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Urko Pardo : « Le match d’une vie »

Globe-trotter belge, passé par l’Espagne, la Grèce et la Roumanie, Urko Pardo, le deuxième gardien de l’APOEL Nicosie, détaille les forces en présence avant le match retour contre Lyon, ce mercredi…

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Comme son nom l’indique, Urko Rafael Pardo Goas y Sevilla est un footballeur… belge aux ascendances espagnoles. Formé à Anderlecht, le gardien de l’APOEL Nicosie quitte Bruxelles à seize ans pour le centre de formation du Barça où il n’atteindra jamais l’équipe fanion. Bien qu’il y ait joué avec la quasi-totalité de l’équipe actuelle (de Messi à Iniesta) en réserve, il est prêté à Carthagène puis à Sabadell avant de quitter la Catalogne en 2007. Direction la Grèce (Iraklis Salonique) avant de migrer vers la Roumanie (Rapid Bucarest) puis de revenir chez les Hellènes (Olympiakos). Urko Pardo multiplie les expériences et entend l’été dernier l’appel de Nicosie. Arrivé comme titulaire, il perd sa place au profit de Dionisis Chiotis même s’il joue quatre matchs de la première phase…

Comment es-tu arrivé à l’APOEL l’été dernier ?
La prolongation que me proposait l’Olympiakos ne me convenait pas et les autres contacts, comme avec le Rapid de Bucarest, ne m’enthousiasmaient pas. L’été s’est fait long (sic) et la proposition de l’APOEL est arrivée en toute fin de mercato. Depuis la Grèce, j’avais beaucoup d’échos sur ce qui se passait à Chypre et ils étaient bons. Quand je suis arrivé, j’ai été surpris en bien par la qualité du noyau et surtout par sa mentalité, par l’envie collective de faire un truc…

Tu définirais comment le jeu de ton équipe…
On est compacts, on lutte tous ensemble, on est disciplinés. En Europe, on défend plus puisqu’il n’y a que de grosses équipes. Peut-être certaines nous ont-elles sous-estimées ? Dès le début de la saison, on a enchaîné les bons résultats et la confiance s’est installée. On avait beau être dans le quatrième chapeau, on s’est vite pris au jeu, vite dit qu’on pouvait sortir de cette poule (L’APOEL était avec le Shakthar Donetsk, le FC Porto et le Zénit Saint-Pétersbourg, trois des quatre derniers vainqueurs de la ligue Europa, ndlr). On l’a fait et à la fin, ça nous paraissait naturel d’être passés.

Quel était le sentiment qui dominait après le match aller contre l’OL ?
Pour moi, on est passé à côté d’une bonne opportunité. Lyon n’était pas aussi bon qu’on le pensait. Nous n’avons pas joué comme on en a l’habitude. On aurait pu et dû faire mieux, on a mal négocié les contre-attaques, on n’a pas inscrit ce but à l’extérieur qui nous aurait facilité la tâche…

La perspective historique d’être le premier club chypriote à jouer les ¼ de finale ajoute-t-elle de la pression ?
Vu qu’aucune équipe locale n’était arrivée à ce stade déjà, il n’y a pas de pression. Le groupe est serein, positif, prêt à batailler. En championnat, comme on est troisième à quatre points de l’AEL (Limassol) et de l’Omonia (Nicosie) et les supporters ne comprendraient pas, après avoir brillé en Europe, qu’on ne gagne pas le championnat. En revanche, si on est éliminés par Lyon, ce ne sera pas la fin du monde.

Comment vois-tu le match retour ?

C’est un match qui sera tendu, réfléchi, difficile, dur. Il devrait se gagner à l’expérience et là, Lyon nous est supérieur mais notre fraîcheur, notre folie peuvent soulever des montagnes. On joue toujours pour gagner, à la maison comme à l’extérieur, et nous avons un but de retard… Dans le stade, il y aura une grosse ambiance de fête, ce sera quelque chose de nouveau pour tout le monde : les joueurs, le club, le staff, les dirigeants, les fans… Des supporters de l’APOEL vont venir de toute l’Europe, toutes les conditions sont réunies pour aller plus loin, pour être heureux… Pour la plupart d’entre nous, ce sera le match d’une vie en attendant le quart, on l’espère.

A quelle équipe de la première phase ressemble le plus l’OL ?

A Porto. Comme avec les Portugais, on les attendait plus forts, on a le sentiment que cette saison, ils ne sont pas à 100% de leurs capacités. Mais on sait aussi qu’une équipe qui va tous les ans au moins en 1/8ème de finale, quel que soit son effectif, il faut la considérer à sa juste proportion (sic). Alors, comme avec Porto, il faut craindre son expérience, ce truc qui passe à travers les années de joueur en joueur. Ce sera compliqué mais on aura des possibilités…

Cette qualification pour les 1/8ème a-t-elle changé le club en profondeur ?
Rien du tout. L’APOEL est un club émergent, bien structuré, avec un gros staff, un personnel médical performant et de bons administratifs. C’est une structure qui vise le moyen et le long-terme. Cette participation aux 1/8ème n’est qu’une étape finalement…

Ivan Jovanovic, votre entraîneur, c’est le principal responsable du parcours de l’APOEL ?
C’est un coach qui responsabilise les joueurs et qui s’attend à ne pas être trahi en retour. Il donne de la confiance aux joueurs en permanence. C’est un Serbe qui croit en la rigueur et on travaille notamment beaucoup la tactique à l’entraînement. Je l’ai connu à l’Iraklis Salonique lors de ma première saison, et depuis il ne cesse de m’étonner. Il n’a pas de limites…

Tu es arrivé au Barça à seize ans, qu’y as-tu appris ?
A rester humble. A ne pas penser qu’on est meilleur que les autres parce qu’on sait jouer au football. A croire en ses rêves et se donner les moyens de les atteindre. Cela m’a servi partout où je suis allé en ensuite : en Roumanie, en Grèce, ici…

Propos recueillis par Rico Rizzitelli
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