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Borgne Toulouse…

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Borgne Toulouse…

Avant de jouer le PSG (victoire 1-0, hier soir), on s'interrogeait sur le TFC : mais pourquoi diable Toulouse est n'est que 15ème du championnat ? Explications en rafale : les blessés, la pelouse pourrie, la malchance, Madoff, Lehmann Brothers, Kadhafi, etc. En fait, le drame du Téfécé, c'est que cette équipe a fini par ressembler absolument à la caricature qu'on s'en faisait : Toulouse, c'est Gignac et puis c'est tout.

La Parisienne est bonne fille. Elle avait offert une victoire sympa (2-0) à Miss Monaco qui a mis l’ASM sur orbite, toute fière aujourd’hui de frimer à la 4ème place du classement (ce qui n’est pas non plus immérité). Et comme elle est vachement cool, la Parisienne a remis ça avec Toulouse. Toujours la même pastille : Paris arrête de jouer dans le dernier quart d’heure en laissant des trous béants dans son couloir gauche à cause de parce que Stéphane Sessegnon se replace pas défensivement et à cause de parce que Armand y l’est dans le rond central et qu’on se demande bien ce qu’y fout là. Ebondo a donc marqué, décalé seul à gauche, sur une percée Sissoko (à la 75ème)… Monaco et TFC : pour Paris-Plage, mêmes pelouses pourries ensablées, mêmes causes sessegnonesques et mêmes effets ravageurs avec défaites sur des buts encaissés venant de la gauche caviardée. Allez ! On met les pieds dans le plat : faut vendre Sessegnon. Faut le laisser partir où il veut et faire cracher sévère tous ceux qui veulent l’acheter. L’a pas la tête à Paris, Stéphane ! Il rêve d’Angleterre. Il se trompe : c’est la Bundesliga qui serait l’idéal pour lui. Et ce n’est pas péjoratif. Okocha a fait les beaux jours de l’Eintracht Francfort (1992-96). Alors, OK, c’est vrai, on fait jouer Stéphane à gauche alors qu’il réclame l’axe. Mais est-ce que ça changerait grand-chose ? P’têt pas… Alors faut vendre.

Quel rapport avec Toulouse ? Ben faut vendre aussi. Vendre qui ? Ben Gignac, pardi ! Fallait le laisser partir à Lyon cet été : André-Pierre n’a pensé qu’à ça et comme ça s’est pas fait, ça l’a perturbé en début de saison et il a pas été bon. Avec Toulouse, Gignac est grillé en L1. Avec lui, le TFC est l’équipe la plus stéréotypée, la plus prévisible de L1. Suffit de neutraliser Gi-gi. Hier soir, Sakho (loin des buts) et Sam Traoré (dans les 20 derniers mètres) l’ont muselé facile : comme Gignac joue beaucoup dos au but, faut juste pas le laisser se retourner ou avant, l’empêcher de capter le cuir. C’était le cas, hier. Et voilà Toulouse dans la merde. Parce qu’à Toulouse, y’a pas de Plan B : tout le monde joue sur lui, avec une boussole qui indique toujours l’Ouest : le couloir gauche, là d’où André-Pierre aime décoller. C’est la facilité obsessionnelle toulousaine : trouver Gignac et puis laisser le sanglier aller déterrer des truffes ! Y’a que les Ferrugiens et les Autrichiens qu’étaient pas au courant et qu’ont morflé…

Trouver Gignac. Le laisser faire l’exploit tout seul. C’est l’option tactique essentielle et quasi unique toulousaine : ça se sent dans l’esprit des joueurs et ça se voit dans le jeu où la construction offensive frôle souvent le néant dès qu’il s’agit de varier un peu. Combien de pertes de balle au milieu, combien de ballons balancés devant, quand ce ne sont pas des passes ratées qui roulent paresseusement en touche en sniffant la ligne médiane ?… A-t-on pris la peine d’apprendre à jouer ensemble en faisant un peu abstraction de Gignac ? Bof… Avec Sirieix, Machado et Sissoko, y’a pourtant de quoi faire au milieu : poser le jeu, dédoubler, orienter sur les côtés. Même pas ! Un mot d’ordre : “Where is Gignac ?”. Même le petit Tabanou qu’est pas mauvais, y doit toujours refiler son goûter au “Grand du CM 2”, André-Pierre… On va nous saouler avec le formidable “mouvement collectif” qui a abouti au but d’Ebondo. Un leurre et l’argent du leurre. Ce but c’est plus une erreur tactique parisienne impardonnable (Sessegnon à Hoffenheim !) et joliment exploitée plutôt qu’une phase de jeu mûrement travaillée à l’entraînement. Et puis, ne se reposer que sur Sissoko au milieu, ça va pas le faire longtemps, sur la distance. La force du TFC l’an passé, c’était justement une plus grande richesse dans le jeu et pas la monoculture actuelle qui ne donne qu’une demie récolte par an (avec 8 buts en 9 matchs, Toulouse est la 15ème attaque de L1 !). Braaten, Didot, Sissoko… et Gignac : ça avait de la gueule, ça variait un peu. Bergougnoux aussi, tiens ! Mais bon, l’a été vendu à Lecce. Misère. Au fait, Toulouse avait fessé Paris 4-1, l’an passé…

On comprend mieux pourquoi le TFC galère autant cette saison et que Gignac marque si peu (un seul malheureux but raccroc contre St-Étienne), placé qu’il est dans la situation infernale du buteur muet qui doit à tout prix marquer, marquer, marquer. Et réaliser ses mêmes performances d’avant (24 buts, l’an passé, meilleur buteur de L1) : que du stress en perspective ! Un peu comme Podolski au Bayern, sommé d’outre-marquer à chaque match et ratant de ce fait complètement son passage en Bavière. Bizarrement, c’est en sélection que Lukas et André-Pierre s’éclatent vraiment… Voilà. Gignac va finir cette saison 2009-10 sur les bords de la Garonne. La saison de trop. Un peu comme Benzema, l’an passé à l’OL. Une année de stagnation à rouler son rocher de Sisyphe sous les encouragements du Stadium qui sonne un peu creux. Cette saison, Gignac ne grandira pas des masses, et le Téfécé non plus. Alors faut vendre. Ça forcera Toulouse à se remettre en cause et explorer d’autres voies tactiques. On souhaite quand même bonne chance au Téfécé en Europa League : Yohann Pelé est de retour, il va faire des exploits, ça se sent… Sinon, un bon point pour le “petit” Dany Nounkeu (23 ans), jeune arrière central étonnant de sang-froid et d’intelligence qui a superbement bien tenu la baraque en l’absence des Cetto-Fofana. Enfin, observer Capoue et ses tresses (comme Rio Ferdinand) et prendre l’air mauvais (comme Rio Ferdinand) quand il sèche Sessegnon, c’est une bonne approche pour se retrouver bientôt en Premier League. Petit rusé, va…

Que reste-t-il à raconter sur ce PSG ?

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