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Amine Adli : « Ramener le bac à ma mère, c’était une fierté »

Propos recueillis par Raphaël Brosse
Amine Adli : « Ramener le bac à ma mère, c’était une fierté »

Blessé pendant de longs mois, Amine Adli est enfin de retour dans le groupe des Espoirs, qui affrontent la Norvège ce samedi (21h). L’occasion de prendre quelques nouvelles du percutant gaucher de 22 ans, directement passé de la Ligue 2 à la Bundesliga il y a un peu plus d’un an et qui est désormais entraîné par un certain Xabi Alonso.

Tu n’avais pas été convié aux deux derniers rassemblements des Espoirs à cause de pépins physiques. Qu’est-ce que ça te fait de retrouver ce groupe ?Ça m’avait carrément manqué. Je suis très content de revenir en équipe de France, de pouvoir rejouer avec mes amis. Je n’étais pas stressé par l’attente de la liste. Je savais juste que si je n’avais pas été appelé, j’aurais continué à travailler davantage. C’était quelque chose qui devait se faire naturellement, je n’avais pas la pression.

C’est la première fois qu’on est convoqués en même temps avec les Bleuets. Ça fait longtemps qu’on n’a pas joué ensemble, donc on va d’abord essayer de rétablir le réseau rapidement.

Le secteur offensif des Bleuets regorge de talent (Amine Gouiri, Rayan Cherki, Elye Wahi…). Quel est le petit plus que tu peux apporter ?Il y a déjà beaucoup de joueurs très techniques. Ce que je dois faire, c’est apporter ma technique en mouvement, ma vitesse, mon jeu en redemande. Le coach (Sylvain Ripoll, NDLR) veut que je sois très actif, ce qui colle à mon football. C’est comme ça, en percutant énormément, que j’arrive à créer des espaces et à faire la différence.

Tu retrouves ton grand pote Manu Koné, avec lequel tu as grandi au sein du centre de formation toulousain. Est-ce que tu penses que la connexion 5G sera aussi puissante en Espoirs qu’avec les Violets ? J’espère ! C’est la première fois que nous sommes convoqués en même temps avec les Bleuets. Ça fait longtemps qu’on n’a pas joué ensemble, donc on va d’abord essayer de rétablir le réseau rapidement. Mais la connexion ne se perd pas, c’est sûr. Rien qu’en deux séances d’entraînement, on a réussi à retrouver nos marques. C’est une vraie fierté de voir qu’on a réussi à arriver en Espoirs ensemble.

Du centre de formation jusqu’à tes débuts en pro, tu as passé des années très riches au TFC. Qu’est-ce que tu préfères retenir de cette période ?Ma saison en Ligue 2 (2020-2021, à l’issue de laquelle il est élu meilleur joueur du championnat, NDLR). C’était une sorte d’aboutissement, c’est à ce moment que j’ai récolté les fruits de tout le travail effectué jusqu’alors, avec les éducateurs du centre de formation. Bien sûr, j’aurais préféré qu’on monte dès 2021, au lieu de perdre en barrage (contre Nantes, NDLR). Mais ça a été un mal pour un bien, puisque le club a été promu la saison suivante en étant champion.

D’ailleurs, est-ce que tu as toujours un œil sur les résultats de Toulouse ?Évidemment ! Je continue à regarder les matchs, surtout lorsque Moussa (Diarra, NDLR) joue. Quand il me prévient la veille en me disant qu’il sera titulaire, je suis obligatoirement devant l’écran dès le coup d’envoi. J’espère qu’ils vont se maintenir. Il y a une belle équipe, qui devrait repartir de l’avant après la trêve.

À ton palmarès, on remarque aussi qu’il y a un bac STMG, obtenu avec la mention bien. C’était important pour tes parents, j’imagine… Les études, pour moi, ce n’était pas quelque chose à prendre à la légère. Ma mère et ma sœur m’ont toujours poussé pendant ma scolarité. Elles faisaient attention à mon bulletin, regardaient les appréciations des profs, voulaient s’assurer que j’étais toujours sérieux, même quand j’étais seul à Toulouse. Ramener le bac à ma mère, c’était une fierté. Mon père, lui, me demandait avant tout d’avoir un bon comportement à l’école, mais c’est vrai qu’il était plus branché foot. (Rires.)

J’aurais pu choisir une équipe intermédiaire, au lieu de monter tout de suite dans un championnat aussi qualitatif. Mais au fond de moi, j’avais l’ambition et l’envie de rejoindre un tel club.

À l’été 2021, tu finis par quitter Toulouse pour rejoindre le Bayer Leverkusen. Comment as-tu vécu ce changement de dimension ?Assez tranquillement. J’ai été performant en Ligue 2, donc la suite logique, c’était de viser plus haut. C’est sûr que j’aurais pu choisir une équipe intermédiaire, au lieu de monter tout de suite dans un championnat aussi qualitatif. Mais au fond de moi, j’avais l’ambition et l’envie de rejoindre un tel club. En plus, le vestiaire était super jeune, il y avait des joueurs qui parlaient français, dont Moussa (Diaby, cette fois, NDLR), qui a vraiment favorisé mon intégration. Ça a été plus facile que ce que je pensais.

Moussa Diaby s’épanouit depuis son arrivée à Leverkusen, il y a trois ans. C’est un exemple à suivre ?C’est un jeune, il est français, ne se blesse presque jamais, joue tous les matchs, est super décisif, déterminé… Je regarde beaucoup ce qu’il fait, c’est le coéquipier dont je m’inspire le plus. En dehors du foot, on mange au restaurant ensemble, on sort, on va faire les boutiques. Il m’a bien aidé depuis mon arrivée.

Lequel des deux est le meilleur à FIFA ? Moi, mais ce n’est pas très difficile : il n’y joue quasiment jamais. (Rires.)

Parfois, je dois utiliser mon pied droit, mais il ne coopère pas trop avec ce que j’ai envie de faire.

Concrètement, qu’est-ce que tu as dû travailler, changer dans ton jeu pour t’adapter aux exigences de la Bundesliga et des coupes d’Europe ?Déjà, l’intensité des courses. Quand tu pars en sprint, sur une contre-attaque ou un appel, tu dois le faire à 100%, parce que sinon tu te fais bouffer direct par les défenseurs. Dans tout ce que tu fais, il ne faut surtout pas douter, y aller à bloc et éviter d’avoir trop de déchet technique, car ça ne pardonne pas. Les équipes perdent rarement la balle, sauf en cas de grosse prise de risque. Il y a une énorme exigence par rapport à ça. À Toulouse, j’aimais bien prendre des risques, et c’est vrai que, parfois, je pouvais perdre des ballons faciles au milieu de terrain. J’ai dû travailler pour éliminer ce déchet-là de mon jeu.

On connaît très bien ton pied gauche, qui a fait des ravages en Ligue 2. Mais est-ce que tu te sers aussi de ton pied droit, désormais ?Non, toujours pas ! Je pense même que je fais encore plus confiance à mon pied gauche qu’avant. Parfois, je dois utiliser mon pied droit, mais il ne coopère pas trop avec ce que j’ai envie de faire. (Éclats de rire.)

Depuis début octobre, ton entraîneur s’appelle Xabi Alonso. On se souvient du brillant milieu de terrain, mais comment est-il en tant que coach ?Avant de débarquer, ça se sent qu’il a pris le temps d’analyser tous les joueurs, pour comprendre ce qu’ils pouvaient apporter. Il n’a pas encore vraiment pu mettre toutes ses idées en place, mais, au moins, il y a eu une réaction de l’équipe (trois victoires d’affilée avant le Mondial, NDLR). Ce qu’il propose, c’est un football offensif, avec beaucoup de mouvement devant et une grande qualité pour ressortir la balle sous pression. À moi et aux autres attaquants, il nous demande d’être offensifs, de dribbler, de tenter des choses dans le dernier tiers. Il ne cherche pas à brider notre créativité.

En 2022, tu as subi deux blessures en quelques mois (déchirure à la cuisse droite en mars, fracture d’une clavicule en août), qui ont marqué un premier coup d’arrêt dans ta jeune carrière. Comment as-tu traversé cette épreuve ?C’était compliqué. J’étais triste, je ne comprenais pas trop ce qu’il se passait, je devais rester loin des terrains et me contenter de regarder les autres jouer. D’un autre côté, j’ai pu penser à autre chose, passer plus de temps avec ma famille, et ça m’a donné encore plus envie de travailler, de mieux faire, pour revenir le plus rapidement possible.

Je fais plus gaffe à mon alimentation, à mon temps de sommeil… Avant, je ne me préoccupais pas vraiment de tout ça.

Est-ce que tu as remis certaines de tes habitudes en question ?Il y a eu une prise de conscience, oui. J’accorde plus d’importance au travail invisible, je fais plus gaffe à mon alimentation, à mon temps de sommeil… Avant, je ne me préoccupais pas vraiment de tout ça. Finalement, ce n’est que de l’apprentissage.

Avant d’affronter la Norvège ce samedi, on constate que tu comptes autant de sélections que de victoires avec les Espoirs. Tu es un peu leur porte-bonheur, en quelque sorte ?Je n’en sais rien, mais je vais tâcher de faire durer cette stat jusqu’à l’Euro alors ! (Sourire.)

Cet Euro Espoirs qui arrive, justement, c’est l’un de tes gros objectifs de 2023 ?Bien sûr. C’est toujours cool de jouer des grandes compétitions internationales, surtout avec l’équipe de France. Forcément, je vais y penser pendant la saison, et je vais tout faire pour y aller.

Propos recueillis par Raphaël Brosse

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