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Modibo Sagnan, de Sang et d'Or

Appelé pour la première fois en équipe de France à l’occasion des Jeux olympiques, Modibo Sagnan espère s’imposer au sein de cette sélection comme il l’a fait cette année à la Real Sociedad.

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Si on avait dit à Modibo Sagnan qu’il disputerait son premier tournoi international avec l’équipe de France lors des Jeux olympiques, il ne nous aurait sans doute pas cru. Car rien ou presque ne le destinait à embrasser une carrière de footballeur professionnel. L’histoire d’amour entre Modibo Sagnan et le football a débuté, comme très souvent, dans la rue, où il fait ses premières passes à l’âge de quatre ans dans le quartier Victor Hugo à Villetaneuse (93). « Quand j’étais petit, je disais que je voulais être boulanger, comme ça, je pourrais manger plein de pâtisseries. Tenir la boulangerie de mon quartier, ça aurait pu être bien » , explique le défenseur de la Real Sociedad.

« Ma mère ne voulait pas que je m’inscrive dans un club. Elle trouvait que c’était dangereux à cause des coups que les autres joueurs pouvaient mettre. Elle avait peur, elle ne voulait pas qu’on me fasse mal. » Modibo Sagnan

Si son coup de cœur pour la nourriture aurait pu prendre l’ascendant, ses potes remarquent que le garçon est plutôt adroit avec la balle. Pourtant, pratiquer le football dans un club n’attire pas le principal intéressé, qui préfère de loin le foot de rue. « Ma mère ne voulait pas que je m’inscrive dans un club. Elle trouvait que c’était dangereux à cause des coups que les autres joueurs pouvaient mettre. Elle avait peur, elle ne voulait pas qu’on me fasse mal. Et mon père me laissait faire ce que je voulais. Au bout d’un moment, les grands ont vraiment forcé. Et puis je suis allé m’inscrire avec mon père. J’ai rapidement intégré la meilleure équipe. » Ses premiers vrais pas de footballeur, le jeune Modibo les effectue avec Mohand Tamazouzt, coach des U10-U11 au CS Villetaneuse. En compagnie de deux autres dirigeants, l’actuel président du club de Seine-Saint-Denis remarque immédiatement les qualités du jeune homme. « Dès son premier entraînement, on a vu qu’il avait des capacités et le niveau pour aller loin. Il était attaquant gauche jusqu’à ses 13-14 ans et il était vraiment adroit devant le but. Il avait aussi un excellent jeu de tête » , se souvient Mohand Tamazouzt, éducateur au CSV depuis 1990.


Sur les traces de Raphaël Varane


Dans ses jeunes années, Modibo Sagnan fait ses classes avec Jean-Ricner Bellegarde, aujourd’hui à Strasbourg. « Contrairement à Jean-Ricner, qui était notre capitaine, Modibo était assez réservé. Mais c’est un bosseur et cela se voit qu’il aime le foot. » Pur gaucher, l’ailier se rend vite compte de ses capacités et arrête l’école après l’obtention de son bac pro commerce pour se focaliser sur le football. Replacé latéral gauche puis dans l’axe lors de son entrée au centre de formation de Lens, le joueur de 22 ans a dû apprendre en un rien de temps les qualités qui font un bon défenseur. « J’ai appris les déplacements, les prises de balle, la qualité de passe quand j’étais attaquant par exemple. Quand je suis passé arrière gauche, c’était différent, puisque j’avais le jeu face à moi, je devais partir de plus loin, bien me placer, être dans l’anticipation et surtout, rester toujours attentif. Au début, je n’aimais pas du tout. Je trouvais que je ne touchais pas assez de ballons. Et en tant que central, je voyais tout le jeu, je devais contrôler la défense, faire monter ou descendre les partenaires. Chaque poste avait ses spécificités » , confie l’ancien Lensois.



Une adaptation qui se fait rapidement et qui permet à Modibo Sagnan de signer son premier contrat professionnel à 17 ans et demi, suivant les traces de son modèle Raphaël Varane. « Quand il a débuté chez nous, on ne pensait pas qu’il allait devenir pro. Mais je ne suis pas surpris de son parcours et de son ascension » , poursuit son premier entraîneur. Toujours souriant et très blagueur, le garçon progresse à vitesse grand V dans le Nord, même si tout n’est pas parfait. « Quand j’étais en U17 deuxième année, j’étais surclassé en U19. On était plusieurs dans cette situation-là. Les autres mecs surclassés avaient du temps de jeu et pas moi. J’avais trop la rage. Je les regardais jouer en U19 et moi, je redescendais en U17. C’était galère, j’en avais marre, je voulais jouer, car à mes yeux, j’étais bon aux entraînements. Je ne comprenais pas ma situation. Par exemple, je n’ai pas disputé la finale de la Gambardella (perdue face à Monaco en 2016, NDLR), j’étais dégoûté. L’année suivante, j’ai pu la faire et j’ai atteint les demi-finales... (défaite face à l’OM aux tirs au but).  »

« Quand j’étais en U17 deuxième année, j’étais surclassé en U19. On était plusieurs dans cette situation-là. Les autres mecs surclassés avaient du temps de jeu et pas moi. J’avais trop la rage. Je les regardais jouer en U19 et moi, je redescendais en U17. » Modibo Sagnan

L’apprentissage en Espagne


S’il est frustré par cet épisode, Modibo Sagnan continue de bosser et est récompensé le 8 janvier 2018, en disputant son premier match chez les pros à l’occasion du 32e de finale de Coupe de France face à Boulogne (victoire 3-2), six mois après la signature de son premier contrat. Le défenseur d’1,88m a sa façon à lui de maîtriser l’attaquant adverse, en préférant l’anticipation plutôt que la force. « Je regarde son pied fort, s’il court vite, ses qualités, ses défauts, ses derniers matchs. Je retiens et j’essaie par la suite de contrer ce qu’il fait, confie le défenseur. Je n’ai pas forcément le corps pour faire mal à tous les costauds parce que je ne suis pas archi costaud non plus. Si demain, je tombe sur une bête comme Lukaku, je ne vais pas jouer à la force, puisque je suis beaucoup plus fin que lui. »

Auteur de six mois solides en Ligue 2 entre juillet et décembre 2018, Modibo Sagnan prend une nouvelle dimension en signant à la Real Sociedad à l’hiver 2019, contre 5 millions d’euros, sur les conseils de Philippe Montanier, mais aussi de Mohand Tamazouzt. « Je suis son conseiller depuis qu’il est tout petit. Il est toujours avec moi au téléphone. » S’il termine la saison avec son club formateur, le défenseur n’a qu’une seule hâte : décoller pour l’Espagne. « La Real est un club réputé. De nombreux grands joueurs sont passés par là. C’est un club au palmarès bien chargé. Donc quand on arrive, on doit se mettre au niveau assez vite » , explique le défenseur français. Un grand pas en avant qui laisse pourtant sa famille perplexe, notamment son père, qui « n’est jamais vraiment satisfait car il a toujours de l’appréhension. Il m’a dit : "Modibo, maintenant, tout commence pour toi ! Tu n’as rien fait encore, tu n’es personne, il faut que tu deviennes quelqu’un, que tu crées ta propre personne." » Et les débuts en Espagne sont délicats pour le jeune Français, qui ne dispute qu’un malheureux match en Coupe d’Espagne face au CD Becerril (il remporte tout de même la Coupe d'Espagne 2020, NDLR), avant d’être prêté six mois au CD Mirandés, en D2 espagnole, pour continuer à progresser et s’imprégner du football espagnol.


« Il est très fier. Les JO, cela reste une compétition énorme. Il y a une ambiance à part, la deuxième plus belle derrière la Coupe du monde. » Mohand Tamazouzt

C’est réellement la saison dernière que la carrière de Modibo Sagnan prend un grand virage. Impressionnant face à Getafe pour son premier match de Liga, l’international français devient un titulaire régulier, dispute la Ligue Europa et participe activement aux bons résultats de son équipe, leader du championnat lors de la première partie de saison. De bonnes performances qui lui permettent donc de découvrir l’équipe de France à 22 ans, à l’occasion des Jeux olympiques. « Il est très fier. Les JO, cela reste une compétition énorme. Il y a une ambiance à part, la deuxième plus belle derrière la Coupe du monde, souligne Mohand Tamazouzt. Il n’est pas stressé, je le sens à l’aise. Pour le match contre la Corée, il m’a envoyé un message pour me dire qu’il était titulaire. » Fierté de la ville et du club de Villetaneuse (300 licenciés), au même titre que Jean-Ricner Bellegarde, Modibo Sagnan doit désormais continuer à grandir pour guider la France vers une première médaille depuis 1984 (l’or à Los Angeles). Et comme souvent, son premier coach sera devant la télévision pour suivre les exploits de son poulain, même à 10 heures du matin. Par Analie Simon Propos de MT recueillis par AS, ceux de MS issus de Onze Mondial.