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« Le Qatar, c'est une grande façade »

Les mardi 29 et mercredi 30 mars, ­l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois a réuni une trentaine de syndicalistes originaires du monde ­entier, pour discuter des évolutions « des droits des travailleurs migrants et l'héritage de la Coupe du monde au ­Qatar » . Parmi eux, le représentant de la CGT Jean-Pascal François, pour qui les évolutions du droit du travail qatari ne sont jamais vraiment passées du théorique à la pratique.

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C'est la première fois que vous vous rendiez au Qatar ?
Non, j'y étais déjà allé en 2017. Depuis le début des travaux du Mondial au Qatar, l'Internationale des travailleurs du bâtiment et du bois a mené au moins 15 inspections là-bas.

Vous n'êtes pas venu à la suite d'une invitation du pouvoir qatari donc ?
Absolument pas. Notre conférence et le voyage sont aux frais de l'organisation. On ne se fait jamais inviter, pour rester à distance des organes de pouvoir. Là, on était quatre de la CGT à y aller, il y avait aussi de nombreux représentants de pays européens, mais aussi africains et asiatiques. Ces deux continents sont particulièrement concernés : une grande partie de la main-d'œuvre migrante du Qatar est originaire de ces zones géographiques, et notamment du sous-continent indien.

Vous avez pu visiter des chantiers ?
Les Qataris ne font voir que ce qu'ils veulent faire voir, c'est-à-dire pas grand-chose. À première vue, Doha, c'est Las Vegas dans le désert, mais sans les casinos. Quand on va avec les Qataris sur les chantiers, on voit des choses qui sont soit finies, soit très propres. Tous les stades sont terminés, les seuls travaux qui restent à faire, ce sont la finition des routes, des trottoirs, chemins d'accès, etc. Mais moi, si je veux voir un stade, je vais au Stade de France, des travées avec des sièges, il y en a aussi hein.

« En 2017, j'avais réussi à me rendre jusqu'à 2 ou 3 heures du matin dans un camp de travail au milieu du désert, à 80 kilomètres de Doha. J'avais vu des choses horribles : des Népalais qui vivaient à douze dans 4 mètres carrés. »

Comment faites-vous pour tromper la vigilance des pouvoirs publics ?
Il faut ruser. Le Qatar est très encadré, on ne peut pas circuler comme on l'entend. Ce n'est pas 1984 de George Orwell, mais c'est quand même vachement compliqué. Surtout qu'ils ont mis en place une application anti-Covid qui est géolocalisable. Dans un premier temps, on a réussi à embrouiller les gens en faisant l'impasse sur cette technologie, pour aller sur des chantiers. Mais la seconde fois, on a dû utiliser l'application : la police nous a stoppés et redirigés gentiment sur un autre lieu... Sinon, en 2017, j'avais aussi réussi à me rendre jusqu'à 2 ou 3 heures du matin dans un camp de travail au milieu du désert, à 80 kilomètres de Doha. J'avais vu des choses horribles : des Népalais qui vivaient à douze dans 4 mètres carrés, des sanitaires et des douches dans des conditions intolérables...

Vous avez aussi pu parler à des travailleurs immigrés cette fois-ci ?
Quand on échappe au contrôle de la délégation pour discuter de nous-mêmes avec des salariés, ce n'est plus tout à fait la même histoire. Du moins, quand ils veulent bien parler, parce que les travailleurs migrants ont très peur de s'exprimer en réalité. La plupart du temps, on arrive quand même à établir des liens. Là, j'ai pu discuter avec un salarié camerounais. Il me disait : « Je suis un travailleur one click. Un clic, et je suis déporté dans mon pays. » Sa formulation m'a vraiment choqué, mais c'est la réalité, malheureusement.

Les droits des travailleurs migrants au Qatar n'ont-ils pas du tout progressé, depuis que le pays a obtenu l'organisation du Mondial, en 2010 ?
Légalement, il y a eu des changements, notamment l'instauration d'un salaire minimum de 200 dollars. Ce n'est pas mirifique, ils ont les moyens de proposer des émoluments beaucoup plus élevés, mais bon... Après, allez vérifier si le salaire minimum d'un salarié qatari est effectivement versé, alors qu'il travaille pour une entreprise jordanienne ou syrienne... C'est rock'n'roll, croyez-moi. De plus, la plupart des chantiers nous étaient interdits, et il n'y a pas d'inspection du travail, donc comment évaluer les réelles conditions de travail des employés ?

En septembre 2020, le Qatar avait pourtant aboli la kafala*, non ?
Théoriquement, oui. Mais en pratique, comment en être sûr ? Comment un employé de maison ou un salarié œuvrant dans la construction peut refuser de donner son passeport, si on le lui demande ? Il y a beaucoup de mise en scène, de façade, et c'est tout le Qatar qui est en réalité comme cela.


Est-ce qu'il y a un risque de rétropédalage vis-à-vis de ces maigres avancées du droit du travail, une fois le Mondial terminé ?
Les gens connaisseurs des pratiques au Qatar estiment que c'est tout à fait possible, oui. Le Supreme Committee (le comité d'organisation du Mondial, NDLR) va être dissous après la Coupe du monde. Les quelques progrès obtenus l'ont été avec son appui. C'est aussi pour ça que nous incriminons la FIFA d'ailleurs.

C'est-à-dire ?
La FIFA ne peut pas donner un Mondial au Qatar, faire un maximum d'argent, puis partir du pays en disant qu'elle se lave les mains de ce qu'il va se passer après. Pareil pour les sponsors. Donc, nous, on continuera quoi qu'il arrive de souligner et dénoncer ce qu'on constatera sur place.

Que répondez-vous à Gianni Infantino, quand il assure qu'il n'y a eu que trois morts sur les chantiers de construction du Mondial qatari ?
Infantino, faut qu'il sorte de son bureau au Qatar. Il est résident là-bas, ses enfants sont inscrits dans une école au Qatar. Est-ce qu'on a vraiment besoin d'en dire plus ?

* Ce dispositif assujettit les travailleurs étrangers à leurs employeurs, l'autorisation de ces derniers leur étant notamment nécessaire pour quitter le pays.

Propos recueillis par Adrien Candau
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