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Cubillas : « Le Pérou joue au ballon comme le Barça »

Surnommé le Pelé péruvien par ses compatriotes et aujourd'hui commentateur pour la chaine Telemundo, Teófilo Cubillas reste encore aujourd’hui le meilleur joueur de l’histoire de son pays. Entretien avec une légende à quelques heures du choc entre la France et le Pérou.

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Le Pérou a-t-il manqué de chance lors de son premier match ?
Je n’appellerais pas ça de la chance. J’appelle ça de la détermination. C’est ce qui nous a manqué lors des moments décisifs du match, parce que des opportunités, nous en avons eu, à commencer par le penalty. Ce qui s’est passé, c’est que le Pérou sortait d'une série de quinze matchs sans défaite, lors desquelles il a toujours eu la chance de prendre l’avantage, il n’a jamais été mené au score. S’ils avaient marqué le penalty, je suppose qu’il se serait passé la même chose. Malheureusement, ils ne l’ont pas fait. Résultat : lors de la deuxième période, l’équipe a dû entamer le match d’une manière qui n’était peut-être pas la plus confortable pour eux. Mais il y a eu des occasions de buts, et les garçons ont eu une bonne réaction. Peut-être qu’avec un peu plus de détermination lors des moments clés du match, l’histoire serait différente aujourd’hui. Mais j’ai confiance dans les joueurs : s’ils continuent à jouer comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant, ils auront leur chance contre la France. Ce match, il faut le gagner.


Au-delà de la défaite, l’équipe a surtout montré qu’elle n’allait pas faciliter les choses aux autres sélections.
Oui, c’est ça. Ce Mondial est complètement atypique. De nombreux experts dufootball avaient prédit les sélections qui seraient premières et deuxièmes de leur groupe, mais on a vu que l’Argentine a fait match nul, pareil pour le Brésil, et l’Allemagne a perdu. Il y a beaucoup d’équipes pleines de surprises dans cette Coupe du monde. Beaucoup pensaient venir voir certains pays gagner et en voir d’autres perdre, mais quasiment toutes les sélections sont encore dans la course.

« Je connais Paolo Guerrero, son nom rime avec but. »
Quelles sont les plus grandes armes du Pérou ? Et ses défauts ?
Il ne faut pas critiquer Gareca, car jusqu’à maintenant, toutes les décisions qu’il a prises concernant l’équipe ont porté leurs fruits. Après, concernant le premier match, où Paolo (Guerrero) a commencé sur le banc, je pense qu’il fera partie de l’équipe titulaire pour le prochain match. Je connais Paolo, son nom rime avec but. Et dans ce match des buts, c’est justement ce dont nous avons besoin, je suppose donc que Gareca le fera jouer dès le début. L’arme du Pérou continuera d’être Paolo Guerrero, avec la compagnie d’autres garçons qui font très bien leur travail. Comme Cuevita, qui était très triste après avoir raté le penalty, mais il doit comprendre que dans le football, tout peut arriver. Messi aussi a raté son penalty, et ce n’est pas pour autant qu’il arrête d’être l’une des grandes références du football mondial. Cueva doit relever la tête et continuer à jouer comme il l’a fait jusqu’à maintenant. Carrillo, la Foquita Farfán sont aussi des noms très importants. Mais je pense que le plus important, c’est que l’équipe technique, avec à sa tête Gareca, transmette à l’équipe le message de continuer à faire les choses comme ils les ont faites jusqu’à présent. En continuant sur cette voie, le Pérou nous donnera satisfaction, je n’ai aucun doute là-dessus. Face à la France, j’espère que nous aurons une grande joie, une grande victoire.



Malgré la défaite initiale, pensez-vous que le Pérou peut encore voir les huitièmes de finale ?
Après les avoir vus jouer pendant les matchs amicaux, j’étais et je suis toujours convaincu que le Pérou y accédera. On voyait tous l’Australie comme le vilain petit canard de la compétition, mais on a vu qu’ils ont donné beaucoup de fil à retordre à la France. Je pense donc que les quatre équipes sont toujours dans la course et ont des arguments pour passer en huitièmes de finale. Je crois énormément au Pérou.

En France, les personnes étaient heureuses du tirage. Autrement dit, la plus grande partie de l’opinion ne considère pas ses rivaux, dont le Pérou, comme des équipes très fortes. Ça vous inspire quoi ?
La France peut se faire surprendre, il n’y a pas de doute. Comme ce fut le cas avec l’Allemagne... La France est annoncée favorite, mais nous avons déjà parlé de ce qu’il s’était passé avec le Brésil et l’Argentine.

Que doit faire le Pérou pour s’imposer face à la France ?
Le succès du Pérou doit obligatoirement passer par l’équipe, il n’y a pas d’autres solutions. Si les individualités cherchent à s’imposer, ça ne va pas bien se passer. Une bonne équipe doit toujours avoir un mélange équilibré entre les jeunes et les plus expérimentés. Malgré le fait qu’elle puisse compter sur beaucoup de stars, la France a beaucoup de jeunes. Les jeunes veulent toujours briller, se démarquer de manière individuelle et après, ils deviennent arrogants en faisant toujours l’action de trop. Ces choses-là peuvent arriver avec les Français, et c’est à ce moment-là que le Pérou devra en profiter.


« D’après ce que j’ai pu voir avec la France, les footballeurs préfèrent souvent opter pour la solution individuelle avant de penser au collectif. »
Quel joueur français vous préoccupe le plus ?
Griezmann. Je suis venu au Mondial en pensant voir la confirmation absolue de ce joueur. C’est un très bon footballeur. Mais il faudra voir comment il sera accompagné par ceux qui l’entourent, parce que d’après ce que j’ai pu voir avec la France, les footballeurs préfèrent souvent opter pour la solution individuelle avant de penser au collectif. Toujours jouer l’action de trop peut compromettre l’équipe. Si le Pérou est attentif à cela, ils peuvent porter un coup à la France. Je connais Gareca, j’ai parlé avec lui plusieurs fois et j’ai suivi son travail à distance. Tout ce qu’il a gagné, il ne le doit qu’à lui-même et à son équipe technique. Je suis sûr qu’ils ont déjà visionné et étudié tout ce qu’il fallait, et je pense qu’ils sont prêts à affronter de la meilleure des manières ce match et obtenir un résultat qui permettra au Pérou de continuer dans la compétition.



Comment expliquez-vous le fait que le Pérou ait mis presque 40 ans à rejouer un Mondial ?
Pendant toutes ces années, les garçons savaient qu’ils pouvaient réussir de belles choses pendant les matchs, obtenir de bons résultats. Mais ils auraient dû ajouter à cela ce qui existe aujourd’hui dans cette équipe, l’envie. Parce que dans le football, il ne s’agit pas seulement de pouvoir, les résultats apparaissent quand on ajoute au pouvoir l’envie. Gareca leur a inculqué la gagne, cette envie que l’on voit maintenant en chacun d’eux. Et c’est incroyable. Il a réussi à transmettre à ces petits ce sentiment qu’il leur manquait, cet amour propre qui joue énormément. Et aujourd’hui, on voit cette équipe qui représente beaucoup plus que onze types, parce que celui qui entre pour jouer le fera avec la même hargne et envie que ceux qui sont déjà sur le terrain. C’est quelque chose qui n’arrivait pas lors des années antérieures, et c’est à ça que l’on doit ce changement.


« Gareca est accepté par 99% du pays, chose qu’aucun président n'a réussi dans l’histoire. »
Aujourd’hui, que représente Ricardo Gareca pour le Pérou ?
C’est le personnage clé de cette histoire. Il a été patient, il a dédié du temps à chacun des garçons et il les a préparés mentalement de façon qu’ils ne parlent plus avec la bouche, mais par leur attitude et leur comportement sur le terrain de jeu. Gareca est un héros national au Pérou. Il est accepté par 99% du pays, chose qu’aucun président n'a réussi dans l’histoire.

Au mondial 1970, vous avez affronté ce Brésil de rêve. Quels souvenirs en gardez-vous ?
On a eu la malchance de les affronter. Quand on a joué notre troisième match de la Coupe du monde contre l’Allemagne, on voulait gagner pour ne pas à avoir à affronter le Brésil, mais on n’a pas réussi. L’Allemagne était aussi une machine, une grande équipe avec Beckenbauer, Vogts, Müller, Seeler. On leur a livré bataille, mais on a perdu et on s’est retrouvé à jouer contre Pelé, Jairzinho, Rivelino, Tostão... Cette équipe-là était une machine, mais la vérité, c’est qu’on a joué d’égal à égal. Jusqu’à ce moment, personne n’avait mis deux buts au Brésil, et nous si. On a perdu 4-2, mais le Brésil n’a pas gagné la Coupe du monde sans raison.



Votre but contre l’Écosse était réel ou les vidéos ont été modifiées ?

(Rires.) Il a été inventé par Waldir Pereira, Didí. Il était l’inventeur de la folha seca (feuille morte, N.D.L.R.). Je l’ai eu comme entraîneur à la Coupe du monde 1970 et il a passé des heures et des heures avec moi à pratiquer les coups francs. Je me suis servi de ça lors du Mondial argentin en 1978. J’ai analysé la position du mur et du gardien et avant de tirer, je savais déjà par où pouvait passer le ballon. Un coéquipier m’avait demandé de le laisser tirer, mais je me rappelle lui avoir dit : « Non, laisse, je sais déjà par où ça passe. » Et c’est par là que c’est passé.

Vidéo

« La sélection m’a agréablement surpris par son toucher de balle et la mobilité des joueurs qui la composent. »
La sélection péruvienne actuelle a quelque chose de celle qui a marqué une ère et dans laquelle vous figuriez ?
La similitude que je vois est qu’il y a une quantité et une qualité de joueurs, autant pour nous que pour eux aujourd'hui. N’importe quel joueur qui entre sur le terrain pourrait être titulaire. Qualitativement et quantitativement, le groupe était très bon. Peut-être que la sélection de l’époque avait plus d'expérience. Nous avions beaucoup de joueurs avec une longue carrière footballistique. En fait, le plus jeune de cette équipe, c’était moi, j’avais 21 ans. Au Mondial 1970, on était tous grands, forts, robustes. Dans la sélection actuelle, les joueurs sont plus menus, hormis Guerrero, on ne retrouve pas cette prestance physique qui était la nôtre. Malgré tout, quand je vois cette sélection toucher le ballon plus de 20 fois sans le perdre, je suis motivé. D’ailleurs, je me suis tellement enthousiasmé qu’il y a peu, j’ai eu l’audace de dire que cette équipe joue au ballon comme le fait le Barça. La sélection m’a agréablement surpris par son toucher de balle et la mobilité des joueurs qui la composent.


Il y a un joueur qui vous ressemble dans la sélection actuelle ?
Je suis un ennemi juré des comparaisons. Chacun faisait et fait ce qu’il a à faire. Mais j’aime beaucoup Carrillo, son habilité, sa vitesse. Un autre que j’aime bien c’est Tapia, même si au premier match, il n’a pas tellement brillé. J’ai aussi un faible pour Cuevita, un garçon très habile, avec une qualité formidable. J’ai été surpris qu’il déprime autant pour avoir raté le penalty, parce qu’au football, il faut être prêt à tout.



Vous avez aussi joué le Mondial 1982, dans lequel la France a brillé. La sélection française actuelle vous rappelle par certains points celle de votre époque ?
L’équipe actuelle est composée de jeunes joueurs qui commencent à se démarquer dans leurs équipes. Celle de 1982 était une sélection d’hommes qui justifiaient le crédit qui leur était donné. Beaucoup des gars actuels de la France recherchent ce crédit, et je crois que les Coupes du monde servent à ça. S’ils sont ou veulent vraiment être grands, c’est l’opportunité pour le montrer. L’autre France qui m’a fasciné a bien sûr été celle qui a gagné la Coupe du monde à domicile, avec Zidane à sa tête. L’équipe actuelle est l’une des grandes favorites de la compétition, même si elle n’a pas vraiment fait honneur à ce statut contre l’Australie.

Ça vous interpelle que Benzema, titulaire au Real Madrid, ne fasse pas partie des 23 de Deschamps ?
Oui, vraiment. Mais quand j’ai appris les raisons de son absence, bon, je comprends que souvent des choses extra-footballistiques influent dans l’absence de certains joueurs. Mais ça fait un peu de bruit, non ? Parce qu’imaginons qu’on ne permette pas de jouer à Paolo Guerrero, qui de par son âge est face à sa dernière opportunité de jouer au Mondial. Grâce à Dieu, on a pu résoudre le problème de Paolo. Peut-être qu’avec Benzema, ils auraient pu faire quelque chose de semblable, lui donner sa chance. Mais la détermination interne de l’entraîneur était différente. Il doit avoir ses raisons.



Propos recueillis par Aquiles Furlone
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