peuplées de fantômes, où raisonnent les cris épars des entraîneurs et des coéquipiers, après s’être fait livrer à manger sur Uber Eats ? La société a horreur du vide. Nous allons bien voir quelle place y tient finalement le foot quand il s’arrête.

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Par Nicolas Kssis Martov

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