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Junior Messias, l'ancien livreur de frigo devenu héros du Milan

Alors que l'AC Milan était à trois minutes d'une élimination peu reluisante en Ligue des champions, il a surgi. Héros inattendu, buteur surprise, Junior Messias a offert aux Rossoneri une victoire attendue depuis huit ans, relançant les espoirs de qualification. L'histoire est folle : le bonhomme, arrivé du Brésil en 2011, a longtemps travaillé sur les chantiers et en tant que livreur de frigo.

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Il y a deux façons d’expliquer à un jeune footballeur ce que signifient sacrifice et abnégation. On peut, d’une part, lui parler de la réalité d’un centre de formation : les entraînements, les années à rogner sur les soirées et les divertissements, l’éloignement de la famille, mais aussi la perspective de grimper les échelons et d’atteindre l’équipe pro. Mais on peut aussi, d’autre part, lui raconter l’histoire de Junior Messias. Ou l’histoire d’un petit bonhomme de 30 ans, qui a inscrit ce mercredi le premier but de sa carrière en Ligue des champions. Et pas n’importe quel but : un but qui permet au Milan de s’imposer 1-0 sur la pelouse de l’Atlético de Madrid, d’entretenir un espoir de qualification, et surtout de mettre fin à une disette de huit années sans le moindre succès en C1. Oui, la dernière victoire rossonera en C1 remontait au 26 novembre 2013, il y a 8 ans quasiment jour pour jour, un 0-3 face au Celtic. Et c’est là que l’histoire de Junior Messias prend toute sa signification. Car à cette époque, Messias, qui avait 22 ans, n'avait jamais foutu les pieds ni en Ligue des champions, ni au Milan, ni en Serie A, et ni même dans n’importe quelle division professionnelle. Non : il bossait sur des chantiers, et portait des frigos.

« J'ai fermé les yeux un instant, juste un, je n'ai même pas remarqué. Puis un bruit sourd. Je suis sorti de la route au milieu des champs. J’aurais pu mourir, mais quelqu'un m'a sauvé. » Junior Messias

Message divin et nettoyage de briques


Retour en arrière. Junior Walter Messias naît à Belo Horizonte en 1991. Comme la plupart des gamins au Brésil, son rêve est de devenir footballeur. Il grandit en rêvant devant Romário, Bebeto, Ronaldo et Rivaldo. Petit, il dispute des tournois de jeunes et brille. Ses potes le surnomment « Mico » , il est l’un des plus grands espoirs de son village. Rapidement, il intègre les équipes de jeunes de Cruzeiro, mais la concurrence est rude et il ne parvient pas à faire son trou. Surtout, un évènement va bouleverser sa vie. Après le mariage de son frère, il rentre en voiture, complètement bourré. « Trop d'alcool dans mon corps et aucune minute de sommeil, avait-il raconté dans un magnifique texte publié sur le site Cronache di Spogliatoio. J'ai fermé les yeux un instant, juste un, je n'ai même pas remarqué. Puis un bruit sourd. Je suis sorti de la route au milieu des champs. J’aurais pu mourir, mais quelqu'un m'a sauvé. C’est Dieu. Il m’a protégé et m’a envoyé un signal. »

« Je nettoyais les briques que les ouvriers retiraient des bâtiments démolis. Je les remettais à neuf, une par une. On me donnait 20 centimes pour chaque brique polie. »

En 2011, alors qu’il est désormais âgé de 20 ans, Junior se retrouve momentanément en troisième division brésilienne, à l’Ideal. Qui n’en est visiblement pas un, puisqu'il décide de tout plaquer. Tant pis pour les rêves de football, il faut gagner sa croûte. Son frère vit et travaille à Turin, alors Junior décide de partir pour l’Italie. « C’est mon frère qui m’a convaincu de partir. J’arrive à Turin, dans le quartier Barriera di Milano, mille cultures et pas mal d’opportunités. Je commence donc à travailler sur le chantier d’un Italo-Argentin, je nettoyais les briques que les ouvriers retiraient des bâtiments démolis. Je les remettais à neuf, une par une. Il me donnait 20 centimes pour chaque brique polie. J’ai mis de côté les premiers sous, et je suis parvenu à rester. Ce n’était pas beaucoup, mais ça suffisait. J’ai fait des chantiers pendant plusieurs années, finissant même par devenir maçon. »

J'irai boire un café chez vous


À ce moment-là, plus rien ne destine Junior Messias à une carrière dans le football. Lui-même a tiré un trait dessus. Il veut bosser, de préférence « à l’air libre » , et n’a pas peur de « se salir les mains » . Alors, après les chantiers, il rencontre un entrepreneur péruvien, Oscar Arturo Vargas, qui possède une entreprise de transport. Ce dernier embauche Junior comme livreur... d’électroménager. « Je portais les colis et je faisais les livraisons d’électroménager, surtout les frigos, replace Junior. J’aimais ce travail, surtout quand je livrais chez une personne âgée, et qu’elle me proposait d’entrer pour prendre un café et discuter. Les anciens se sentent souvent seuls, un peu comme moi, car ma famille était loin, et je vivais seul, sans personne pour me serrer dans ses bras le soir. Alors on discutait, je leur parlais du Brésil, et eux me racontaient leurs souvenirs. »



Parallèlement, Oscar Arturo Vargas a également monté une équipe de foot amateur UISP (équivalent du championnat FSGT), composée quasi uniquement d’immigrés péruviens, la Sport Warique. Il propose à Junior de venir jouer avec eux. Et ne va pas regretter cette proposition. « C’était un phénomène, toutes les équipes du coin nous l’enviaient. Il marquait tout le temps, dans toutes les situations » , a-t-il raconté à Tuttosport. En 2015, lors d’un match de la Sport Warique, il va taper dans l’œil du staff de l’équipe adverse, composée de joueurs réfugiés. Et particulièrement dans celui d’Ezio Rossi, ancien joueur du Torino et du Hellas Vérone. « À la fin du match, je suis allé sur la pelouse et je lui ai dit qu’un joueur comme lui ne pouvait pas rester là » , a expliqué Ezio Rossi dans un entretien accordé à Gianluca Di Marzio. Quelques jours plus tard, le même Rossi appelle Messiah et lui propose un contrat avec le club de Fossano, en D5. « Mais ils me proposaient 700 euros par mois, alors que j’en gagnais 1200 en travaillant. » Alors Junior refuse. Et la porte du football se referme encore.

« Ezio me rappelle et me dit qu’il y a un contrat de 1500 euros par mois qui m’attend et ajoute : "Tu ne devras penser à rien d’autre, juste au foot." »

De Serie D à Ligue des champions en cinq ans


Mais comme le jour de l’accident de voiture, Junior va recevoir ce qu’il considère comme « un signal » . « J’étais à l’église, et je dis au pasteur que j’aimerais que Dieu m’envoie un message pour me faire comprendre que le foot, c’est vraiment fini pour moi. À ce moment-là, je n’avais toujours pas de papiers, cela faisait des années que je tentais de les obtenir pour me régulariser. Je sors de l’église, et là je reçois un coup de fil de la préfecture qui me dit que ça y est, je peux venir récupérer mes papiers d’identité. Le jour suivant, Ezio Rossi me rappelle : "Écoute Junior, viens à Casale, tu fais quelques jours d’essai, et si ça se passe bien, je parle au président." Pour moi, c’était ça, le message que j’attendais. »

Junior Messiah se rend donc à Casale, qui évolue en Eccelenza (D5), effectue deux jours de tests, et séduit tout le monde. « Ezio me rappelle et me dit qu’il y a un contrat de 1500 euros par mois qui m’attend et ajoute : "Tu ne devras penser à rien d’autre, juste au foot." » Fini les livraisons de frigo et de machines à laver, Junior Messiah devient footballeur à tous les effets, et sa première saison confirme que cela aurait été un sacré gâchis de passer à côté de ça : il plante 21 buts et contribue largement à la montée de son équipe en Serie D. Le Brésilien a alors 25 ans, et n’a plus de temps à perdre. Serie D de 2016 à 2018, puis promotion en Serie C à l’été 2018. En 2019, Crotone, alors en Serie B, le repère et le fait signer. Six buts et 34 matchs plus tard, Messias et Crotone montent en Serie A. À 29 ans, il découvre l’élite, cinq ans seulement après avoir signé son premier contrat pro. Et semble ne toujours pas réaliser. « Vous savez quand j’ai compris être devenu un vrai joueur ? Quand je suis entré dans la salle de réunion de Crotone, et qu’on a étudié les vidéos de l'AC Milan en vue de notre match contre eux. Là, mon esprit a commencé à réaliser. »

« Je viens d’un monde où tu te lèves à 5h et tu travailles jusqu’à 20h. Je ne dépense pas mon argent en vêtements ou en voiture, ça ne m’intéresse pas. Si mon fils me demande une Playstation, je lui dirai qu’il devra transpirer pour l’avoir. »

Et voilà qu’à l’été 2021, c’est justement l'AC Milan qui vient le chercher. Mais n’allez pas croire qu’un contrat à l'AC Milan suivi d'un but au Wanda Metropolitano face à l’Atlético de Madrid, en Ligue des champions, vont changer quelque chose à sa mentalité. Junior Messiah sait d’où il vient, et sait aussi où il va. « Je viens d’un monde où tu te lèves à 5h et tu travailles jusqu’à 20h. Je ne dépense pas mon argent en vêtements ou en voiture, ça ne m’intéresse pas. Si mon fils me demande une Playstation, je lui dirai qu’il devra transpirer pour l’avoir. Il doit comprendre que l’argent ne se jette pas par les fenêtres, et que rien n’est acquis. » C’est une certitude : il n’y a pas mieux placé que Junior Messiah pour expliquer à un jeune footballeur ce que signifient sacrifice et abnégation.

Par Éric Maggiori
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