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On était à PSG-OM

Dimanche soir, au Parc des princes, il n'y avait pas de supporters de l'OM, mais des incidents violents ont bien eu lieu entre supporters des deux tribunes. Cette fois, c'est sûr, le point de non-retour est atteint. Retour sur la soirée, en trois actes.

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Acte I – Vers 19h00 : CRS vs supporters

En sortant du métro, on s'est dit qu'on allait passer une drôle de soirée. Le dispositif de sécurité était vraiment impressionnant, le périmètre bouclé, le secteur semblait sous contrôle. Vers 19h et des poussières, premiers cris, premières agitations : devant la tribune Auteuil, des CRS font face à plusieurs centaines de supporters qui viennent de voir passer le car des joueurs de l'OM et qui tentent de l'empêcher de passer. Évidemment, il passera. Sans surprise, un petit groupe se forme sur le rond-point, devant le bar “les Deux Stades”, et commence à provoquer les forces de l'ordre. Deux-trois jets de bouteilles plus tard, les forces de l'ordre chargent. La foule recule de quelques mètres, à peine.



Acte II – Un peu après 19h30 : Boulogne vs Auteuil

Cette petite charge des forces de l'ordre désorganise le petit bloc, jusque-là compact. Il est alors pratiquement 19h30. Une dizaine de minutes plus tard, contournant les barrages de sécurité, des indépendants de la tribune Boulogne débarquent du boulevard parallèle et arrivent au niveau de la tribune I. Criant « Supras, Supras, on t'encule » , ils chargent en direction de la tribune Auteuil. Ils semblent environ 300, peut-être moins, les jeunes sont en première ligne, suivis de près par les anciens. Pris de surprise, les ultras de la tribune Auteuil semblent accuser le coup et reculent dans un premier temps. Puis se ressoudent et font reculer les indépendants jusqu'à leur point de départ –l'entrée de la tribune I.

Fumigènes, bombes agricoles, barrières, on voit voler de tout et de rien. On en vient aux mains, de manière très violente. Ceux qui tombent à terre sont lynchés de coups –de chaque côté. Un membre de la tribune Boulogne –il appartiendrait à la Casual Firm–, lynché, est grièvement blessé. Il est évacué par ambulance. Pour éviter que la situation n'empire, les stewards ferment les portes d'accès du stade, empêchant ainsi les ultras déjà entrés en tribune G et tribune Auteuil de ressortir. Des « Boulogne, Boulogne, on t'encule » fusent d'un peu partout, de manière très impressionnante, et apparaissent comme l'expression d'un ras-le-bol quasi-général, y compris –et surtout– pour certains supporters "lambdas" qui ne comprennent pas trop pourquoi des supporters d'une même équipe se tapent dessus devant leurs yeux.

Depuis les travées du Parc, certains jettent tout ce qui leur passe sous la main sur les indépendants. Les kobistes répondent en faisant des saluts nazis et en chantant à la gloire de leur tribune. Tout cela se passe sans l'intervention des CRS. Ont-ils laissé faire exprès ? Ont-ils été débordés par les événements ? Difficile à dire. Toujours est-il que le cortège des indéps était tout sauf discret : chants, ratonnades, on pouvait prévoir ce qui allait se passer. Ces affrontements, qui prennent des allures de guerre civile, dureront une bonne trentaine de minutes. Certains voient une victoire d'Auteuil, d'autres de Boulogne. Quoi qu'il en soit, il est apparu aux yeux de tous que la quasi-majorité de la tribune Auteuil a décidé de faire front face à la tribune Boulogne. Contrairement aux Tigris en 2006, les Supras ne sont donc pas seuls dans la guerre désormais officielle qui les opposent au KOB.



Acte III – Dans le stade : aux frontières du réel

Comme lors du dernier match contre Toulouse, le virage Auteuil avait décidé de ne pas lancer de chants et de laisser libre cours à la spontanéité de ses membres. Au contraire, le KOB avait prévu un soutien continu et classique. La tournure du match aura vite raison des plus motivés. On retiendra cependant plusieurs choses de l'ambiance dans les travées du Parc. D'abord, les sifflets et les insultes à chaque fois qu'Heinze touchait le ballon. Ensuite, la volonté de ne rien partager entre les deux tribunes –le célèbre échange « Allez Paris, Paris est magique » , lancé par Boulogne, fut accueilli en Auteuil par des sifflets. Enfin, on notera l'indifférence qui s'installera peu à peu dans le stade. Après le deuxième but marseillais, le Parc était silencieux ou presque, un peu comme une minute de silence qui ne serait pas bien respectée. Déroutant. De la tribune K, quelques supporters tenteront d'envahir le terrain, en vain. Les CRS viendront sur la pelouse, des fumigènes seront lancés, Kezman sera applaudi à son entrée et ovationné à son tacle. Oui, le public francilien en est réduit à ça. La sortie du stade ressemble à l'évacuation d'un camp militaire. Du bleu partout, celui des forces de l'ordre, qui ont bloqué un peu tout et n'importe quoi pour que les membres des deux tribunes ne se croisent pas. Peine perdue. Déjà, on parle du prochain match à l'extérieur. Ce sera samedi prochain, à Lens.



Massimo Dalla Bona

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