C’est officiel : Paolo Di Canio est le nouvel entraîneur de Sunderland. L’ancien coach de Swindon Town a été intronisé sur le banc des Black Cats, avec comme objectif de maintenir le club en Premier League. Stupeur et interrogation chez les supporters.

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Pour le coup, le terme « d’arrivée en fanfare » serait presque réducteur. Paolo Di Canio est le nouvel entraîneur de Sunderland. Martin O’Neil n’a pas résisté aux huit matches sans la moindre victoire du club en Premier League, qui a précipité les Black Cats à la 17e position, à un point, seulement, de la zone de relégation. Le président du club, Ellis Short, a donc décidé de frapper fort en recrutant celui que personne n’attendait. Le bon Di Canio. Une nouvelle qui a immédiatement fait réagir. Et pas forcément des réactions de joie. Le vice-président du club, David Miliband, accessoirement ancien ministre britannique des Affaires étrangères, a démissionné suite à cette nomination. « Les déclarations politiques passées du nouvel entraîneur ont précipité mon départ de Sunderland » a-t-il affirmé. Même son de cloche du côté des supporters, qui sont même allés jusqu’à comparer Di Canio à Hitler. Ce que l’on reproche à l’ancien joueur de West Ham et de Sheffield Wednesday ? Ses affiliations politiques, ouvertement fascistes, et notamment ce salut romain adressé aux supporters de la Lazio, à l’époque où il portait les couleurs du club romain. « Oui, je suis fasciste, mais en aucun cas raciste » avait assuré à l’époque le joueur, fasciné par les idées de Mussolini. Difficile, pour les supporters, de se concentrer sur l’aspect footballistique.

Une pizza pour tous

Pourtant, en tant que coach, Di Canio a déjà réalisé de belles choses. Lors de l’été 2011, il est nommé sur le banc de Swindon Town, club de quatrième division anglaise. Lors de la première saison, il impose ses méthodes, parfois rudes mais sacrément efficaces. Swindon Town termine à la première position, obtient la montée en troisième division, et réalise un joli parcours en FA Cup, où il se permet d’éliminer un club de Premier League, Wigan. Lors de la saison 2012/13, Di Canio affiche ses intentions de monter immédiatement en deuxième division. Et il semble maintenir ses promesses, puisqu’à la trêve, son équipe truste les premières positions du classement. Mais Swindon Town connaît de graves difficultés financières. A tel point qu’au moins de janvier, Di Canio propose de sortir de sa poche 35 000 euros pour conserver certains joueurs en prêt. Quelques jours plus tard, il fait encore parler de lui.

A la veille d’un match contre Shrewsbury Town, Di Canio se rend au stade avec 200 volontaires, en pleine nuit, pour déblayer le terrain couvert de neige, afin que la rencontre puisse se disputer. Après avoir terminé, le coach récompense tout le monde en commandant à chacun une pizza. Le lendemain, Swindon Town s’impose 2-0 et Di Canio dédie la victoire aux volontaires. Pourtant, quelques jours plus tard, alors qu’elle n’a jamais été aussi intense, l’histoire d’amour entre le coach et son club prend fin. Après avoir tenté en vain de recruter des joueurs (chaque transfert ayant été refusé par la Football League Association), Di Canio confie qu’il ne voit pas comment il pourrait poursuivre l’aventure dans de telles conditions. Le 18 février, il rompt son contrat. Une dernière fulgurance : quatre jours après sa démission, Di Canio se rend un soir au stade, avec un trousseau de clefs qu’il avait conservé, sans l’accord du club, pour récupérer des effets personnels. Les caméras de surveillance ont tout filmé, mais le club a décidé de ne pas entreprendre d’actions légales contre son ancien entraîneur. A part changer les serrures du stade.

Page Wikipedia hackée

Le voilà désormais à Sunderland avec de nouvelles clefs. Pour sa première conférence de presse, Di Canio a immédiatement posé les bases. « La presse m’appelle l’Italien fou, mais je suis prêt à parier quoi que ce soit que Sunderland restera en Premier League la saison prochaine » a-t-il martelé, avant de continuer son show. « Quand on m’a appelé pour me proposer le poste, j’ai senti du feu dans mon ventre et je serais venu à la nage jusqu’ici pour avoir ce poste. Les joueurs vont devoir se battre pour ce maillot, suer et verser du sang pour le club  » . Reste qu’il va désormais falloir se mettre les supporters dans la poche, ce qui est loin d’être gagné. Sur Facebook, un groupe « Sunderland contre les fascistes » a déjà vu le jour, tandis que le page Wikipedia du coach a été hackée, sa photo ayant été remplacée par celle de Hitler.

Or, même si les raisons du désaccord n’étaient résolumment pas les mêmes (plus sportives et moins politiques), on a pu voir avec Benitez à Chelsea que lorsque les supporters prennent en grippe un entraîneur dès son arrivée au club, il est difficile d’inverser la tendance. Coïncidence : son premier match sur le banc des Black Cats, le technicien italien le disputera justement contre Benitez, à Stamford Bridge. Un baptême de Premier League pour Di Canio version coach, neuf ans après son dernier match en première division anglaise, disputé avec le maillot de Charlton Athletic. Di Canio a sept matches à disposition pour faire taire ses détracteurs et les faire changer d’avis sur son cas. Sept matches où l’on risque de bien se marrer.

Par Eric Maggiori
Note : -1
Est ce qu'il s'y est rendu en train...?
tristiano Niveau : CFA2
Note : 8
Quelque soit le moyen, il voulait y aller aushwitz que possible!

(j'assume mes propos et prends mes responsabilités en me retirant de la vie So Footistique)
volontaire82
Note : -1
Di Canio entraîneur de Sessegnon on aura tout vu..
Note : 10
Ambivalent ce personnage.
D'un point de vue footballistique c'est un bonhomme. Un vrai. En tant que joueur comme en tant qu'entraîneur.
Puis il y a le côté nauséabond qui déplait aux bonnes consciences. Celles que cherchent à véhiculer la médiatisation du football, pour cacher le côté encore plus dégueu du sport spectacle.

En général Di Canio l'ouvre rarement pour dire des conneries lorsqu'il doit parler du foot et de son fonctionnement. Il est certainement beaucoup moins con* que la plupart de ses congénères d'ailleurs. Il fait bien le distinguo entre fascisme, racisme et nazisme.

Moi je l'aime bien ce mec. C'est le genre de type avec qui tu aimerais avoir une franche discussion, histoire de lui prouver qu'il a tord.
 //  Hooligan de l'Andorre
"stupeur et interrogations chez les supporters"
what did you expect?
 //  Hooligan du Bayern Munich
Message posté par Pacoloco
Ambivalent ce personnage.
D'un point de vue footballistique c'est un bonhomme. Un vrai. En tant que joueur comme en tant qu'entraîneur.
Puis il y a le côté nauséabond qui déplait aux bonnes consciences. Celles que cherchent à véhiculer la médiatisation du football, pour cacher le côté encore plus dégueu du sport spectacle.

En général Di Canio l'ouvre rarement pour dire des conneries lorsqu'il doit parler du foot et de son fonctionnement. Il est certainement beaucoup moins con* que la plupart de ses congénères d'ailleurs. Il fait bien le distinguo entre fascisme, racisme et nazisme.

Moi je l'aime bien ce mec. C'est le genre de type avec qui tu aimerais avoir une franche discussion, histoire de lui prouver qu'il a tord.




plutot d'accord avec toi... Mais est-ce que quelqu'un peut me dire ce qu'il entend par fasciste ? ou c'est comme Felix Baumgartner et sa dictature modérée ?
Note : -1
Excellent, la fin de saison promet d'être croustillante.
 //  Supporter de Lyon
Note : 6
Message posté par Rihannal




plutot d'accord avec toi... Mais est-ce que quelqu'un peut me dire ce qu'il entend par fasciste ? ou c'est comme Felix Baumgartner et sa dictature modérée ?


Ben voilà, tu as à peu près raison. Etre fasciste, c'est désirer un pouvoir étatique fort, autoritaire même, et une prédominance de l'intérêt de la nation sur l'intérêt individuel. Donc oui, une forme de nationalisme.

On peut y voir un repli communautaire en vue de se protéger. Un repli sur soi, comme une famille dans la tourmente pourrait se serrer les coudes, le fasciste imagine se resserrer autour de la notion de nation pour protéger "les siens". Il y a quelque chose de clanique dans le fascisme.

Donc le fascisme est par essence un nationalisme, et donc par la même inclus un rejet de l' "étranger", ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il soit raciste. Il n'exclue pas non plus le racisme.

De fait, le FN par exemple est un parti fasciste. Mais je pense qu'il ne faut pas non plus diaboliser la fascisme, qui n'est pas le nazisme par exemple. C'est une doctrine ni pire ni meilleure que beaucoup d'autre. Le problème étant qu'aujourd'hui, "fasciste" étant devenu une insulte, personne ne peut s'en revendiquer quand bien même il collerait à la définition.

Notre monde du politiquement correct.
Marek Hamsik Niveau : CFA
 //  Passionné de Marseille
C'est quand même assez surprenant de prendre le risque de déstabiliser comme ça, à quelques journées de la fin, une équipe.

O'neill n'a pas eu de bon résultats mais c'est un coach expérimenté qui aurait pu aller chercher le maintien. Ils auraient pu le garder jusqu'à la fin de la saison et repartir sur de nouvelles bases cet été, avec Di Canio par exemple, ou alors auraient pu le virer plus tôt dans la saison, mais là le timing est quand même moyen.
ouais moi perso j'ai du mal à voir la corrélation entre " folie " et " sunderland " dans la même phrase.
 //  France
Un mec mûr qui fait ostensiblement un salut fasciste dans un stade rempli devant objectifs et projecteurs de toute sorte est forcément conscient de ce qu'il fait et ne peut s'étonner d'avoir à en assumer les conséquences quelques années après. Ceci dit, ce mec est indéniablement une légende du foot (et au delà de son caractère, ses capacités de manager, quel putain* de footballeur c'était !)...
Roy Keane, Di canio...

Sunderland kiffe les bad boys
Ca lui fait quoi d'entrainer une équipe qui est surnommé "les Black cats " ?
RienAFoot Niveau : DHR


Tu as validé ton premier semestre de L1 d'économie?
Fabrice Del Dongo Niveau : District
Note : 2
@Brice_I

Désolé, je ne peux pas te laisser dire n'importe quoi. La définition que tu donnes du fascisme est très réductrice, et donc en partie fausse : tu ne parles que de la dimension patriotique du discours fasciste, en occultant (involontairement, je veux bien le croire) les autres aspects qui font, à proprement parler, la spécificité des régimes de ce type de régime. Partant, tu en viens à assimiler nationalisme et fascisme, comme un archétype à sa forme dérivée.
D'abord, il faut distinguer deux choses : d'une part le fascisme en tant que réalité politique dominée par la personnalité de Mussolini et s'imposant sur la scène politique italienne de 1922 à 1943 ; d'autre part le fascisme en tant qu'abstraction rassemblant les critères définissant un type de régime particulier, mais qui ne saurait se réduire à une période historique et à un Etat déterminés, à savoir l'Italie. Dans cette seconde acception, le nazisme est l'une des formes de fascisme que l'on peut dénombrer à ce jour (ouvre un bouquin d'histoire, par exemple d'un certain Pierre Milza, pour t'en rendre compte). En revanche, dans le premier sens, nazisme et fascisme sont bien distincts, car ayant tous deux une réalité historique et politique différente.
Quoi qu'il en soit, le fascisme n'est pas une simple forme extrême du nationalisme. D'abord, au niveau politique, le fascisme prône et met en place (quand il arrive au pouvoir) un régime de nature dictatoriale. C'est là ta seconde erreur : le FN est à cet égard un parti républicain, il faut bien le leur reconnaître. Une dictature, et donc l'usage de la propagande, la censure, des assassinats politiques, etc. : le fascisme porte dans ses gènes (et non pas seulement dans sa forme outrancière) les marques de la violence verbale et politique. Ensuite, le fascisme requiert des conditions d'émergence particulières : il s'appuie sur une idéologie fondée sur un opportunisme politique, qui consiste à tirer parti du désarroi général, de la misère et des difficultés économiques touchant une partie bien définie de la population, à savoir les classes moyennes et la petite bourgeoisie, pour développer un discours rassembleur et démagogique contre les possédants et le patronat, mais aussi contre tous ceux qui sont considérés comme devant être écartés de la nation. C'est à ce titre qu'on dit du FN qu'il est un parti fasciste, mais comme tu le vois, cela occulte les autres aspects du fascisme.
Et c'est là où je te rejoins : le terme de fascisme est utilisé à tort et à travers comme une insulte par des gens qui n'en maîtrisent pas la signification, au simple motif que c'est l'outrage suprême. Quand on pense que De Gaulle, qui a organisé la résistance depuis Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, s'est fait taxé de "fasciste" sous Mai 68... ("CRS = SS", criait-on aussi).
Là où Di Canio a raison, c'est que le racisme est second dans le fascisme ; il n'est pas central (à ce titre, on peut dire que le nazisme est une forme poussée à l'excès du fascisme). Mais enfin, je ne suis pas sûr que le bonhomme sait tout ce à quoi fait appel un tel mot, qui recouvre des réalités très peu séduisantes...
Note : -2
Pour So Foot, "On va se marrer" avec Di Canio...
Vraiment affligent
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