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Blues vers la dépression ?

Par Dave Appadoo
3' 3 minutes
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Blues vers la dépression ?

Chelsea reçoit Manchester United (à 17h) dans une drôle d’atmosphère entre les déboires de Terry (absent cet après-midi) et surtout une équipe à la dérive en Premier League (4e avec quinze points de retard sur City). Comment les Blues en sont arrivés là ?

C’est une première dont se serait bien passé le club londonien mais le fait est là : pour la première fois depuis la saison 2002-2003, Chelsea ne dispute pas le même championnat que Manchester United. A l’époque, Roman Abramovitch s’apprêtait seulement à poser ses valises sur les bords de la Tamise pour reprendre le pensionnaire de Stamford Bridge alors aux mains de Ken Bates. Depuis l’arrivée du multi milliardaire russe, Chelsea avait toujours fait le match avec les Red Devils. Il faut dire que depuis cette époque, ceux qui allaient rafler trois titres de champions d’Angleterre en cinq ans figuraient un bloc incroyablement soudé, homogène, quasi indestructible. Longtemps, les Blues ont opéré selon un modus operandi savamment établi par José Mourinho de 2004 à 2007 et consciencieusement entretenu par la suite : un bloc bas, un milieu très actif, une recherche rapide de Didier Drogba en pointe et une science sans égale du second ballon, le tout dans un 4-3-3 idoine à peine retouché par le sapin de Noël de Carlo Ancelotti, une variante un poil plus joueuse mais terriblement raccord sur les fondamentaux. Durant une demi-douzaine, Chelsea a probablement été la plus grosse machine de guerre du royaume, à défaut d’être la plus belle, une promesse permanente d’un combat acharné sans pouvoir rêver de se procurer face à eux beaucoup d’occasions, avec a contrario l’assurance d’être puni à la moindre ouverture laissée à ces lascars d’un réalisme comme la Premier League n’en avait jamais connu. Une référence, dans son genre.

La révolution Villas-Boas

Mais depuis l’an passé, le fil s’est comme qui dirait cassé. Déjà, lors de la seconde partie du mandat d’Ancelotti, le bloc bleu s’était lentement désagrégé, malgré un sursaut d’orgueil spectaculaire en fin de saison (quinze points de retard sur MU rattrapés en moins de deux mois entre mars et mai) avant que les ultimes espoirs londoniens ne viennent se fracasser à Old Trafford lors du match décisif pour le titre. Aujourd’hui, Chelsea compte « seulement » douze points de retard sur les Red Devils mais personne n’imagine les Blues revenir faire le match avec les deux clubs mancuniens. Il y a davantage l’idée d’une saison de transition désormais, même si l’objectif absolu reste la quatrième place pour espérer une dixième qualification d’affilée en Ligue des champions. Avec André Villas-Boas à la baguette, Chelsea cherche désormais la possession du ballon, une idée nouvelle de ce côté de l’ouest de la capitale, selon un 4-2-3-1 où le bloc est situé bien plus haut que ne l’indiquaient les préceptes mourinhesques. L’idée est séduisante et fait sens. Sauf qu’AVB doit encore composer avec un ensemble biberonné à l’évangile précédent et demander à John Terry de diriger sa défense à quarante mètres de Petr Cech relève du suicide, tout comme demander à Frank Lampard d’animer le jeu tout près de la ligne de front adverse, rôle dévolu à Juan Matta (une des rares satisfactions avec le Brésilien Ramires). Le basculement vers la nouvelle formule est d’autant plus délicat que devant, Fernando Torres s’apprête à faire péter une stat saisissante : quatre minutes après le coup d’envoi de cet après-midi, cela fera exactement dix-huit heures qu’El Nino n’a pas marqué le moindre pion. Reste un dernier espoir pour ne pas se faire broyer par un Manchester emmené par l’infernal Wayne Rooney (Stéphane Guy, big up) : l’orgueil face à ce rival détesté que l’on priverait bien d’un nouveau sacre. Ça semble peu mais ça peut faire la différence. Au moins aujourd’hui…

Angleterre-Argentine : toujours plus que du foot

Par Dave Appadoo

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